A 250 kms au Nord d’Abidjan, une ville connue grâce à Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République de la Côte d’Ivoire né en 1905 et décédé en 1993 à Yamoussoukro.
C’est là que 150 évêques de 16 pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis pendant une semaine pour lancer la CERAO, Conférences Episcopale Régionale d’Afrique Occidentale. Comme membre de la Commission de l’Eglise de France pour la Mission Universelle, j’ai eu la joie de participer avec Mgr Garnier et Mgr de Dinechin, à cette rencontre. Joie de retrouver nombre de frères évêques de ces pays - notamment du Bénin, Togo, Burkina Faso, Sénégal…-. Joie de faire connaissance avec d’autres évêques anglophones - Nigéria, Ghana, Sierra Leone…- ou lusophones, tel cet évêque brésilien de Guinée Bissau.
Mgr Riocreux et le Père André Quenum, responsable de la communication pour l’Eglise au Bénin
Dans une ambiance fraternelle, joyeuse, studieuse et fervente, nous avons entendu des rapports sur chacun de ces pays en ayant ainsi des échos de la vie de ces jeunes Eglises, les défis auxquels ils sont confrontés, la paix et la réconciliation espérées. De même, nous avons pu échanger avec les évêques de Côte d’Ivoire, ce pays qui a vécu des temps difficiles, particulièrement entre la fin novembre 2010 et le 11 avril 2011 avec les milliers de morts. Notre présence épiscopale internationale a été fort appréciée par nos hôtes dans ce pays attachant. Chaque matin, dans la basilique Notre Dame de la Paix, nous avons demandé la paix en célébrant la messe chantée par des chorales locales.
Yamoussoukro, petit village dans les années 50 est devenue une grande ville de 50.000 habitants avec deux bâtiments qui émergent : la Fondation Houphouët-Boigny et la basilique, dont la coupole fait penser à celle de Saint Pierre de Rome. Voulue par le célèbre homme politique catholique, elle se dresse au milieu d’un immense espace de plus de 100 hectares et est comme un symbole chrétien posé au cœur de ce pays et de l’Afrique. Consacrée par Jean-Paul II en 1990, la basilique et l’esplanade ont permis à plusieurs reprises des grands rassemblements avec des centaines de milliers de personnes ainsi que des célébrations régulières dans ce sanctuaire animé par les pères Pallottins. A côté de la basilique, se dressera bientôt un hôpital ultra-moderne. Belle continuité entre les constructions au Moyen Age des cathédrales et des hôtels Dieu.
La basilique Notre-Dame-de-la-Paix
Dimanche 29 Janvier, la messe de clôture de notre colloque a rassemblé tous ces évêques africains ainsi que 10.000 pèlerins de la région ou venus de la capitale Abidjan. Comme il convient en Afrique pour une grande circonstance, cette messe a duré 3 heures et a été suivie de joyeuses rencontres. Pour ma part, en regardant la foule recueillie, j’étais vivement impressionné par les enfants et les jeunes symbolisant cette espérance, dont a parlé Benoit XVI lors de son récent voyage au Bénin : « Afrique, continent de l’espérance ».
Quelle espérance en effet en relisant l’histoire de l’évangélisation de ces pays, évoquée avec les évêques qui savent que l’évangélisation a souvent commencé avec des missionnaires venus de France ! Depuis, le christianisme s’est développé dans le continent d’une manière impressionnante par les conversions et le nombre de prêtres et de religieuses. Ainsi, en Côte d’Ivoire, le premier prêtre a été ordonné en 1934, le cardinal Agré ordonné en 1953 était le 13ème prêtre du pays et, le nombre de prêtres dans ce pays dépasse actuellement les 1000.
Parmi les beaux souvenirs que je rapporte de Yamoussoukro, il en est un émouvant avec la visite de la paroisse Saint Augustin. Le curé et son vicaire ainsi que 200 enfants nous accueillent magnifiquement avec des chants et danses, puis échange libre - à l’image de la belle rencontre du pape avec les enfants à Cotonou-. Jeu scénique tout simple et très fort avec quatre mots : foi, amour, espérance et paix. En cela, ils rejoignaient les thèmes des deux synodes consacrés à l’Afrique, et thème de ce colloque : « L’Eglise famille de Dieu en Afrique de l’Ouest au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix ».
Yamoussoukro ! Venu déjà en 2001 avec le cardinal Lustiger, j’ai été heureux de vivre ce temps spirituel et ecclésial dans l’espérance de la paix pour le pays et pour le continent.


