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Là où il est passé, il a laissé une forte impression. Enthousiasme communicatif, touchante humilité et franc-parler remarquable. Mgr Fidèle Agbatchi, archevêque de Parakou au Bénin est généreux.
Invité à Pontoise, mardi 27 octobre, par Mgr Riocreux, l’archevêque a rapporté des échos du synode pour l’Afrique auquel il a participé à Rome. Dans ses mots, ses explications, son regard sur l’Afrique, l’on retrouve cette constante simplicité, généreuse, qui donne à sa présence dans le diocèse, un caractère remarquable.
"Quelle Eglise pour l’Afrique ? Et quelle Afrique pour l’Eglise ?"
Dans la cathédrale de Pontoise, après une messe concélébrée avec Mgr Riocreux et une vingtaine de prêtres dont de nombreux Béninois, Mgr Agbatchi a livré un témoignage enthousiaste concernant le synode. Magistrale leçon théologique sur l’Eglise, « puisque l’Eglise en Afrique fait partie de l’Eglise universelle », souligne l’évêque de Pontoise. « D’où le désir de la part des évêques réunis à Rome, explique Mgr Agbatchi, de se mettre eux-mêmes en question devant l’Afrique ». Un synode qui à ses yeux a « beaucoup insisté sur l’universalité de l’Eglise qui prend corps dans sa particularité africaine », rapporte le père Pamphile, prêtre Béninois à Ermont. Un synode qui était ce qu’il y avait de moins africain pourrait-on dire. Mais plutôt reflet de cette double question : « Quelle Eglise pour l’Afrique ? Et quelle Afrique pour l’Eglise ? », résume-t-il.
« Chaque père synodal a exposé un thème de son choix en cinq minute, raconte l’archevêque Béninois, faisant ainsi découvrir la réalité spirituelle, humaine, sociale et politique dans leur pays. De cela en est ressortis l’analyse montrant le côté tragique de l’Afrique aujourd’hui mais aussi son côté paradigmatique. L’Afrique conserve certaines valeurs comme la famille, l’hospitalité, la fraternité qui peuvent sauver le monde aujourd’hui. Toutefois deux vices minent l’Afrique. De l’intérieur : à savoir une mauvaise gouvernance qui entraîne une mauvaise économie. De l’extérieur : les menaces faites à la famille, qui la déstabilise. Si la famille est détruite, il n’y aurait plus moyen de former l’homme au respect de la vie. La famille est donc primordiale pour la formation à l’esprit de justice et de paix ».
"Celui qui accueille l’Evangile se délivre des peurs, de la malhonnêteté, de la mauvaise gouvernance"
Justice et paix, deux valeurs mises en avant lors de ce deuxième synode ayant pour thème : l’Eglise en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix. Un thème que les pères synodaux se sont approprié selon Mgr Agbatchi, venu également donner l’ambiance de ce synode et de l’écoute du pape. « Ce fut d’une grande cordialité. Le synode a porté le nom de son thème. Parler de réconciliation, de justice et de paix dans une telle sérénité, sans débats houleux fut une grande grâce. Chacun a pu s’exprimer librement ». Une atmosphère qui a porté du fruit donc. « Personne n’a donné de leçon aux autres. Mais nous nous sommes plutôt posé la question : nous, qu’avons-nous à faire comme chef de l’Eglise. Nous devons nous convertir pour être exemples et porter l’Evangile à l’Afrique. Car celui qui accueille l’Evangile se délivre des peurs, de la malhonnêteté, de la mauvaise gouvernance ».
Pour l’archevêque Béninois, qui a travaillé pendant neuf ans au Vatican, au côté d’un certain Joseph Ratzinger à la Congrégation de la doctrine de la foi, il était important d’exposer le contenu du synode mais aussi de rendre compte de l’ambiance dans laquelle il s’est déroulé. Un soucis qui a touché le père Pamphile. « Il a souhaité témoigner de ce qu’il a vu et entendu, de ce qu’il a vécu. Il a parlé en son propre nom en tant que témoin, ayant participé aux débats ». Au cours de sa conférence exposée sans aucune note, l’archevêque de Parakou a su toucher les personnes présentes à Pontoise. « Il disait ce qui venait de son cœur », ajoute le père Pamphile. Originaire du même diocèse que Mgr Agbatchi, il connaissait déjà le franc parler et les qualités de communicateur propres à l’archevêque béninois.
À Sarcelles, le mercredi 28, sont arrivés de Paris deux jeunes prêtres béninois. Ils sont venus rencontrer leur archevêque. Avant la messe célébrée devant de nombreux paroissiens d’origine africaine, les prêtres, dont le père Fulgence en résidence à Sarcelles, se sont retrouvés dans une joie débordante. « Quel plaisir de retrouver mes prêtres, souligne Mgr Agbatchi. Je les vois sur leurs lieux de travail ». En effet, c’est la première fois que l’archevêque de Parakou visite le diocèse de Pontoise et découvre les paroissiens. Enfin sa venue est également un rêve qui se réalise. « J’ai plusieurs fois rencontré Mgr Riocreux au Bénin. Je n’avais jamais pu m’arrêter à Pontoise. Être accueilli et reçu chez lui comme il l’a été chez moi, me rend heureux ».
Caroline Montsarrat octobre 2009 | 
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