Le Puy en Velay! Ville de province au centre de la France dans un site exceptionnel. Ville Mariale depuis des siècles. Siège de l'évêque de ce diocèse et Préfecture de la Haute Loire. Combien de fois suis je allé dans cette ville depuis mon enfance? Je ne puis compter, mais les souvenirs d'enfant restent dans ma mémoire: celui du voyage que nous faisions depuis notre village de Marlhes avec la joie de "monter" dans la statue de Notre Dame de France qui se dresse sur le rocher Corneille depuis 150 ans.
En ce week end de l'Assomption, nous célébrions solennellement cet anniversaire puisque c'est en 1860 que cette statue fut bénite en présence de 120.000 fidèles et de 12 évêques. Samedi et dimanche, il n'y avait pas une foule aussi importante. Cependant, des milliers de personnes ont participé à la messe de l'Assomption célébrée dans un parc de la ville, présidée par le cardinal Vingt Trois. Et 20 évêques avaient répondu à la fraternelle invitation de l'évêque du lieu, Mgr Henri Brincard (plus qu'il y a 150 ans!).
Et tout au long de ces heures, de jour comme de nuit, nous avons regardé cette Notre Dame de France monumentale. Et pour nous aider à entrer dans cette présence de Marie dans cette ville, et dans nos vies, comme pour les JMJ, des catéchèses données dans les églises du Puy - et même dans la prison!-, ont permis aux Ponots (habitants du Puy) et aux chrétiens venus de partout d'entendre ces enseignements par les évêques. Pour ma part, dans l'église Saint Antoine, j'ai pu évoquer la tradition mariale et missionnaire lancée au 19ème siècle dans notre région. En effet, c'est là qu'est né le mouvement mariste - frères, pères et soeurs- qui a permis l'évangélisation de la lointaine Océanie.
Ce week end exceptionnel nous a permis aussi de multiples rencontres entre évêques, avec des prêtres, diacres et des religieux/ses (de congrégations anciennnes ou nouvelles!) et avec les nombreux laïcs. Ainsi, le premier soir ainsi que le vendredi, j'ai pu rencontrer des familles amies très investies dans l'organisation puisqu'appartenant à la Confrérie des Pénitents du Puy. Au delà de l'aspect matériel des processions, c'est un engagement spirituel de la part des membres de ces confréries.
Quel souvenir en pensant à la montée depuis la splendide cathédrale vers Notre Dame de France tôt dimanche matin. Pour cette montée en prière, les évêques présents méditent les mystères glorieux du Rosaire en proposant des intentions de prières. Et quelle joie aussi de retrouver des Valdoisiens ayant fait le voyage du Puy pour cette fête!
Puis, lors de la messe concélébrée, l'archevêque de Paris donne un enseignement fort en évoquant la foi de nos ancêtres et notre foi peut être "faible, vacillante ou incertaine" qui nous a conduits jusque là. Et cette foi peut transformer nos vies. Et, au terme de l'homélie, Mgr Vingt Trois a posé des questions liées à l'actualité "L'avenir de l'humanité ne se réduit ni au Mondial de foot, ni au Tour de France, ni à l'exposition complaisante des déchirements provoqués par l'argent et les séductions qu'il entraine". Et il a conlut: "Une société fraternelle et responsable est possible si chacun de nous est résolu à aimer davantage et à se donner tout entier par amour comme la Vierge Marie nous en a donné l'exemple." Nombre de personnes m'ont parlé de cette homélie nous appelant à nous convertir et à nous confier à Celle qui est dans la gloire de Dieu, comme nous le célébrons dans l'Assomption.
Amis lecteurs, vous qui avez participé à cette grande fête mariale au Puy cette année ou autrefois, vous qui ne connaissez pas cette ville mariale. N'hésitez pas. Allez un jour pour une visite en entrant dans la magnifique cathédrale restaurée ou en venant participer à l'Assomption, la grande fête de la foi au Puy. Vous serez émerveillé, comme je le suis chaque fois qu'il m'est donné d'être là pour le 15 Août! Heureux de pouvoir prier avec ces foules, je puis joindre ma voix à celle des pélerins s'adressant à Marie: Notre Dame de France, priez pour nous. Notre Dame du Puy, priez pour nous.

Le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris depuis février 2005, a répondu aux nombreuses questions d’un écrivain psychanalyste. Ces entretiens passionnants et riches révèlent la personnalité de ce serviteur de l’Eglise, né à Paris en 1942, ordonné prêtre en 1969, évêque depuis 1988.
Connaissant Mgr Vingt Trois depuis plus de 20 ans, je reconnais bien l’homme de Dieu, plein d’humour et serviteur de l’Eglise et des hommes dans les multiples missions reçues, depuis la paroisse Ste Jeanne de Chantal, comme jeune prêtre jusqu’à Tours et Paris comme archevêque.
Ayant la joie de le rencontrer fréquemment, notamment pour nos réunions d’évêques d’ile de France, je puis témoigner de son écoute attentive et de sa capacité de leader et d’animateur, notamment au sein de la Conférence des Evêques de France comme président depuis 2007.
Successeur du grand cardinal Lustiger dont il a été le collaborateur pendant de nombreuses années, comme vicaire, puis comme évêque auxiliaire de Paris, il dit son admiration pour cet ami , « esprit très flamboyant, pétillant et très prospectif ». Il reconnait qu’il a été « impressionné par sa foi, sa puissance intellectuelle et son endurance dans l’action ». Pendant toutes ses années, comme jeune prêtre et jeune évêque, il a été « témoin de sa réflexion, de ses réactions, de ses idées ».
Dans ce livre, il parle librement de sa famille, modeste, de sa maman – 98 ans, actuellement accueillie à « Ma Maison » de l’avenue de Breteuil chez les Petites Sœurs des Pauvres-,de sa formation au lycée Henri IV et au Séminaire Saint Sulpice. A la fois parisien et provincial, il explique son expérience d’Eglise à St Etienne du Mont et dans son église de campagne, comme servant d’aute et au sein de l’aumônerie de lycée.
Mgr Vingt-Trois rend hommage à deux prêtres qui l’ont beaucoup aidé dans son chemin spirituel de jeune chrétien, puis de séminariste : le Père Jacques Breton – prêtre actuellement à St Gervais dans le diocèse de Pontoise- et le Père Constant Bouchaud, son directeur spirituel devenu ensuite supérieur général de Saint Sulpice.
Il dit aussi le ministère d’évêque, de la prédication – il prêche avec beaucoup de facilité, sans notes, chaque dimanche soir à Notre Dame de Paris-, de ses liens avec Rome et…de la pauvreté du prêtre et de l’évêque (800 euros par mois !). Comme tout cardinal, il se rend souvent à Rome et parle librement du pape Benoit XVI , « cultivé, courtois, délicat ».
Enfin, et c’est le plus important, l’archevêque de Paris répond à toutes les questions sur la foi, Dieu, la Trinité, la vie, la mort, la prière, la morale, les relations avec les musulmans...et même la franc-maçonnerie et d’autres sujets. Des pages très riches montrant la nécessité d’un enracinement spirituel profond qu’il assure dans les retraites auxquelles il participe.
Je dois l’avouer. En lisant d’une traite les 244 pages de ce livre fort intéressant, j’ai à plusieurs ri de bon cœur à plusieurs reprises, comme cela nous arrive souvent lors de nos réunions d’évêques. Le bon mot, une phrase, un commentaire permettent de découvrir l’archevêque de Paris, homme de Dieu, Grand Serviteur de l’Eglise. '
Depuis plusieurs semaines, les dates d’un séjour à
Washington/Baltimore avaient été retenues avec le Père de Romanet, curé de la
paroisse Saint Louis de France dans la capitale des USA ainsi qu’avec le Père
Terrien, ancien supérieur général de Saint Sulpice, professeur au St Mary’s
Seminary de Baltimore. Tout était bien programmé pour un anniversaire, celui
des 50 ans de la paroisse francophone de Washington et pour un
« pèlerinage » dans le séminaire sulpicien de Baltimore, là où j’ai
étudié de 1971 à 1974.