Blog de Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

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mardi 17 août 2010

NOTRE DAME DE FRANCE

Le Puy en Velay! Ville de province au centre de la France dans un site exceptionnel. Ville Mariale depuis des siècles. Siège de l'évêque de ce diocèse et Préfecture de la Haute Loire. Combien de fois suis je allé dans cette ville depuis mon enfance? Je ne puis compter, mais les souvenirs d'enfant restent dans ma mémoire: celui du voyage que nous faisions depuis notre village de Marlhes avec la joie de "monter" dans la statue de Notre Dame de France qui se dresse sur le rocher Corneille depuis 150 ans.

En ce week end de l'Assomption, nous célébrions solennellement cet anniversaire puisque c'est en 1860 que cette statue fut bénite en présence de 120.000 fidèles et de 12 évêques. Samedi et dimanche, il n'y avait pas une foule aussi importante. Cependant, des milliers de personnes ont participé à la messe de l'Assomption célébrée dans un parc de la ville, présidée par le cardinal Vingt Trois. Et 20 évêques avaient répondu à la fraternelle invitation de l'évêque du lieu, Mgr Henri Brincard (plus qu'il y a 150 ans!).

Et tout au long de ces heures, de jour comme de nuit, nous avons regardé cette Notre Dame de France monumentale. Et pour nous aider à entrer dans cette présence de Marie dans cette ville, et dans nos vies, comme pour les JMJ, des catéchèses données dans les églises du Puy - et même dans la prison!-, ont permis aux Ponots (habitants du Puy) et aux chrétiens venus de partout d'entendre ces enseignements par les évêques. Pour ma part, dans l'église Saint Antoine, j'ai pu évoquer la tradition mariale et missionnaire lancée au 19ème siècle dans notre région. En effet, c'est là qu'est né le mouvement mariste - frères, pères et soeurs- qui a permis l'évangélisation de la lointaine Océanie.

Ce week end exceptionnel nous a permis aussi de multiples rencontres entre évêques, avec des prêtres, diacres et des religieux/ses (de congrégations anciennnes ou nouvelles!) et avec les nombreux laïcs. Ainsi, le premier soir ainsi que le vendredi, j'ai pu rencontrer des familles amies très investies dans l'organisation puisqu'appartenant à la Confrérie des Pénitents du Puy. Au delà de l'aspect matériel des processions, c'est un engagement spirituel de la part des membres de ces confréries.

Quel souvenir en pensant à la montée depuis la splendide cathédrale vers Notre Dame de France tôt dimanche matin. Pour cette montée en prière, les évêques présents méditent les mystères glorieux du Rosaire en proposant des intentions de prières. Et quelle joie aussi de retrouver des Valdoisiens ayant fait le voyage du Puy pour cette fête!

Puis, lors de la messe concélébrée, l'archevêque de Paris donne un enseignement fort en évoquant la foi de nos ancêtres et notre foi peut être "faible, vacillante ou incertaine" qui nous a conduits jusque là. Et cette foi peut transformer nos vies. Et, au terme de l'homélie, Mgr Vingt Trois a posé des questions liées à l'actualité "L'avenir de l'humanité ne se réduit ni au Mondial de foot, ni au Tour de France, ni à l'exposition complaisante des déchirements provoqués par l'argent et les séductions qu'il entraine". Et il a conlut: "Une société fraternelle et responsable est possible si chacun de nous est résolu à aimer davantage et à se donner tout entier par amour comme la Vierge Marie nous en a donné l'exemple." Nombre de personnes m'ont parlé de cette homélie nous appelant à nous convertir et à nous confier à Celle qui est dans la gloire de Dieu, comme nous le célébrons dans l'Assomption.

Amis lecteurs, vous qui avez participé à cette grande fête mariale au Puy cette année ou autrefois, vous qui ne connaissez pas cette ville mariale. N'hésitez pas. Allez un jour pour une visite en entrant dans la magnifique cathédrale restaurée ou en venant participer à l'Assomption, la grande fête de la foi au Puy. Vous serez émerveillé, comme je le suis chaque fois qu'il m'est donné d'être là pour le 15 Août! Heureux de pouvoir prier avec ces foules, je puis joindre ma voix à celle des pélerins s'adressant à Marie: Notre Dame de France, priez pour nous. Notre Dame du Puy, priez pour nous.

jeudi 5 août 2010

SAO PAULO/PARIS

Le titre l'indique. Il s'agit en effet du voyage de retour du Brésil avant hier. Comme promis dans le précédent "papier", voici des échos de ce magnifique voyage dans ce pays immense. J'aurai l'occasion de revenir sur ce pélerinage missionnaire dans quatre diocèses: deux en Amazonie, la capitale Brasilia et l'immense métropole Sao Paulo (17 millions d'habitants) où j'ai passé la dernière semaine.

Pour l'heure, je voudrai évoquer les cathédrales de ces deux villes. En effet, dans la cathédrale Saint Paul dimanche dernier, j'ai eu la joie de concélébrer la messe présidée par l'archevêque de cette ville, Cardinal Dom Odilo Scherer. Joie d'être là pour cette messe diocésaine avec deux de ses évêques auxiliaires pour la messe d'institution de dix jeunes séminaristes comme lecteurs et acolytes. Joie de retrouver le jeune cardinal (nommé archevêque de Sao Paulo et cardinal en 2007) dont j'ai fait la connaissance quelques jours auparavant dans son évêché. Après avoir évoqué la vie de l'Eglise au Brésil en évoquant le document important d'Aparecida sur l'Evangélisation de l'Amérique Latine, j'ai pu voir une fois de plus de visu la vitalité de cette Eglise. Un chiffre cité par le cardinal Scherer: en 20 ans le nombre de prêtres a doublé passant de 9.000 à 18.000! Cela m'a confirmé les impressions fortes dans les diocèes de Guajara Mirim et Araguia accueilli par les évêques missionnaires d'origine française et lors de la journée au séminaire ND de Fatima à Brasilia avec ses 80 séminaristes. J'aurai l'occasion d'en reparler.

Mais pour l'heure, je souhaiterai évoquerai une messe dans une autre cathédrale, celle d'hier à Notre Dame de Paris pour l'hommage à Mgr Paul Guiberteau, grande et belle figure de l'Eglise de France. C'est au Brésil que j'ai appris samedi son décès et le jour des funérailles. Lié au Père Guiberteau depuis 1986 et ayant travaillé pendant de nombreuses années avec lui, je souhaitais bien sûr participer à la messe de funérailles.

C'est en décembre 86 que j'ai fait sa connaissance. Jeune prêtre, de retour de Nouméa, il m'avait été demandé d'être l'aumônier des étudiants de la "Catho" de Paris. Le chanoine Guiberteau venait d'être nommé recteur de l'Institut Catholique. Au cours d'un déjeuner au rectorat, nous avions longuement évoqué sa mission antérieure, celle de l'enseignement catholique et les grandes manifestations de 1984 en faveur de l'enseignement libre. Deux ans plus tard, il était nommé par le gouvernement de Michel Rocard membre d'une mission de dialogue dans une Nouvelle Calédonie en effervescence. Avant et après son voyage, nous avons évoqué cette mission particulière qui l'avait beaucoup marqué. Et puis ce fut à nouveau une collaboration de 2001à 2003 à Notre Dame de Paris où il est resté pendant plus de 15 ans. Au terme, il s'apprêtait à repartir dans son diocèse de Nantes pour l'ultime retraite. Le 28 juin dernier, à Notre Dame, nous nous étions rencontrés brièvement avec des responsables coutumiers et politiques de la Nouvelle Calédonie. Il en avait été heureux. Avec délicatesse, il m'avait demandé des nouvelles de maman et de mon diocèse. Ce fut notre dernière rencontre.

Hier, avec quatre évêques et des dizaines de prêtres, nous avons accompagné dans la prière Paul Guiberteau que nous estimions et aimions. Ce fut une belle célébration avec des témoignages significatifs, notamment le message de Rome, celui de Michel Rocard, ancien premier ministre eet celui du Père Guiberteau lui même lors de la messe d'Adieu le dimanche 27 Juin dernier. Un bel hommage à un grand serviteur de l'Eglise et de son pays.

Parti de Nantes en 1982, il est donc resté près de 30 ans à Paris pour servir. Dieu sait le bien qu'il a accompli."L'Esprit se joue des disttances" disait il dans cette méditation d'action de grâces. De Sao Paulo à Paris, cela se réalise sous mes yeux. Et je suis heureux de vous donner ce témoignage sur l'Eglise en France et au Brésil. Elle est belle notre Eglise et "ils sont beaux les peids du porteur de la bonne nouvelle qui annonce la paix, qui apporte le bonheur" (Isaïe 52, 7)

jeudi 15 juillet 2010

«Lettre d'Amazonie»

Un mois sans « parler » sur mon blog ! La raison en est simple : la fin de l’année pastorale et le début de l’été ont été si chargés que je n’ai pu trouver  le temps nécessaire pour écrire. Pourtant, que de beaux évènements nous avons vécus depuis un mois  avec l’ordination sacerdotale de Sébastien, l’accueil de nos frères russes orthodoxes, le rencontre  avec les prêtres, religieuses quittant notre diocèse et récemment le beau pèlerinage en Pologne…. Des échos ont été donnés sur notre site et je sais que vous fidèles lecteurs de notre site cliquez pour avoir nouvelles, textes et photos.


Aujourd’hui, jour de départ vers le Brésil, je suis heureux de vous parler de ce voyage-pèlerinage dans cet immense pays, qui couvre 16 fois la France,  peuplé de 200 millions d’habitants.

 Pourquoi un tel voyage si loin ? Pour répondre à une invitation de Mgr Gerard Verdier, évêque de Guajara Mirim en Amazonie ainsi que celle de son ancien auxiliaire, Mgr Pinheiro, actuellement dans notre diocèse (en juillet, il est « curé » de Montigny les C ormeilles). En effet, «  Mgr Geraldo », français devenu brésilien, a été formé au séminaire de Toulouse par Mgr Brunon, mon oncle qui était allé rendre visite à son ancien élève en 1969 et avait été marqué par ce voyage missionnaire. En 1980, le Père Geraldo a succédé à Mgr Rey, évêque français fondateur de cette mission  et Mgr Gomes. Depuis près de 15 ans, j’ai rencontré maintes fois Mgr Geraldo à Paris, Rome et Pontoise. A chaque rencontre, il réitérait son invitation. Voici  que je puis l’honorer. Je m’en réjouis beaucoup puisque ce voyage me permettra aussi de découvrir l’Eglise Brésilienne  dans différents lieux : Araguaia  également en Amazonie(diocèse dont l’évêque est aussi un français, Mgr Dominique You), Sao Paulo, Rio et le sanctuaire marial de Aparecida. Pour la première fois, je visiterai ce grand pays d’Amérique du Sud, dans le souvenir de mon unique voyage dans le continent  il y près de 30 ans au Pérou pour une réunion sur les communications sociales.

Aller en Amazonie ! C’est un long voyage de 24 H via Sao Paulo, Brasilia, Porto Velho en avion, puis,  en voiture pour les 300 derniers kilomètres. L’Amazonie est immense – plus grande que la France !- et le diocèse de Guajara Mirim aussi – plus de 90.000 kms carrés avec une population de 230.000 habitants seulement, dont  la moitié est catholique-.

« Lettre d’Amazonie ». C’est une revue missionnaire simple, avec belles photos en noir et blanc, tiré à…9000 exemplaires(ce qui est considérable) aidant ainsi cette mission  du Guapore proche de la Bolivie. Quatre fois par an, des articles évoquent la vie de l’Eglise, Actes des Apôtres aujourd’hui en Amazonie. Depuis longtemps, ma famille reçoit cette revue et participe ainsi à cette mission. Il en a toujours été ainsi dans l’Eglise : d’un côté, les missionnaires, de l’autre, les priants et les bienfaiteurs.

Avant-hier, à Paris, avec Mgr Pinheiro, cet évêque brésilien  et le Père Jose, prêtre du diocèse de Gujara Mirim, actuellement aux études à Paris, nous avons passé une belle soirée au siège de cette revue, rencontrant l’équipe, dont Maddy. Nous avons évoqué le Père Dourelle, ce prêtre qui a donné sa vie pour cette  mission…tout en restant à la rue du Pont de Lodi à Paris. Nous avons beaucoup parlé de Mgr Geraldo Verdier, des émissions radio – il a déjà annoncé mon arrivée dimanche dernier et dimanche prochain, nous ferons l’émission ensemble avec Mgr Geraldo- et du Brésil.
En pensant à cette mission, je ne puis que vous inviter à vous abonner à « Lettre d’Amazonie » !
Par ce mot, je suis heureux de vous présenter ce voyage-pèlerinage. Retour le 3 Août. Je  vous donnerai des échos de cette immersion  au Brésil !

VOIR LE SITE "LETTRE D'AMAZONIE"

SITE DU DIOCÈSE DE GUAJARA-MIRIM

lundi 14 juin 2010

Rome: un évènement immense!

La semaine dernière, avec la clôture de l'année sacerdotale, l'Eglise a vécu un évènement immense. Les 15.000 prêtres - et les 400 évêques!- ayant fait le déplacement sont repartis fortifiés dans la foi et dans leur ministère. Comme les apôtres sortant du Cénacle après la Pentecôte, ayant ravivé "le don que Dieu a déposé en nous par l'imposition des mains" ( 2 Tim 1, 6), nous sommes revenus chez nous conscients que "nous devons nous acquitter à la perfection dans notre ministère" (2 Tim 4, 5).

Aussi, au terme de cette année consacrée aux prêtres, nous pouvons remercier le Seigneur pour ce cadeau fait à toute l'Eglise, remercier Jean Marie Vianney, le curé d'Ars, entré dans la Vie il y a 150 ans... et remercier enfin Benoit XVI pour cette heureuse initiative.

Visiblement, le Saint Père était heureux. Il nous l'a montré jeudi soir lors de la superbe veillée avec des témoignages forts et la prière intense. Là, dans une improvisation saisissante, le pape a répondu à cinq questions de cinq prêtres des 5 continents. Le professeur Ratizinger nous a donné une belle leçon théologique et spirituelle en citant de mémoire les penseurs de l'Eglise, dont le grand Saint Augustin. Saisissante, oui, car nous étions saisis par ce climat fraternel d'un prêtre - le pape- s'adressant aux milliers de prêtres. Moment unique de beauté dans le cadre superbe de la place Saint Pierre, moment unique de ferveur au moment de l'adoration eucharistique.

Le vendredi matin, en la Fête du Sacré Coeur, ce fut la même beauté, notamment par les chants, et ce fut la splendeur d'un moment unique dans l'histoire de l'Eglise: la plus grande concélébration depuis les débuts du christianisme. Et comme j'ai pu lire d'un prêtre français, reprenant la citation célèbre: "J'y étais". "Nous y étions". Nous étions là côte à côte, cardinaux, évêques et prêtres. Pour ma part, à côté de l'évêque de Kara (Togo) dont un de ses villages, Feouda est jumelé avec notre village de Marlhes. Et nous écoutions attentivement le successeur de Pierre nous donner une longue homélie que nous aimerons méditer.

Lors de cette messe, je pensais à tous les prêtres connus, vivants ou décédés. Le même ministère comme prêtres à la manière des apôtres.

Oui, nous avons vécu une messe inoubliable...comme chaque messe. En pensant toujours comme si c'était la première messe ou la dernière.

Joie à cette messe d'entendre l'Evangile chanté en latin par Sébastien de notre diocèse. J'ai eu la joie de l'ordonner diacre en janvier dernier à Sarcelles. Je l'ordonnerai prêtre le 27 Juin dans la cathédrale Saint Maclou de Pontoise.

Comment un tel rassemblement a t il été possible, après tout ce que le monde a entendu dans les média depuis janvier dernier? Simplement à cause de la fidélité des centaines de milliers de prêtres du monde entier. A cause de la prière de toute l'Eglise. Et aussi, je pense, grâce à l'accueil de cette année sacerdotale dans tous les diocèses du monde et dans toutes les paroisses.

Oui, nous nous souviendrons longtemps de l'évènement immense de Rome du 9 au 11 Juin 2010!

vendredi 4 juin 2010

Père Jerzy Popieluszko

En ce dimanche de la Fête Dieu, le Père Jerzy Popieluszko sera proclamé "Bienheureux" à Varsovie. J'aurai aimé être là, mais les activités diocésaines, notamment la rencontre des servants d'autel pour la Fête du Saint Sacrement m'ont fait renoncer à ce voyage dans cette Pologne que j'aime que j'ai souvent visitée. Depuis Pontoise, avec les nombreux Polonais du Val d'Oise et de France, nous nous unirons par la pensée et la prière à cette grand' messe sur la place Pilduski.

En effet, dès 1978, au moment de l'élection de Jean Paul II et en 1981, au moment de l'état de guerre, à Nouméa où je me trouvais alors, par les informations et les lectures j'ai découvert la Pologne. Je me promettais bien d'y aller un jour...mais je ne pensais pas que j'aurais l'occasion par dix fois d'aller dans ce beau pays.

C'est surtout en octobre 984, que mon coeur a vibré avec la Pologne au diapason d'un prêtre, que l'on a d'abord déclaré "disparu" , pour couvrir ainsi l'assassinat. Ce prêtre, le Père Jerzy Popieluszko, né en 1947 - nous avions le même âge-, ordonné en 1972, a mobilisé l'attention des média du monde entier, alors qu'il était déjà mort, retrouvé dix jours après sa disparition dans la Vistule. Homme de foi, il a accompagné spirituellement les ouvriers de Varsovie, est devenu ami avec Lech Walesa et s'est fait connaitre grâce aux "messes pour la patrie".

Hier, lors d'une intéressante émission radio à RCF, nous avons témoigné avec des spécialistes de la Pologne - dont l'ambassadeur de ce pays- sur ce prêtre et le sens de cette béatification.

Ce qui m'a bouleversé avec le Père Jerzy est arrivé trois ans plus tard en juin 1987 à la paroisse Saint Stanislas Kotzka à Varsovie, là même où il officiait devant des milliers de travailleurs. En effet, découvrant pour la première fois la Pologne - de Cracovie à Gdansk- avec un groupe de pélerins, nous avions prévu une visite et une messe à la tombe du Père Popieluszko. Et là, surprise, nous nous trouvons avec les parents du prêtre, venus de leur lointaine campagne, pour accueillir Jean Paul II qui venait se recueillir deux jours plus tard. Emotion en priant ainsi avec les parents du prêtre assassiné, en découvrant dans le sous sol du presbytère le "musée Popieluszko" avec des dessins d'enfants, dont un inoubliable: Le Père Jerzy en train de célébrer la messe brandissant la patène et le calice et derrière lui, trois hommes le bastonnant.

De fait, il fut bastonné à mort, mis dans un sac et jeté dans le fleuve. Le gouvernement d'alors fut contraint de retrouver le corps, le chauffeur du prêtre ayant pu s'échapper miraculeusement de la voiture et témoigner de cet enlèvement. Après les années terribles pour l'Eglise en Pologne, dirigée alors par le remarquable Cardinal Wyszinski, en 1984 encore, des enlèvements de ce genre se produisaient et on parlait de "disparition".

La Pologne de cette époque s'est unie dans des funérailles avec...500.000 personnes. La tombe du prêtre est magnifique. Dans le jardin du presbytère, sur la pelouse, la représentation de la Pologne avec des pierres dessinnant la Pologne et au milieu, une grande croix de granit au dessous de laquelle repose le "Bienheureux Père Jerzy Popieluszko".

Depuis 26 ans, 17 millions de pélerins sont venus. Dimanche, une foule considérable sera là pour cette béatification. Et, en cette année sacerdotale, en cette fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, l'Eglise rendra grâces pour ce prêtre du 20ème siècle, connu mondialement. Il se considérait cependant comme un "pauvre serviteur" (Lc 17,7) qui n'a fait que son devoir. Mais quel serviteur! Un martyr pour sa foi, la liberté et la vérité!

dimanche 23 mai 2010

Pardon de Saint Yves

Dimanche dernier, j'ai eu la grande joie de participer pour la première fois au célèbre "Pardon de Saint Yves à Tréguier, lieu de naissance, de vie et de la mort de ce prêtre (1253-1303), avocat des humbles. Formé à Paris, ce Breton est devenu juge ecclésiastique à Rennes, puis curé. Vivant pauvre parmi les pauvres, il a manifesté une inépuisable charité. Depuis 7 siècles, ce saint est honoré chaque année au moment de sa fête célébré le 19 Mai ou le dimanche précédent.

Quelle joie pour moi de retrouver dans ce sanctuaire mes frères évêques de Bretagne - St Brieuc, Rennes, Vannes et Quimper. Cette année, Mgr Le Vert a été "Le grand pardonneur", suivant l'expression présentant l'évêque qui préside la messe du matin et la procession. Dans une homélie forte, le jeune évêque - né à Tahiti et auparavant évêque auxiliaire de Meaux- a prolongé le colloque des juges, avocats sur la bioétique. "En quelques décennies, a dit Mgr Le Vert, nous avons vu la recherche et la technologie médicales affiner leurs capacités à atteindre les éléments constitutifs de l'individualité humaine. Mais dans le même temps, l'instrumentalisation a terriblement augmenté." Ce constat était une sorte de mise en garde "car tout cela met en question l'aboslu du respect de la personne humaine". En finale, l'évêque de Quimper a appelé de ses voeux l'avènement de "nouveaux Saints Yves" capables de s'opposer aux puissants de ce monde ou à l'opinion générale.

Après la messe concélébrée par huit évêques et de nombreux prêtres dans une cathédrale comble, la procession avec le chef de St Yves a commencé à travers les rues de la ville. Impressionnante foule évaluée à cinq mille personnes, participant aux prières ou respectueuse de cette démarche religieuse.

Pour ma part, j'ai été ému par cette ferveur populaire et de cette fidélité à la tradition séculaire. La châsse est en effet porté par les évêques, mais aussi par les juristes et avocats en robe.

Durant cette marche , deux moments essentiels. Lorsque le reliquaire à la hauteur de Minihy, village natal de Saint Yves, les porteurs inclinent avec respect leurs bannières pour saluer l'enfant du pays qui revient en quelque sorte chez lui. Puis, dans l'église de Minihy, une vénération du bréviaire utilisé par le saint est proposé aux évêques et prêtres. Beau signe en cette année sacerdotale.

Enfin, lors du déjeuner rassemblant près de 300 personnalités et habitants du pays, les échanges permettent de découvrir la vie de la cité et de l'Eglise en Bretagne, terre de chrétienté.

Pour ce Pardon 2010, Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, et moi même avons pu honorer notre saint patron, en pensant à tous les Yves que nous connaissons!

Nous avons pu ainsi répondre à la fraternelle invitation de Mgr Fruchaud, évêque de St Brieuc et Tréguier qui vivait, lui, son 18ème... et dernier Pardon de Saint Yves, puisqu'il doit prendre prochainement sa retraite.

La presse du lendemain, tout comme le reportage TV du soir, sont élogieux sur ce "grand évènement marquant le Trégor et la Bretagne tout entière." De fait, Saint Yves est le plus grand patron de la Bretagne.

Ce Pardon m'aura aussi permis de passer la journée de samedi avec le doyen des prêtres du diocèse de Pontoise, le Père Emmanuel Dupré La Tour, 94 ans. Retiré à Plougrescant dans une retraite active, il célèbrera l'an prochain ses 70 ans de sacerdoce. Nous en reparlerons!

jeudi 13 mai 2010

FATIMA

En ce 13 Mai, date anniversaire des apparitions de la Vierge à trois enfants portugais, nous sommes unis au pape, pélerin dans ce sanctuaire marial. En 1917, de mai à octobre, Marie a invité les enfants et les foules à la prière et à la pénitence. Comme à Lourdes en 1858. Deux papes ont précédé le pape actuel: Paul VI il y a plus de 40 ans et Jean Paul II pélerin en 1982 et en l'an 2000. Lors de cette dernière visite, il y a 10 ans, il avait béatifié les deux voyants, François et Jacinthe et il avait dévoilé le fameux "secret" de Fatima.

Pour ma part, ayant été pélerin dans ce lieu au centre du Portugal en août 1992, je puis témoigner de l'importance de Fatima pour l'Eglise portugaise et du rayonnement mondial de ce célèbre lieu d'apparition. Par ces quelques lignes, je voudrai aussi exprimer ma proximité pour les milliers de Portugais vivant dans notre diocèse, tous attachés à Fatima.

Dans ce texte, je souhaiterai aussi témoigner du "succès" du voyage du pape au Portugal. Les catholiques de ce pays ont répondu à l'invitation de l'archevêque de Lisbonne, le cardinal Policarpo: "Ne restez pas devant votre téléviseur...Venez". Et ils sont venus, nombreux, joyeux.

Les images de l'évènement sont saisissantes. Tant à Lisbonne avant hier pour la messe d'accueil au bord du Tage avec 150.000 personnes qu'aujourd'hui à Fatima avec 500.000 fidèles.

Soucieux de dire ce qu'est le voyage du pape pour rétablir la vérité médiatique sur la vie de l'Eglise, je voudrai aussi publier quelques lignes reçues à l'instant d'une journaliste sur place.

"Porté par la ferveur intense et le profond recueillement de près d'un demi million de pélerins venus du Portugal, d'Europe (une délégation du Val d'Oise est présente) ou d'Afrique (4 évêques du Bénin sont présents), le pape a célébré la messe au troisième jour de sa visite au Portugal.

"Hier, le pape, le visage rayonnant a offert une rose d'or à ND de Fatima, comme un fils apporte un présent à sa mère."

Dans l'homélie de ce jour, Benoit XVI a souligné l'importance du message de Fatima: conversion, prière, pénitence. "Celui qui penserait que le message prophétique de Fatima est achevé se tromperait" a dit le pape, en ajoutant: "Revit ici ce dessein de Dieu qui interpelle l'humanité depuis ses origines.", en concluant: " Dieu est à la recherche des justes pour sauver la cité des hommes. Notre Mère bénie est venue du Ciel pour mettre dans le coeur de ceux qui se recommandent à elle, l'amour de Dieu qui brûle dans le sien." Et Benoît XVI a appelé les fidèles à brûler de ce même amour de Dieu qui a consumé le coeurd des voyants de Fatima au siècle dernier.

Quel beau message, celui de Fatima qui prolonge le message de l'Evangile. Et quelle joie pour le pape et le Portugal!

dimanche 2 mai 2010

Le Nouvel Evêque de Beauvais

Aujourd'hui, en la superbe cathédrale de Beauvais, nous avons vécu la magnifique célébration d'ordination épiscopale de Mgr Jacques Benoit-Gonnin, nommé récemment par le pape comme pasteur de ce diocèse de Beauvais-Noyon-Senlis.

Dès midi, autour de la cathédrale et de l'évêché, les invités arrivent nombreux pour le déjeuner et pour la cérémonie. Famille du nouvel évêque, paroissiens de la Trinité à Paris, membres de la communauté de l'Emmanuel et responsables du diocèse de Beauvais se retrouvent pour déjeuner fraternel permettant de faire connaissance et des échanges intéressants. je me retrouve à la table de Mgr James, évêque de Beauvais pendant 7 ans et nommé à Nantes ainsi qu'avec l'équipe de la chancellerie. Nous évoquons bien sûr l'itinéraire du nouvel évêque et la vie de cette Eglise en Oise.

Puis, dès 15 H, des centaines de fidèles prennent place dans la cathédrale à la voûte impressionnante - 45 mètres, un record!- et les célébrants se préparent en différents lieux. Les évêques, au nombre de 25, se retrouvent joyeusement dans la sacristie de la cathédrale. C'est aussi cela une ordination épiscopale: l'accueil dans la fraternité épiscopale du nouvel évêque, exprimé liturgiquement par l'imposition des mains et le geste de paix immédiatement à la fin des rites d'ordination.

La longue procession se fraie un passage dans la foule qui, dès l'entrée, applaudit son nouveau pasteur. Geste spontané marquant l'acceptation de ce nouveau pasteur. Le vicaire général de Beauvais et un prêtre de Paris présentent successivement l'Eglise en Oise et le nouvel évêque, à l'itinéraire riche.

Mgr Vingt Trois dans son homélie, utilise abondamment l'image de la barque de Pierre pour présenter l'Eglise, en soulignant la richesse de cette Eglise particulière et les quatre évêques précédents toujours vivants, dont Mgr Hardy participant dans un fauteuil roulant à l'ordination.

Une véritable explosion de joie se manifeste à plusieurs reprises par les chants et les applaudissements fournis, notamment lorsque Mgr Benoit Gonnin prend sa cathèdre faisant ainsi de lui le pasteur de cette Eglise en Oise.

Dans sa méditation finale improvisée, il ne trace pas de "programme", mais dit son espérance de cet Amour qui doit être dans l'Eglise. Puis, muni de sa crosse en forme de croix, il bénit l'assemblée nombreuse, dont sa maman qui vit dans l'Ain, Jean Vanier fondateur de l'Arche et ses innombrables amis venus de partout, mais surtout de Paris.

Pour ma part, je reconnais de nombreux visages de prêtres, diacres et fidèles du Val d'Oise qui ont fait le déplacement de Beauvais pour cette occasion historique. Oise et Val d'Oise sont proches. Le Vexin comporte des communes de nos deux diocèses.

"Allez par toute la terre proclamer l'Evangile aux nations". Le chant de fin de célébration donne le ton de cet épiscopat qui débute. C'est la réponse à l'invitation du Christ à ses apôtres il y a 2000 ans, à ce successeur des apôtres aujourd'hui.

dimanche 25 avril 2010

FRAT de Lourdes

Il y a un an déjà, dans un papier, j'évoquais le Frat de Jambville qui rassemble les collégiens. De retour de Lourdes, je souhaite témoigner du magnifique Frat que nous venons de vivre avec 8000 jeunes, dont 1070 du Val d'Oise.

Tout d'abord, avec les 500 pélerins du diocèse, dont 70 malades, sur place dès mardi, nous nous sommes préparés à accueillir ces jeunes en vivant notre pèlerinage diocèsain avec la messe internationale de mercredi, une conférence sur le thème "avec Bernadette, apprenons à faire le signe de la croix".

Puis, jeudi, Lourdes s'est enflammée par la présence de ces jeunes enthousiastes. Célébration joyeuse d'accueil dans la basilique Saint Pie X, très belle messe diocèsaine dans l'église Ste Bernadette avec les 1500 valdoisiens et l'impressionnante procession mariale le soir. Dès le premier jour, les jeunes ont été marqués par l'évènement spirituel sous le thème "apprends nous à prier". Puis, vendredi, en soirée, la célébration du pardon avec la miséricorde donnée en abondance à ces milliers de jeunes par des centaines de prêtres. Samedi , sacrement des malades pour 40 jeunes et enfin hier soir, une soirée exubérante "Festi Frat" avec les rues envahies par les jeunes. Avec Mgr Santier, nous contemplions cette procession joyeuse chantant, dansant et saluant les passants étonnés.

Et ce matin, avant la messe finale, j'ai pu saluer de nombreux Frateux, dont un groupe de Luzarches réfléchissant au thème "prier avec les cinq sens". Nous avons parlé des chants, de la bonne odeur du Saint Chrême et de l'encens, de la beauté pour les yeux des vêtements liturgiques....

Puis, avec les animateurs - sans eux, rien ne serait possible!-nous avons partagé en ce dimanche des Vocations sur la fréquentation assidue des jeunes au stand des vocations.

En reprenant l'avion ce soir, et déroulant ces journées intenses de prières et de rencontres, comme Marie, je méditais tout cela dans mon coeur, sûr et certain que les chrétiens de demain, les consacrés et les prêtres de 2025 étaient là parmi ces jeunes.

Quelle grâce pour notre Eglise en Ile de France que le Frat!

Le Pélerinage Fraternel existe depuis 102 ans! Il est un beau signe de la vitalité de notre Eglise et un beau signe d'espérance pour le monde!... même si, hélas, on n'en parlera pasa au JT de 20 H. Dommage pour nos compatriotes qui ne connaitront pas cette bonne nouvelle du Frat! Cependant, faisons confiance aux Jeunes qui témoigneront eux même auprès de leurs amis de lycée!

dimanche 18 avril 2010

En communion avec la Pologne

Depuis samedi 10 Avril, par le terrible accident aérien de Smolensk, la Pologne est à la une de l'actualité mondiale. Connaissant bien ce pays pour m'y être rendu 10 fois depuis 1987, et en pensant à tous ces liens avec mes nombreux amis Polonais, je m'associe de tout coeur par la prière et la pensée à l'hommage qui vient d'être rendu aux 96 victimes, dont le Président de la République.

Dimanche dernier, par des communications téléphoniques avec des évêques, prêtres et laïcs polonais, j'ai dit combien nous étions proches dans cette épreuve. Et, par un message sur notre site, j'ai invité nos diocésains à prier. Nous venons de le faire à l'instant lors de la belle célébration de confirmation de 75 adultes dans notre cathédrale de Pontoise.

"Je me souviens". Voilà une expression typiquement polonaise, faisant référence à l'Appel à la prière chaque soir. "Je me souviens", "Je veille", tels étaient les thèmes de la superbe veillée avec Jean Paul II à Czestochowa pour les JMJ en août 1991. Des centaines de milliers de jeunes, la majorité polonais, participaient à cette soirée inoubliable.

Oui, je me souviens des messes impressionnantes à Cracovie en 2002 avec Jean Paul II - sa dernière messe dans sa chère ville- et avec Benoît XVI en 2006. Témoin émerveillé, j'ai alors échangé avec des polonais, devenant ainsi Polonais avec eux.Bien que ne comprenant pas la langue, ce que je regrette, j'ai toujours eu l'impression d'entrer dans cette âme polonaise, marquée par l'histoire et la mémoire.

Aussi, c'est sans surprise que j'ai appris la décision du Cardinal Dziwisz d'inhumer le président Kaczynski et son épouse dans le Wawel, lieu historique de la Pologne, là même où le jeune Karol Wojtyla a célébré sa première messe le 1er Novembre 1946.

Fort de cette connaissance et de ces liens profonds avec tant d'amis, j'ai été surpris, voire choqué, par la platitude des commentaires français sur l'évènement et la messe qui ient de se terminer en l'église Notre Dame de Cracovie. Ignorant l'histoire de la Pologne où foi, culture et sentiment national se mêlent, il est consternant de comparer le Wawel avec... le Panthéon. Cela n'a rien à voir.

Et pour comprendre, il faut relier le drame de Smolensk avec l'horreur de Katyn, tout proche. Et cela, tous les polonais le savent. A 70 ans d'intervalle précisément, ces deux drames terribles à Katyn justement en terre russe. Aussi, tout naturellement, le château du Wawel a été choisi comme lien d'inhumation du président et de son épouse, symbole compréhensible par toute la Pologne...et difficilement compréhensible par les français n'ayant jamais visité ce pays pourtant proche.

Et, dans le même sens, au cours de la messe, l'archevêque de Cracovie a mentionné cette "réconciliation" entre la Russie et la Pologne, faite à Katyn lors de la rencontre des premiers ministres de ces pays trois jours avant le drame. Cette réconciliation s'est faite dans les larmes et le sang de ces victimes du crash. Le Président Medvedev, lui, slave comme les Polonais, a bien compris en étant présent à cette messe "historique" dans cette église superbe où, chaque jour à midi, un clairon sonne pour rappeler un autre évènement historique de la Pologne.

Aujourd'hui, dans ce deuil, il y avait de nombreux symboles. Mais le plus beau symbole était justement dans ce symbole... de la foi, ce Credo proclamé par des centaines d'officiels dans l'église et par des dizaines de milliers à l'extérieur, ainsi que ce Notre Père dit par tous les fidèles présents. Oui, la Pologne a encore beaucoup à nous dire dans un tel évènement.

Ici, on ne parle que de la foule "moins nombreuse" que prévue, de la polémique autour du lieu d'inhumation, du manque de popularité du président.... Dommage! On en oublie l'essentiel: la foi d'un peuple qui a tant souffert dans le passé - pensons aux 22.000 victimes de Katyn, ou encore aux milliers de prêtres tués pendant la guerre, tel Maximilien Kolbe- et qui souffre maintenant.

Mais quelle foi et quelle dignité! Comme au moment de la mort de Jean Paul II. "Je me souviens". "Nous nous souviendrons.

dimanche 4 avril 2010

PAQUES 2010

Pâques, la plus grande fête chrétienne, est célébrée partout dans le monde. A Jérusalem bien sûr et à Rome où les foules se pressaient autour du Saint Père malgré la pluie.

Or, cette année, une particularité. Avec nos frères chrétiens d'Orient, nous célébrions la Résurrection du Christ le même jour. Belle occasion pour nous rassembler et proclamer ensemble "Christ est ressuscité". Combien étions nous ce matin sur le parvis de la Défense, en face de la Grande Arche. Probablement 5000 venus à l'invitation des évêques catholiques, des prêtres orthodoxes et des pasteurs protestants. Ce fut un magnifique rassemblement dans ce lieu moderne où une église "Notre Dame de Pentecôte" permet la prière chaque jour en semaine pour les chrétiens travaillant dans les immeubles de ce quartier.

En ce matin pascal, dès 7 H du matin, par grappes sortant du métro et à pied, les chrétiens de toutes confessions convergeaient vers une estrade naturelle où nous avions pris place. Quelle joie de voir tant de isages connus: évêques, pasteurs, laïcs de St Ferdinand des Ternes à Paris, de Pontoise, de Cergy, de Montmorency, paroisses de notre diocèse, et aussi de Puteaux, de Versailles. A notre arrivée, je rencontre des protestants de l'église réformée d'Ermont.

A la suite de la proclamation de l'Evangile, une méditation par un pasteur nous a rappelé le sens de Pâques. Puis, la prière aux quatre points cardinaux englobait tous les hommes sans exception.

Puis, comme cela m'était demandé, j'invite au Notre Père en rappelant la phrase de Paul aux Romains: "Tous ceux qu'anime l'Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Vous avez reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Abba, Père" (Ro 8, 16).

Enfin, après les Alleluia, le chant du célèbre "Happy Day". Il me rappelle la joie du rassemblement des JMJ au Champ de Mars en 97 avec les jeunes.

Comme hier dans la cathédrale Saint Maclou pour la Vigile Pascale avec le baptême d'Odile, originaire de Côte d'Ivoire, je préside la messe du jour de Pâques dans une cathédrale comble.

Pendant ce temps, les média essaient de faire croire que "l"Eglise est en crise". Je dirai plutôt que l'Eglise est vivante, aujourd'hui comme hier et demain. D'ailleurs, les journaux TV de ce soir nous montraient les reportages sur les célèbrations pascales avec les nombfreux baptêmes d'adultes (3000 en France cette année).

Rendons grâces et chantons "Alleluia"!

samedi 3 avril 2010

Père Joseph VANDRISSE

En ce samedi saint, ému par la mort d'un ami, je voudrai rendre un vibrant hommage à un prêtre-journaliste, le Père Joseph Vandrisse. Nous étions proches malgré les vingt années qui nous séparaient.

En effet, né en avril 1927 à Tourcoing, il avait en commun avec le pape Benoit XVI le prénom de baptême- Joseph- et l'âge, puisque né à quelques jours d'intervalle. Au moment de la période romaine de notre ami journaliste, correspondant du journal Le Figaro (1973-2002), chaque année au mois d'avril, le cardinal Ratzinger saluait son quasi jumeau sur la place Saint Pierre en lui disant "Père Vandrisse, c'est bientôt notre anniversaire!" Humour du pape et de "Jo" comme on l'appelait les membres de sa famille et ses innombrables amis.

Jo Vandrisse, ordonné prêtre en 1950 en même temps que son frère Jean, faisait partie des Pères Blancs qui l'envoyèrent en Tunisie pour ses études et au Liban pour sa première mission. Arabisant et Journaliste, il fonde une revue "Le courrier de Sainte Anne". Ayant une bonne plume et repéré par le grand journaliste religieux, Jean Bourdarias, il arrive à Rome pour écrire dans différents journaux français et suisse. Et, au fil des années, par sa connaissance des hommes et son amour de l'Eglise, il devient un des meilleurs "vaticanistes" français. Ses collègues qui l'ont connu à Rome rendent un hommage unanime à cet ami des papes Jean Paul II et Benoit XVI, ainsi que les cardinaux Garronne, Gantin, Etchegaray et Poupard.

Depuis vingt ans, nous nous sommes rencontrés souvent, lors des voyages pontificaux - il a suivi Jean Paul II dans plus de 50 voyages dans les cinq continents- et lors de repas à Rome, à Paris, à Pontoise.

En raison de cette amitié, nous avons pu échanger des heures en évoquant des souvenirs, inscrits sur des petits carnets ou dans sa mémoire fidèle. Et, avec quelques uns de ses proches, nous l'avons poussé à continuer son travail de journaliste par des chroniques hebdomadaires qu'il m'envoyait régulièrement ou par ses édito dans des radios chrétiennes. Au moment de la mort de Jean Paul II il y a 5 ans, il a pu intervenir sur Radio Notre Dame mais aussi sur France Info.

Cependant, celui qui signait "Joseph Vandrisse" dans ses articles du Figaro, était avant tout prêtre et missionnaire. Le Seigneur lui a donné un talent d'écriture et il l'a exercé. Logeant chez les Pères Blancs Via Aurelia à Rome et à la rue Friant à Paris, il était à la fois un confrère comme un autre, mais les Pères Blancs savaient que son ministère était ailleurs, pour ceux qui liraient ses articles précis, concis. Un livre "Ce jour là Jean Paul II", publié sur notre insistance en 2003, retrace l'élection, les voyages du pape dans un style journalistique.

Mardi soir, après la messe chrismale à la cathédrale Saint Maclou, rencontrant un autre célèbre Père Blanc, le Père François de Gaulle, missionnaire pendant 55 ans au Burkina, il répondit à ma question sur la santé du Père Vanrdrisse: "Il est très fatigué".

En fait, il vivait ses dernières heures, puisqu'il mourait paisiblement dans son sommeil, mercredi saint aux aurores. Nous célèbrerons ses funérailles mardi de Pâques en rendant grâce pour cettze belle figure de prêtre mort durant cette semaine sainte de l'année sacerdotale.

J'ai sous mes yeux son admirable testament de deux pages qui commence par cette phrase du tropaire de Pâques: "Christ est ressuscité des morts! Aux morts, il a donné la vie". Il dit que "sa vie aura été marquée par la presse". "J'ai aimé ce travail, écrit il, je m'y suis donné avec au coeur la lourde passion de l'Eglise et du métier".

Deux articles dans "Le Figaro" et "La Croix" rendent hommage à cette belle figure de prêtre et de journaliste professionnel.

Le prêtre que je suis et l'évêque que je suis devenu souhait lui aussi rendre hommage à cet ami très cher, Jo Vandrisse.

lundi 29 mars 2010

Lourdes-Chartres-Paris

Ces trois noms de villes à la suite peut faire penser à un voyage en train! Il s'agit en fait de trois étapes durant cette dernière semaine en ces villes marquées du sceau de Notre Dame.

Lourdes! C'est là que pendant quatre jours, les 100 évêques de France étaient réunis pour notre assemblée de printemps. Prière à la grotte de Massabielle le jour ou en soirée, messes dans l'église Ste Bernadette et réunions dans le grand auditorium ont marqué ces journées studieuses et fraternelles. Commençant en un moment grave pour l'Eglise Universelle à travers une campagne contre le pape, nous avons voté un texte de soutien à Benoît XVI en lui exprimant "notre communion et notre soutien". Curieuse interprétation de notre message dans certains média ne retenant que "la honte et les regrets" devant les actes abominables par certains prêtres. Je suis, pour ma part, impressionné comme l'an dernier lors du voyage du pape en Afrique par le "lynchage médiatique" contre le pape. Celui ci aura probablement été sensible de ce message fraternel envoyé par les successeurs des apôtres au successeur de Pierre.

Naturellement, nous avons beaucoup travaillé en ouvrant de nombreux dossiers, dont celui essentiel "demain la vie des communautés chrétiennes". Quelle situation difficile dans nos diocèses par le viellissement du clergé, la diminution du nombre d'enfants et jeunes catéchisés. Mais que de signes aussi d'espérance! Montrant aussi notre catholicité, nous avons évoqué Haïti et nous avons rédigé un message de Pâques pour nos frères chrétiens d'Orient.

Chartres! C'était hier pour le 75ème pèlerinage des étudiants. Tout avait commencé dès samedi matin avec les messes de départ des "routes", dont la nôtre Saint Thaddée en l'église ND de Pontoise. Et, hier sur la colline de Chartres, où se dresse la splendide cathédrale commencée au 12ème siècle, plus de 1500 jeunes et 300 adultes-anciens du pélé, se pressaient pour la prière à Marie dans l'église sous terre, puis sur le parvis pour la bénédiction des Rameaux et dans la cathédrale pour la messe ouvrant cette semaine sainte. Joie pour ces étudiants et leurs aumôniers... ainsi que les dix évêques présents!

Paris! Aujourd'hui, répondant à l'invitation du supérieur, j'ai célébré la messe de ce lundi saint à la Maison St Augustin, année de fondation spirituelle pour ces jeunes désireux de consacrer leur vie au Seigneur. Ils sont 18 parisiens pour la plupart, mais aussi d'autres diocèses, dont un de Pontoise. Je rencontre là Mgr Frikart, accompagnateur spirituel dans cette maison avec lequel nous évoquons sa naissance à Ermont et son année comme administrateur diocèsain de Pontoise en l'an 2000. Depuis son ouverture en 1984, cette maison a accueilli plus de 450 jeunes devenus pour la plupart prêtres. Quel beau signe d'espérance pour demain.

Profitant de cette demi-journée à Paris, je suis allé visiter la remarquable exposition sur la Sainte Russie au Louvre. J'en parlerai ultérieurement.

Pour l'heure, je pense et prie déjà pour les prêtres, diacres et fidèles qui se presseront demain soir dans notre cathédrale Saint Maclou pour la messe chrismale.

vendredi 19 mars 2010

« Une mission de liberté », par le cardinal Vingt-Trois

Le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris depuis février 2005, a répondu aux nombreuses questions d’un écrivain psychanalyste. Ces entretiens passionnants et riches révèlent la personnalité de ce serviteur de l’Eglise, né à Paris en 1942, ordonné prêtre en 1969, évêque depuis 1988. Connaissant Mgr Vingt Trois depuis plus de 20 ans, je reconnais bien l’homme de Dieu, plein d’humour et serviteur de l’Eglise et des hommes dans les multiples missions reçues, depuis la paroisse Ste Jeanne de Chantal, comme jeune prêtre jusqu’à Tours et Paris comme archevêque. Ayant la joie de le rencontrer fréquemment, notamment pour nos réunions d’évêques d’ile de France, je puis témoigner de son écoute attentive et de sa capacité de leader et d’animateur, notamment au sein de la Conférence des Evêques de France comme président depuis 2007. Successeur du grand cardinal Lustiger dont il a été le collaborateur pendant de nombreuses années, comme vicaire, puis comme évêque auxiliaire de Paris, il dit son admiration pour cet ami , « esprit très flamboyant, pétillant et très prospectif ». Il reconnait qu’il a été « impressionné par sa foi, sa puissance intellectuelle et son endurance dans l’action ». Pendant toutes ses années, comme jeune prêtre et jeune évêque, il a été « témoin de sa réflexion, de ses réactions, de ses idées ». Dans ce livre, il parle librement de sa famille, modeste, de sa maman – 98 ans, actuellement accueillie à « Ma Maison » de l’avenue de Breteuil chez les Petites Sœurs des Pauvres-,de sa formation au lycée Henri IV et au Séminaire Saint Sulpice. A la fois parisien et provincial, il explique son expérience d’Eglise à St Etienne du Mont et dans son église de campagne, comme servant d’aute et au sein de l’aumônerie de lycée. Mgr Vingt-Trois rend hommage à deux prêtres qui l’ont beaucoup aidé dans son chemin spirituel de jeune chrétien, puis de séminariste : le Père Jacques Breton – prêtre actuellement à St Gervais dans le diocèse de Pontoise- et le Père Constant Bouchaud, son directeur spirituel devenu ensuite supérieur général de Saint Sulpice. Il dit aussi le ministère d’évêque, de la prédication – il prêche avec beaucoup de facilité, sans notes, chaque dimanche soir à Notre Dame de Paris-, de ses liens avec Rome et…de la pauvreté du prêtre et de l’évêque (800 euros par mois !). Comme tout cardinal, il se rend souvent à Rome et parle librement du pape Benoit XVI , « cultivé, courtois, délicat ». Enfin, et c’est le plus important, l’archevêque de Paris répond à toutes les questions sur la foi, Dieu, la Trinité, la vie, la mort, la prière, la morale, les relations avec les musulmans...et même la franc-maçonnerie et d’autres sujets. Des pages très riches montrant la nécessité d’un enracinement spirituel profond qu’il assure dans les retraites auxquelles il participe. Je dois l’avouer. En lisant d’une traite les 244 pages de ce livre fort intéressant, j’ai à plusieurs ri de bon cœur à plusieurs reprises, comme cela nous arrive souvent lors de nos réunions d’évêques. Le bon mot, une phrase, un commentaire permettent de découvrir l’archevêque de Paris, homme de Dieu, Grand Serviteur de l’Eglise. '

« Une mission de liberté », par le cardinal Vingt-Trois, éditions Denoël'

mercredi 10 mars 2010

ARS (2)

Déjà, en août dernier, à l'occasion de la fête du Saint Curé d'Ars, j'avais eu l'occasion de présenter ce lieu de pélerinage où les prêtres se rendent par milliers en cette année sacerdotale.

Durant deux jours, à nouveau, j'ai pu me rendre en ce lieu, avec, cette fois ci, 30 prêtres du diocèse de Pontoise. Dimanche donc, après la belle conférence sur Jean Marie Vianney, donnée en notre cathédrale Saint Maclou par Mgr Dupleix, nous sommes partis d'abord en TGV jusqu'à Lyon, puis en car vers Ars, à 30 kms à peine au Nord de la Capitale des Gaules. Brève visite au cardinal Barbarin en son archevéché sur la colline de Fourvière, et nous voici tous réunis pour la prière du soir dans la belle chapelle du Séminaire St Jean Marie Vianney où nous sommes accueillis.

Lundi, nous commençons notre journée par la messe avec près de 70 prêtres, dont les 30 du diocèse de Nancy et un groupe de prêtres pallottins. Mgr Papin préside et j'assure la méditation en rappelant les lieux essentiels pour "Mr Vianney" (c'était l'appellation au 19ème siècle): Dardilly, son lieu de naissance, Ecully, son lieu de formation et de son premier ministère auprès de l'abbé Balley et enfin Grenoble, son lieu d'ordination en 1815. Je rappelle aussi les difficultés qu'il a pu rencontrer en invitant les prêtres à se souvenir de leur histoire et à rendre grâce pour leur ministère.

Puis, dans deux riches conférences, Mgr Dupleix nous dit son admiration pour le Curé d'Ars en soulignant certains aspects mal connus de ce prêtre d'exception. Dépoussiéré, JM Vianney se révèle une riche personnalité, totalement donnée à son ministère, dont toute la vie a été tournée vers l'Eucharistie et la Pénitence. Notre conférencier nous donne quelques traits d'humour du Saint Curé.

Prières ensemble, marches vers Ars et le monument de la Rencontre, repas permettent de larges échanges entre prêtres d'âges et de cultures diverses. Jeunes et anciens se rencontrent. Prêtres nés en France ou originaires d'Afrique s'enrichissent mutuellement. Moments uniques qui nous sont donnés là en cette année sacerdotale.

En soirée, une rencontre diocèsaine nous permet d'entendre un prêtre du Prado nous parler du Père Chevrier et le curé de la paroisse chaldéenne nous dire la générosité de ses fidèles - près de 40.000 euros ont été rassemblés à St Thomas de Sarcelles pour Haïti-.

Mardi, messe devant la chasse du Curé d'Ars, photo-souvenir, ultime prière. Et nous voici en route vers Lyon pour le pélerinage au Prado, à la Guillotière, là où le Père Chevrier a commencé sa fondation auprès des plus pauvres dans les années 1859...au moment de la mort de Jean Marie Vianney. Heureuse coïncidence, le Père Chevrier était allé à Ars en 1858 pour demander conseil au Curé.

Le Curé d'Ars et le Fondateur du Prado. Deux figures de prêtres du 19ème siècle pouvant inspirer les prêtres du 21ème siècle dans leur ministère auprès de tous!

dimanche 28 février 2010

CONFERENCES DE CAREME

En ce temps de Carême, beaucoup de conférences sont données dans les cathédrales et les églises. Récemment, on me parlait des conférences données à Notre Dame de Fourvière à Lyon. Moi même, ce matin, dans le cadre de l'année sacerdotale, j'ai donné une conférence sur "le prêtre, homme de la mission dans ma cathédrale Saint Maclou de Pontoise.

Cependant, quand on parle des "conférences de Carême", on pense immédiatement à celles données à Notre Dame de Paris depuis plus de 150 ans. De fait, à l'initiative du Père Lacordaire, dominicain, des conférences ont été données durant les six dimanche de Carême par des prestigieux prédicateurs. Je mentionnerai un seul nom, celui de mon ami le Père Bernard Bro, dominicain, qui a assuré ces conférences de 1975 à 1978: de nombreux auditeurs de toutes conditions se pressaient pour écouter ce prédicateur qui avait le soin de parler en paraboles pour se faire comprendre "par le universitaires, le directeur d'un grand Journal ou le paysan de Cordon, dans les Alpes", comme il le disait le Père Bro.

Depuis une vingtaine d'années, ces conférences ont évolué puisqu'elles sont confiées non seulement à un prédicateur mais à plusieurs intervenants, prêtres ou laïcs.

En cette année 2010, le cardinal Vingt Trois a souhaité que ces conférences soient centrées sur le Concile Vatican II. Ayant eu la joie de pouvoir participer en direct à cette deuxième conférence grâce à KTO, j'ai pu suivre les deux exposés du Père Dupont Fauville et du frère Enzo Bianci sur "Dei Verbum", le grand texte conciliaire sur "la Révélation Divine", voté par 2344 voix le 18 Novembre 1965. A la suite de ces deux exposés remarquables, une dizaine de questions ont permis aux conférenciers de préciser leur pensée et de parler de cette source inépuisable qu'est la Parole de Dieu, "cette Sainte Ecriture consignée par écrit sous l'inspiration de l"Esprit divin" (Dei Verbum 9).

Un beau moment d'enseignement qui se déroule là bas à Paris et diffusé grâce à la TV et aux radios (France Culture retransmet ces conférences de Carême depuis 1930)!

Des milliers de personnes peuvent ainsi nourrir leur foi grâce à ces conférences de Carême!

samedi 20 février 2010

Les catéchumènes: une grâce pour notre Eglise

En ce jour, je viens de vivre la célébration de l'Appel décisif pour 80 jeunes dans notre cathédrale de Pontoise cet après midi et je viens de lire ce soir les magnifiques lettres des 88 adultes demandant le baptême que je rencontrerai demain à Ermont.

Emerveillé par ces futurs baptisés, je voudrai témoigner ici de la grâce qu'il représente maintenant pour notre Eglise. Il en a toujours été ainsi certes, mais cela est de plus en plus tangible dans nos paroisses catholiques en France. En effet, en 2010, en France, ce sont près de 3000 adultes qui recevront les trois sacrements de l'initiation chrétienne- baptême, confirmation et Eucharistie-. Ils nous font re-découvrir ce qu'est le temps du Carême, puisqu'ils se préparent durant ces 40 jours en commençant le Carême à l'invitation de l'évêque, en répondant "Me voici".

Il y a près de 50 ans, le Concile Vatican II soulignait ce qu'était le catéchumnat, "une formation à la vie chrétienne intégrale" et pas seulement "un exposé des dogmes et des préceptes". Et ce même texte, Ad Gentes 14, parle de l'importance du Carême, et de "cette initiation chrétienne, oeuvre de toute la communauté des fidèles".

En repensant à ces lettres admirables des catéchumènes, je voudrai souligner ici combien ces adultes écrivent avec leurs crayons certes mais bien davantage avec l'Esprit Saint dans leurs coeurs. L'oeuvre de l'Esprit, elle est là dans ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, originaires de France, d'Afrique ou d'Asie disant simplement qu'ils priaient depuis longtemps et exprimaient un vif désir d'appartenir à l'Eglise. Quels chemins parfois sinueux pour certains ou plus linéaires pour d'autres! Souvent, le choix laissé par les parents ou fait par ces adultes reconnaissant que leurs parents n'avaient aucune croyance religieuse.

Et voici maintenant pour eux la joie et la certitude de la présence du Christ, et le désir de témoigner à leur tour, "ap^porter ue éducation religieuse à ma famille et essayer d'être une bonne chrétienne".

Tout au long de ce Carême, prions pour ces catéchumènes. Ils sont une vraie grâce pour notre Eglise!

lundi 8 février 2010

Anniversaire à Washington…sous la neige !

Depuis plusieurs semaines, les dates d’un séjour à Washington/Baltimore avaient été retenues avec le Père de Romanet, curé de la paroisse Saint Louis de France dans la capitale des USA ainsi qu’avec le Père Terrien, ancien supérieur général de Saint Sulpice, professeur au St Mary’s Seminary de Baltimore. Tout était bien programmé pour un anniversaire, celui des 50 ans de la paroisse francophone de Washington et pour un « pèlerinage » dans le séminaire sulpicien de Baltimore, là où j’ai étudié de 1971 à 1974.

En décembre dernier, le Père Antoine de Romanet, prêtre parisien, m’avait invité à   présider  ce Jubilé  d’Or de la paroisse. Il avait magnifiquement organisé…mais ce fut  quelque peu perturbé par la tempête de neige du siècle !

Arrivé comme prévu mercredi soir à « Dulles Airport », l’immense aéroport international, dès le lendemain, je me retrouvais  à Baltimore, « at home » dans ce séminaire dont je garde d’excellents souvenirs. Joie de retrouver des amis professeurs, de partager plusieurs repas avec les prêtres  et quelques uns des 80 séminaristes. Joie de participer à la messe d’institution de 13 lecteurs et 21 acolytes dans l’immense chapelle où Jean Paul II est venu prier en 1995. Cette célébration présidée par l’évêque de Trenton, Mgr John Smith, est chaleureuse et commence à l’américaine par quelques phrases pour faire sourire. Je suis chaleureusement applaudi comme ancien élève… De fait, c’est une première, car je n’avais jamais eu l’occasion de célébrer dans cette chapelle où j’ai prié chaque jour trois années durant.

Cette célébration des institutions et  le diner festif  du jeudi  sont la preuve de la vitalité du catholicisme américain (65 Millions de catholiques dans 195 diocèses). Et ces moments heureux sont cependant suivies de multiples conversations sur le « weather », la météo annonçant avec une précision étonnante la tempête, « Blizzard 2010 ! » Tous se préparent donc à cette tempête annoncée pour le vendredi midi.

Aussi, les habitants de Washington et Baltimore se ravitaillent dans les « supermarket » pour un siège d’un week-end. Cette prévoyance est d’autant plus nécessaire que la tempête aura duré près de 36 Heures.

Avec le Père  Larry Terrien, comme prévu, nous nous rendons à Waldorf dans le Maryland pour une visite dans une paroisse du diocèse de Washington, à l’invitation des deux prêtres,  l’un  français  ordonné en juin dernier par Mgr Wuerl. En effet, cette paroisse Saint Pierre a bénéficié du ministère d’un prêtre sulpicien, extraordinaire. Le Père Narcisse Martin, né dans le Pas de Calais en 1845, a été professeur dans les séminaires de Rodez, Autun, Montréal et Baltimore avant de devenir le curé de Waldorf de 1894 à 1929, « un curé d’Ars  américain », proche de son peuple. Pendant le déjeuner, alors que la neige commence à tomber, nous évoquons ce prêtre ainsi que les nombreux prêtres et évêques français qui ont évangélisé les Etats Unis au 19ème siècle – le premier évêque de Boston, Mgr de Cheverus était originaire de la Mayenne,  et près de 30 évêques dans le Maryland, le Texas ou le Colorado étaient français !

Retour à Washington sous la neige. Visite rapide de Theological College, près de « Catholic University » et arrivée à la maison paroissiale pour le début des festivités du 50ème anniversaire de la paroisse. Nous nous rendons à la résidence de l’ambassadeur de France. Malgré la tempête, 150 personnes sont là et écoutent les discours de Mr Vimont , l’ambassadeur, du nonce apostolique, de l’archevêque et du Père Aubert, curé de la cathédrale de Chartres, ancien curé de cette dynamique paroisse de 92 à 95. Moi-même, j’évoque le  dominicain qui a beaucoup œuvré pour cette paroisse de 1968 à 1986, le Père de Rocquois et mon ordination diaconale à « Epiphany church » de Georgetown le 31 Mars 1974.

Après cette excellente soirée à l’ambassade qui marquait le début de ces fêtes, chacun rentre  chez soi en se préparant à  un week end particulier. Dès le samedi matin, compte tenu de l’épaisse couche de neige, tous restent dans les maisons et appartements attendant la fin de « la tempête du siècle » - la précédente remonte à…1922 !- De l’appartement au 19ème étage où je me trouve, nous contemplons le spectacle de ce manteau de neige enveloppant la capitale américaine. Comme prévu, dans l’après midi, la neige cesse de tomber et les chasse neige peuvent accomplir leur indispensable tâche. Tout est arrêté : les aéroports sont fermés ainsi que les magasins…ainsi que  les églises et temples. La messe du cinquantenaire prévue à l’église Ste Jeanne de Chantal est bien sûr annulée ainsi que le diner de 100 personnes au profit de Haïti.

Pendant une heure, je marche dans  Bethesda : la River Road et la Falls Road sont libérées de toute voiture – les américains suivent strictement les consignes d’interdiction de circulation-. Très facilement, je parle avec des marcheurs, dont une catholique heureuse de rencontrer un évêque français !

Dimanche matin, la circulation est toujours déconseillée. Cependant, nous nous rendons à l’église de l’Epiphanie pour la messe solennelle.  Nous nous attendons à une petite assemblée. Finalement, près de 100 fidèles ont bravé les conditions difficiles pour « être là » et prier. Intention particulière pour cette messe : l’épouse de l’ambassadeur de France au Liban, décédée le mois dernier dans le crash aérien de l’Ethiopan Airlines à Beyrouth. L’ambassadeur et quelques amis rendent un vibrant hommage à cette femme qui a vécu  récemment avec son mari à Washington.

Cette messe émouvante est suivie de rencontres avec les paroissiens  d’aujourd’hui… et d’hier. Je retrouve en effet plusieurs anciens, dont une belge qui faisait partie de notre groupe de jeunes de l’aumônerie et des guides de la paroisse. Joie de ces retrouvailles amicales.

C’est aussi pour moi l’occasion de revivre dans l’action de grâces l’ordination diaconale de 1974 par Mgr Brunon, mon oncle, alors évêque de Tulle qui avait fait le déplacement pour l’évènement.

Pour ma part, j’ai été très heureux  de ce bref séjour aux Etats Unis dans des circonstances particulières. Mais tout s’est terminé normalement, puisque dès dimanche après midi, l’aéroport était ouvert. Nous avons décollé sans difficulté au milieu d’une nappe de neige d’un mètre. Retour comme prévu ce matin pour être ce soir à l’ouverture de l’exposition biblique à l’UNESCO à Paris.

vendredi 29 janvier 2010

VISITE PASTORALE

Depuis deux semaines, j'accomplis une visite pastorale dans un des 12 doyennés du diocèse, celui de Luzarches, au nord est du Val d'Oise. C'est ma 10ème visite pastorale depuis 2004! Je dois l'avouer, "j'aime les visites pastorales", et ce disant, je reprends une phrase de Jean Paul II dans son livre retraçant son ministère épiscopal.

De fait, la visite pastorale approfondit le lien entre l'évêque et son diocèse, et répond ainsi à la demande faite par le Concile de Trente au 16ème siècle et prescrit par le droit canonique (canon 396). Ainsi, par ces visites, l'évêque apparait clairement comme "prédicateur de l'Evangile, docteur, pasteur et grand prêtre de son troupeau" (Cérémonial des évêques).

Dès mon arrivée dans le Val d'Oise, j'ai souhaité accomplir des visites pastorales approfondies durant deux semaines et même davantage. En effet, ces visites me donnent l'occasion d'être avec les prêtres - je loge quelques nuits dans un presbytère-, et de rencontrer les diacres, les communautés religieuses et les acteurs de la vie pastorale. Elles sont aussi des moments de découvertes des réalités économiques, sociales et culturelles par les contacts avec les élus, notamment avec les maires.

Ainsi, la première réunion de cette actuelle visite pastorale a été avec les maires de Luzarches, Chaumontel, Baillet en France...Et il y eut d'autres rencontres tout aussi officielles dans les mairies de Fosses et Roissy.

Roissy/Charles de Gaulle! Voilà le lieu mondialement connu qui me fut présenté lors d'une conférence passionnante donnée par le président de la communautés de communes. L'aéroport de Roissy voit passer en effet chaque jour plus de 100.000 personnes. 80.000 travaillent dans ce lieu qui est le plus grand aéroport d'Europe.

A côté de ces présentations formelles et bien préparées, il y a aussi de nombreuses célébrations dans les différentes églises et de multiples contacts "sur le terrain". Je retiendrai les rencontres essentielles avec les malades au centre hopistalier de Carnelle à Saint Martin du Tertre ainsi qu'une messe et un long temps d'échanges avec les enfants, les professeurs, les parents et le personnel de l'Institut Paul Ricoeur, établissement catholique créé à Louvres en 2006. J'ajouterai aussi une bonne réunion avec ceux qui travaillent pour la charité - la diaconie-.

Ces visites sont autant d'occasions d'encourager, de soutenir les laïcs et le clergé dans la tâche d'évangélisation et de travail en Eglise.

Dans un texte officiel publié par Documents/Episcopat en 2008, les douze pages répondent à une question: "Les visites pastorales existent-elles toujours?" Oui, naturellement, écrit Mgr Ulrich, archevêque de Lille, en expliquant l'histoire des visites pastorales à travers les siècles et la dominante actuelle: "des visites évènement" permettant des visites familiales et de multiples rencontres. Mgr Ulrich souligne que l'exercice est "fatigant pour l'évêque et ceux qui l'ont préparé". Mais c'est une bonne fatigue!

Prêt en tout cas à poursuivre cette actuelle visite pastorale dans ce doyenné à la fois urbain et rural! Ce week end, messes à St Martin du Tertre - je n'y ai encore jamais célébré!- et dans la belle église Saint Côme et Damien de Luzarches. Puis, en février et même en mars, encore d'autres rencontres.

Prêt aussi pour une autre visite pastorale dans les doyennés que j'ai encore à découvrir: Ecouen/Domont et Herblay/Taverny! En 2011 probablement!

dimanche 17 janvier 2010

Haïti

Durant deux semaines, très occupé par une visite pastorale dans le doyenné de Luzarches et par de multiples rencontres et célébrations (dont celle, lundi, des funérailles de Philippe Séguin, rencontré à plusieurs reprises), je n'ai pu tenir le blog comme je le souhaite.

Mais l'urgence et le thème s'imposent. En effet, depuis mercredi, comme beaucoup, je me tiens informé sur le terrible séisme à Haïti, et dès le premier jour, en réponse à l'invitation du Saint Père, nous nous sommes unis dans la prière et la générosité.

Ici dans le Val d'Oise, ce devoir est d'autant plus grand par la présence de nombreuses familles (plus de 5000 Haïtiens recensés dans notre département sur les 30.000 en France).Par ailleurs, lors des confirmations, souvent, il m'est donné de confirmer des jeunes originaires d'Haïti. Enfin, un diacre permanent de notre diocèse, Claude Saint Amour, est originaire de cette île et réside à Cergy avec sa famille. Il était bien légitime dans ce contexte que nous organisions une messe dans la cathédrale de Pontoise et que j'invite à une grande générosité.

En effet, quel drame et quelle horreur en voyant les images, en entendant les témoignages et en pensant à ces Haïtiens de France n'ayant pas de nouvelles de leur famille et de leurs amis. "La plus grande catastrophe récente" a reconnu ce jour le Secrétaire Général de l'ONU en arrivant à Port au Prince aujourd'hui.

Mais, dans le même temps, quelle foi et quelle ferveur, ainsi que nous l'avons entendu ce soir dans les reportages à la TV.

Hier, donc, une centaine de fidèles originaires des îles de la Caraïbe - les Antillais sont proches des Haïtiens- ainsi que des personnes venues de plusieurs paroisses, ont exprimé leur compassion par leur présence. Signe de Haïti dans notre cathédrale Saint Maclou: le drapeau de ce pays avec une représentation du pays en bois: "Haïti chérie". Emotion en commençant la célébration avec la présence de Claude, retenant ses larmes. Ferveur en entendant les intentions en langue créole, et en évoquant les religieux décédés, notamment Mgr Miot, archevêque de Port en Prince.

Par ailleurs, tout au long de ce week end, lors des nombreuses messes à Saint Witz, Vémars, Survilliers et au carmel de Pontoise, j'ai été impressionné par l'immense générosité de nos chrétiens à la fin des célébrations. "Une goutte d'eau", disait Mère Térésa en parlant de son action, "mais une goutte d'eau nécessaire", ajoutait elle. Un curé du diocèse m'a envoyé un message pour me donner le montant important de la quête spéciale pour Haïti.

Prière et Générosité. Voilà ce qui est possible et ces prières montant de partout, ainsi que cet argent des gouvernements, des agences et des habitants de notre planète sont le signe de notre présence auprès des populations vivant un véritable cauchemar.

"Ségné vin sové nou!", "Seigneur viens nous sauver". En écho à ce cri de détresse, l'invitation du Saint Père mercredi dernier et renouvelé ce matin: ""Je vous invite à vous unir à ma prière pour les victimes de cette catastrophe et ceux qui les pleurent" ainsi que son appel "pour une grande générosité afin que ces frères et soeurs dans le besoin et la souffrance reçoivent notre soutien".

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