Nous l'entendons et le disons beaucoup en chacune de nos rencontres, en ces premiers jours de janvier. Formulation, de voeux d'entrée en la nouvelle année, sans doute aussi rituelle que le " bonjour ! " de chaque rencontre quotidienne. Plus investie toutefois de cette conscience, pour les autres et pour nous même, de la fragilité du bonheur et de la vie.
Quoi de plus naturellement humain alors, que ces souhaits exprimés les uns pour les autres? Disant notre crainte du malheur et de la mort ! Nous sommes de cette humanité! Mais comme chrétiens nous en accueillons la promesse et la beauté fragile, à la lumière du mystère de cette Nativité, où l'enfant nouveau né nous est révélé " Emmanuel " Dieu avec nous, partageant notre vie. Et nous célébrons cette entrée dans le temps qui vient, non pas en aveugles espérant être bénis des dieux et échapper au malheur, à la malédiction, mais dans le consentement de Marie, contemplant son fils et méditant tous les évènements le concernant.
Car humainement nous pouvons pour le moins, nous étonner des conditions offertes à celle qui a " trouvé grâce auprès de Dieu " pour mettre au monde l'enfant qui " sera grand et appelé Fils du Très-Haut " (Lc 1) : Puisque tu l'as choisie, Seigneur tu aurais pu lui épargner ce voyage jusqu'à Bethléem, peu recommandé en son état ! L'accouchement chez elle, entourée de sa mère et des femmes de son village eût été sans doute préférable, à celui vécu en urgence dans cette crèche animale, visitée par quelques inconnus ou étrangers aussi sympathiques et généreux puissent-ils être ! La fuite aussitôt en Egypte n'était pas des plus conseillée et il eût été plus judicieux d'empêcher le massacre de tous ces nouveaux nés !...
En fait avec Marie, en Eglise, nous sommes invités à contempler et méditer, au coeur des évènements que nous ne maîtrisons pas et face auxquels nous sommes invités à nous situer non dans la peur, mais dans la confiance, tantôt étonnée, tantôt souffrante de ce qui advient, en ceux qui accueillent l'annonce de la présence, tantôt si lumineuse, tantôt si obscure, de Celui qui vient sauver toutes les nations. Il ne s'agit pas pour nous de choisir les situations mais en elles, comme Marie, de consentir à l'appel de Celui qui nous invite à les vivre en sa présence, aimante et vivifiante.
ô pleine de grâce, ravive en nous la grâce de notre baptême !
ô Marie, toi qui sais ce que signifie de porter dans ses bras, le corps de son enfant, du nouveau-né au fils crucifié, reste avec nous pour porter " les hommes de ce temps, avec leurs joies et leurs espoirs, leurs tristesses et leurs angoisses". (cf Gaudium et spes, constitution pastorale de Vatican II sur l'Eglise dans le monde de ce temps)
ô mère du Prince la Paix, nous t'en prions, sois avec nous à chaque instant !
Bonne et Sainte année à tous ! Et meilleurs voeux de santé d'abord, du corps et de l'âme!
Père Erick