ARGENTEUIL

dossier établi par Bruno FORNASIER

 

LA BASILIQUE SAINT-DENYS

Succédant à l'église paroissiale médiévale qui avait beaucoup souffert lors des Guerres de Religion, l'actuelle basilique Saint-Denys d'Argenteuil s'élève sur l'emplacement de l'ancien cimetière paroissial : érigée à partir de 1861 sur les plans de l'architecte Albert Ballu (1849-1930), fils de Théodore Ballu (1817-1885) qui construisit notamment l'église de la Sainte-Trinité à Paris, elle fut bénite le 21 septembre 1864, livrée au culte en 1865 et solennellement consacrée le 22 avril 1866 par Mgr Mabille, évêque de Versailles, en présence de l'abbé Honoré Millet, curé doyen de la paroisse.

Description

Orientée vers le nord, l'église mesure 76 m de long, 19 m de large (34 m à la croisée du transept) et 15,40 m de hauteur sous voûte ; la flèche octogonale haute de 57 m comporte quatre cloches dont "la Marie" qui, fondue en 1636 et pesant 3,35 t, est la plus ancienne, mais aussi la plus lourde. De style néo-roman, l'édifice se compose d'un vaste porche, d'une nef principale divisée en six travées, de deux bas-côtés, d'un transept et d'un choeur à déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes ; quant à l'élévation intérieure, elle comporte trois niveaux : les grandes arcades, qui reposent sur des colonnes massives à chapiteaux végétalisés dérivés du type corinthien, le triforium aveugle et les fenêtres hautes.

Le mobilier liturgique datant d'avant la réforme du concile Vatican II est encore en partie conservé. Entourant la dernière colonne de la rangée est, la chaire supportée par de courtes colonnettes offre une riche iconographie : en effet, l'entrée de l'escalier est marquée par les symboles des quatre évangélistes (l'ange pour saint Matthieu, le lion pour saint Marc, l'aigle pour saint Jean et le boeuf pour saint Luc) qui, groupés deux à deux, présentent chacun un phylactère où sont inscrits en latin les premières phrases des Evangiles ; et sur la face extérieure, isolés dans des niches, sont figurés de gauche à droite saint Denys, le cou meurtri et tenant en main sa mitre et un livre, saint Paul reconnaissable à son épée et à son livre, Jésus-Christ bénissant et saint Pierre portant les clefs et un livre. Dans le choeur, l'imposant maître-autel de style néo-gothique comporte de petits bas-reliefs où l'on reconnaît, de gauche à droite, les représentations de l'holocauste d'Abel et des sacrifices d'Abraham, d'Aaron et de Melchisédech. Enfin, outre les quatorze stations du Chemin de croix disposées dans les deux bas-côtés, il y a également les deux rangs de stalles qui, aujourd'hui dans la chapelle de la Sainte Tunique, étaient à l'origine placées dans le choeur.

Toutefois, aucun des vitraux exécutés au XIXe siècle par le maître verrier Audinot ne nous est parvenu : en effet, les verrières créées pour la consécration de la basilique furent totalement détruites lors des bombardements alliés survenus en mai 1942. Aussi la réfection des vitraux fut-elle progressivement entreprise au cours des années 50 et 60 et confiée à Jean Barillet et Max Ingrand.

Dans le choeur, dont l'entrée est marquée par la grande croix commémorant l'ostension de la Sainte Tunique en 1984, les baies axiales du niveau supérieur présentent un bel ensemble de vitraux dus à J. Barillet, où l'on reconnaît trois saints martyrs : à gauche, saint Pierre, martyrisé à Rome en 64, tenant en main les clefs, symboles du pouvoir qu'il reçut du Christ (Mt 16, 18-19) ; au centre, saint Denys (ou Denis, du grec Dionysos), patron de la paroisse, premier évêque de Paris et martyrisé vers 250, présentant un crucifix au Christ bénissant ; à droite, saint Paul portant un livre, symbole de son apostolat par ses écrits, et une épée, symbole de son martyre survenu à Rome en 67.

 

 

Visite Guidée de la Basilique St Denys

Les orgues de la Basilique St Denys

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