Blog de Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

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lundi 30 janvier 2012

Yamoussoukro

A 250 kms au Nord d’Abidjan, une ville connue grâce à Félix Houphouët-Boigny, premier président de la République de la Côte d’Ivoire né en 1905 et décédé en 1993 à Yamoussoukro.

C’est là que 150 évêques de 16 pays d’Afrique de l’Ouest se sont réunis pendant une semaine pour lancer la CERAO, Conférences Episcopale Régionale d’Afrique Occidentale. Comme membre de la Commission de l’Eglise de France pour la Mission Universelle, j’ai eu la joie de participer avec Mgr Garnier et Mgr de Dinechin, à cette rencontre. Joie de retrouver nombre de frères évêques de ces pays - notamment du Bénin, Togo, Burkina Faso, Sénégal…-. Joie de faire connaissance avec d’autres évêques anglophones - Nigéria, Ghana, Sierra Leone…- ou lusophones, tel cet évêque brésilien de Guinée Bissau.

yamoussoukro2 Mgr Riocreux et le Père André Quenum, responsable de la communication pour l’Eglise au Bénin

Dans une ambiance fraternelle, joyeuse, studieuse et fervente, nous avons entendu des rapports sur chacun de ces pays en ayant ainsi des échos de la vie de ces jeunes Eglises, les défis auxquels ils sont confrontés, la paix et la réconciliation espérées. De même, nous avons pu échanger avec les évêques de Côte d’Ivoire, ce pays qui a vécu des temps difficiles, particulièrement entre la fin novembre 2010 et le 11 avril 2011 avec les milliers de morts. Notre présence épiscopale internationale a été fort appréciée par nos hôtes dans ce pays attachant. Chaque matin, dans la basilique Notre Dame de la Paix, nous avons demandé la paix en célébrant la messe chantée par des chorales locales.

Yamoussoukro, petit village dans les années 50 est devenue une grande ville de 50.000 habitants avec deux bâtiments qui émergent : la Fondation Houphouët-Boigny et la basilique, dont la coupole fait penser à celle de Saint Pierre de Rome. Voulue par le célèbre homme politique catholique, elle se dresse au milieu d’un immense espace de plus de 100 hectares et est comme un symbole chrétien posé au cœur de ce pays et de l’Afrique. Consacrée par Jean-Paul II en 1990, la basilique et l’esplanade ont permis à plusieurs reprises des grands rassemblements avec des centaines de milliers de personnes ainsi que des célébrations régulières dans ce sanctuaire animé par les pères Pallottins. A côté de la basilique, se dressera bientôt un hôpital ultra-moderne. Belle continuité entre les constructions au Moyen Age des cathédrales et des hôtels Dieu.

yamoussoukro1 La basilique Notre-Dame-de-la-Paix

Dimanche 29 Janvier, la messe de clôture de notre colloque a rassemblé tous ces évêques africains ainsi que 10.000 pèlerins de la région ou venus de la capitale Abidjan. Comme il convient en Afrique pour une grande circonstance, cette messe a duré 3 heures et a été suivie de joyeuses rencontres. Pour ma part, en regardant la foule recueillie, j’étais vivement impressionné par les enfants et les jeunes symbolisant cette espérance, dont a parlé Benoit XVI lors de son récent voyage au Bénin : « Afrique, continent de l’espérance ».

Quelle espérance en effet en relisant l’histoire de l’évangélisation de ces pays, évoquée avec les évêques qui savent que l’évangélisation a souvent commencé avec des missionnaires venus de France ! Depuis, le christianisme s’est développé dans le continent d’une manière impressionnante par les conversions et le nombre de prêtres et de religieuses. Ainsi, en Côte d’Ivoire, le premier prêtre a été ordonné en 1934, le cardinal Agré ordonné en 1953 était le 13ème prêtre du pays et, le nombre de prêtres dans ce pays dépasse actuellement les 1000.

Parmi les beaux souvenirs que je rapporte de Yamoussoukro, il en est un émouvant avec la visite de la paroisse Saint Augustin. Le curé et son vicaire ainsi que 200 enfants nous accueillent magnifiquement avec des chants et danses, puis échange libre - à l’image de la belle rencontre du pape avec les enfants à Cotonou-. Jeu scénique tout simple et très fort avec quatre mots : foi, amour, espérance et paix. En cela, ils rejoignaient les thèmes des deux synodes consacrés à l’Afrique, et thème de ce colloque : « L’Eglise famille de Dieu en Afrique de l’Ouest au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix ».

Yamoussoukro ! Venu déjà en 2001 avec le cardinal Lustiger, j’ai été heureux de vivre ce temps spirituel et ecclésial dans l’espérance de la paix pour le pays et pour le continent.

dimanche 8 janvier 2012

Week end Océanien...en France!

En ce week end de l'Epiphanie, la Providence m'a donné trois belles rencontres "océaniennes" ici dans le Val d'Oise et à Lyon. En effet, notre diocèse a eu la joie d'accueillir pendant quatre jours un groupe de jeunes de Nlle Calédonie, "Pierres Vivantes". Cette chorale a été créée il y a 20 ans par Monique Legenne, très investie dans la vie de l'Eglise à Nouméa et amie de longue date. Ces 25 jeunes et leurs accompagnateurs - canaques pour la plupart- ont été accueillis d'abord à Massabielle, puis chez les paroissiens de Vauréal/Jouy le Moutier.

Dès leur arrivée, j'ai pu les rencontrer, célébrer la messe avec eux, les entendre chanter - notamment devant les doyens- et participer à une veillée vendredi. Hier, ces "Pierres Vivantes" ont émerveillé les paroissiens de l'Hautil non seulement par la qualité de leurs chants mais aussi par leur gentillesse et leur simplicité, les familles d'accueil étant heureuses de m'en donner le témoignage. Partis ce jour vers Montréal, ils continuent leur "tournée" au Québec où ils sont accueillis par la communauté Marie Jeunesse de Sherbrooke.

Hier, samedi, j'ai continué dans ces liens avec l'Océanie, cette fois ci à ND de Fourvière à Lyon, lieu de départ de nombreux missionnaires au 19ème siècle. Invité depuis longtemps à participer au 150ème anniversaire de la Congrégation des Religieuses de ND des Missions (RNDM), j'ai eu la joie de concélébrer la messe avec le cardinal Barbarin et une vingtaine de prêtres, dont le Père Craddock de Nlle Zélande. Euphrasie Barbier (1829-1893) a fondé cette congrégation à Noël 1861 à Lyon, aidée qu'elle fut par l'archevêque de l'époque, le cardinal de Bonald et les pères maristes. Les premières religieuses RNDM sont arrivées en 1864 à Napier, et leur fondatrice-supérieure générale, Euphrasie a effectué deux séjours en Nlle Zélande. En cet anniversaire, je me suis souvenu de la messe à Nelson avec la dernière religieuse française, Soeur Léone. Dans sa belle présentation, l'archevêque de Lyon a rappelé les deux voyages en Nlle Zélande que nous avons faits en 2006 et en 2008. Le cardinal Barbarin a aussi rendu hommage à cette femme extraordinaire qui, par sa haute intelligence, la vivacité de sa foi avait toutes les aptitudes pour la grande oeuvre à laquelle elle s'était consacrée, celle des missions. De fait, elle a fondé une congrégation toute dévouée aux missions d'Océanie puis d'Asie qui regroupe actuellement 1000 religieuses, dont de nombreuses jeunes en Inde, aux Philippines et bien sûr en Océanie. Joie pour moi de rencontrer les supérieures originaires de Nlle Zélande et de nombreux amis, dont des soeurs maristes et des soeurs smsm (soeurs missionnaires de la Société de Marie).

Enfin, en ce dimanche, dans la belle église de Jouy le Moutier, j'ai institué lecteur et acolyte en vue du diaconat permanent Edmond Teriifaatau, au nom bien tahitien. Né à Papeete en 1967, Edmond, ingénieur informaticien, a quitté la Polynésie en 1983 pour ses études et son travail. Avec Cécile, son épouse, rencontrée sur la route du pèlerinage de Chartres, ils sont parents de cinq enfants. L'éternel sourire et l'enthousiasme d'Edmond marquent sa famille et les paroissiens. En bon tahitien, il chante avec sa guitare. Lors de la magnifique messe d'Epiphanie, après avoir expliqué les textes et présenté la liturgie, j'ai pu aussi évoquer Tahiti et ces îles que j'ai visitées maintes fois - la première fois à Noël 1968 !-.

Ainsi, en plein hiver, ici en France, nous étions réchauffés par l'ambiance Océanienne.

Ayant quitté le Pacifique en octobre 1986, je suis toujours resté attaché à ces îles paradisiaques et accueillantes. Elles semblent loin...mais, dans le même temps, elles sont proches puisque l'Océanie était chez nous en ces jours!

vendredi 30 décembre 2011

En Hommage à Notre Maman, «Mamy de Brodillon»

Le mercredi 21 Décembre 2011, vers 17h00, Marie Riocreux, née Brunon, est décédée paisiblement dans sa maison à Brodillon, Marlhes (Loire). C’est là qu’elle était née le 9 Octobre 1914 de Paul et Marie Moine, deuxième enfant d’une grande famille, dont l’ainé était Mgr Jean Baptiste Brunon (1913-1997).

En retraite avec les évêques d’Ile de France à Blaru, j’ai immédiatement rejoint Pontoise et Marlhes le jeudi 22 afin de préparer avec mes frères et ma sœur les belles funérailles qui se sont déroulées le samedi 24 décembre dans «notre» église, suivies de l’inhumation au cimetière de ce village de 1400 habitants. Bouleversé avec mes frères et ma sœur, ainsi qu’avec toute notre grande famille, je viens ici témoigner de cette mamy d’exception, pour nous tous, enfants, petits-enfants et arrière petits enfants. Les multiples messages reçus, la présence de toutes les familles de Marlhes et l’assemblée nombreuse et fervente montrent aussi combien elle a marqué, par son rayonnement, tous ceux, innombrables, qu’elle a rencontrés durant sa longue vie.

Marié à Jean-Pierre en 1931, elle a toujours vécu à Brodillon, près de ses parents, et notamment de son père, atteint de la maladie de Parkinson, dont elle s’est admirablement occupée, à partir de 1950. Dès les années 30, Papa travaillait dans la scierie familiale avec la famille Brunon puis avec ses deux fils ainés.

Parmi les multiples souvenirs marquants pour la famille avec les mariages, baptêmes à Marlhes, je retiendrai aussi l’ordination sacerdotale en 1974, les noces d’or en décembre 1981, les funérailles de «Papy» en Octobre 1987 puis celles de «Tonton évêque» le 1er juillet 1997. Personnalité attachante, accueillante, «Mamy» nous a toujours impressionnés par sa grande foi, en particulier lors des deuils successifs de nos frères André et Gérard, de notre beau frère René et de notre belle sœur Josette. «Elle a donc rejoint ceux qu’elle aimait, et elle attend ceux qu’elle aime» pour reprendre l’expression de Bossuet.

Emu par les multiples témoignages de prières et de sympathie venus de notre région, comme de la région parisienne, d’Océanie et d’Afrique, je viens aussi vous remercier par cette lettre de la part que vous avez prise à notre deuil familial. Mon frère Paul, cadet de la famille, qui a toujours vécu à Brodillon s’est beaucoup occupé avec Ninette son épouse de «Mamy». Mercredi, de retour d’un enterrement, ils ont vu une fatigue liée à l’âge et à la réflexion de Maman : «Je vais mourir», mon frère Paul a répondu en plaisantant : «Tu ne vas pas nous faire cela à la veille de Noël». S’approchant pour la soulever, elle a simplement conclu «Je m’en vais». Phrase admirable résumant ce départ tout simple vers le Seigneur. En apprenant la triste nouvelle, je me suis souvenu de Saint François de Sales, grand évêque d’Annecy au début du 17ème siècle, racontant la mort de sa mère dans une lettre. Je vous cite volontiers cet écrit, car il exprime parfaitement ce que nous avons vécu et ce que j’ai moi-même ressenti pendant ce deuil :

«Vous voudriez savoir comment cette femme a fini ses jours ? Elle rendit l’âme à Notre Seigneur doucement, paisiblement, avec une contenance et une beauté plus grande peut être qu’elle n’avait jamais eue, demeurant une des plus belles mortes que j’ai jamais vues….j’eus le courage de lui donner la dernière bénédiction. Après quoi, le cœur m’enfla fort et je pleurai sur cette mère plus que je ne l’avais fait auparavant, mais sans amertume spirituelle, grâce à Dieu». (Lettre du 11 mars 1610)

En accueillant la famille, les voisins et les amis dans notre maison et en célébrant deux messes en présence du corps d’abord dans sa chambre jeudi, puis dans le salon vendredi, nous avons tous pensé à ce que fut cette maman de 7 enfants, grand-mère de 24, arrière grand-mère de 46 et arrière-arrière grand-mère de 9… la 10ème Elise, étant née le soir du 24 Décembre ! Femme admirable dont nous gardons «un souvenir attachant et lumineux», suivant un message reçu d’un ami prêtre, «maman extraordinaire qui a élevé ses enfants en les entourant d’affection», comme me l’ont écrit aussi des amis de notre région. Oui, elle a impressionné par sa bonté, sa simplicité, son sourire, son accueil et surtout sa foi indéfectible. De fait, «Elle faisait partie de celles qu’on a plaisir à voir et plus encore qui créent autour d’elles un oasis de paix et de bien être».

Le jour des funérailles, il y eut le rite de la lumière avec les quatre générations représentées : Paul le fils, Gilles, petit fils, Esther arrière petite fille et Clémence dans son berceau accompagnée par ses parents. Et nous avons pu entendre le beau témoignage d’un de ses petits fils, Patrick. Celui-ci a rappelé quelques souvenirs, en particulier ceux des messes de minuit où nous nous rendions à pied dans la neige. Il a conclu en disant à sa grand-mère : «nous t’aimons tant».

Trois évêques, le Père abbé de Champagne, dix prêtres et trois diacres concélébraient cette messe. La parole de mes frères dans l’épiscopat a aussi touché chacun de nous. L’évêque de Saint Etienne, Mgr Lebrun, a su par la délicatesse de ses propos faire mémoire des différentes rencontres qu’il a eues avec Maman, dont la dernière en octobre lors d’une messe à la maison de retraite de Jonzieux. Mgr Adoukonou, originaire du Bénin, secrétaire du Conseil Pontifical pour la Culture à Rome, dans un geste de profonde amitié, a tenu à faire le voyage jusqu’à Marlhes pour rendre hommage à cette maman. Il a aussi rappelé les solides liens qui nous unissent puisqu’un des premiers missionnaires en Afrique, le Père Louis Riocreux (1832-1859) était de notre famille et que le premier évêque de Lagos et de la Côte du Bénin, Mgr Jean Baptiste Chausse (1846-1894) était originaire de notre région. Ces présences soulignaient le caractère ecclésial de l’évènement. Mamy avait rassemblé ainsi ces 500 personnes venant de partout, elle qui avait accueilli tant et tant de personnes durant sa vie, notamment des personnalités d’Eglise tels les cardinaux Gerlier, Garrone, Gantin et Barbarin, mais aussi des petits et des humbles, tels ces gens du voyage comme je l’ai cité dans l’homélie.

La première lecture, extraite du livre des Proverbes, brossait le portrait de la femme vaillante qui plaît à Dieu, à son époux et à sa famille. «La beauté de cette femme réside dans sa foi et sa confiance dans le Seigneur». L’Evangile de Luc, avec le Cantique de Syméon, le «Nunc Dimittis», que l’Eglise place sur nos lèvres chaque soir avant le repos de la nuit a nourri notre méditation :

«Tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole».

Au soir de sa longue et belle vie, en fermant les yeux, c’est cette prière d’action de grâces et d’abandon confiant entre les mains du Père que nous laisse notre Maman, notre «Mamy de Brodillon» avec ses tout derniers mots :

« Je m’en vais…. ».

Marie Riocreux

dimanche 18 décembre 2011

Avant Noël

En ce 4ème dimanche de l'Avent, j'ai eu la joie de deux messes, une dans la basilique d'Argenteuil samedi et l'autre dans la chapelle Saint Paul des Raguenets à Saint Gratien.

Avant Noël...j'aurais pu écrire aussi Avent Noël!

A Argenteuil, les jeunes du groupe Adveniat faisait une mission d'évangélisation pendant deux jours. Prière, célébrations, rencontres. Ma présence signifiait le soutien à ces ado désireux de témoigner. Pendant deux heures, dans les rues de la première ville du Val d'Oise par la population (100.000 habitants), ces jeunes enthousiastes, revêtus de T-Shirt avec une croix annoncent la couleur. Ils disent en effet qu'ils sont chrétiens, croient en Jésus Christ et invitent à une veillée de prière. Ils ont découvert que dans cette ville, il y a de nombreux musulmans qu'ils saluent amicalement et avec qui, éventuellement, ils parlent. Cette mission s'achève en ce dimanche par la rencontre d'enfants et de personnes âgées. C'est simple, nouveau...mais aussi ancien, car les "missions" d'autrefois dans les paroisses de campagnes et de villes n'avaient d'autre but que de réveiller la foi. Joie pour moi de voir aussi les fruits de l'évangélisation se réalisant dans les paroisses par l'entrée en catéchuménat de six adultes au cours de la messe. Joie de voir ces jeunes témoigner, mais aussi se former à l'école de l'évangile, accompagnés qu'ils sont par un jeune prêtre, le Père Sébastien Thomas.

Ce dimanche, à Saint Paul des Raguenets, en plein quartier populaire, la chapelle s'est remplie progressivement. Messe familiale suivie d'un beau temps de méditation sur l'Evangile de l'Annonciation, grâce à la fameuse peinture de Fra Angelico. Une trentaine de personnes ont ainsi prolongé la messe à l'invitation du curé, le Père Michel Etienne. Celui ci invite à regarder le tableau en faisant découvrir l'Ange Gabriel et Marie dans la présence de Dieu. Il est vrai que ce tableau du milieu du 15ème siècle est extraordinaire et permet un riche échange. J'apporte ma contribution en expliquant qui était ce dominicain-peintre, le Couvent Saint Marc à Florence, et en les informant de la récente visite à l'évêché d'un Fra Angelico moderne, le Père Kim, coréen, lui aussi dominicain et peintre de rénommée mondiale.

Un large débat permet aux enfants et à leurs familles de s'exprimer librement. Une catéchèse pour tous, ainsi que le souhaite le texte d'orientation pour la catéchèse.

Je conclus en invitant à reprendre les Paroles de l'Evangile de Luc en chantant et en disant le "Je vous salue".

Une semaine ava (e)nt Noël, deux beaux moments avec des communautés heureuses d'écouter la Parole de Dieu et d'en découvrir toute la richesse.

jeudi 8 décembre 2011

Rikitea

Voilà un nom insolite typiquement polynésien. Et je vous emmène en voyage dans cette île, plus précisément dans la cathédrale Saint Michel récemment restaurée. Là bas, à 16.000 kms de chez nous, les communautés chrétiennes sont ferventes, chantantes et joyeuses.

Le 3 décembre dernier, des pèlerins de toute la Polynésie Française sont venus participer aux célébrations présidées par le nonce apostolique pour l’Océanie, Mgr Balvo. Joie du diocèse de Papeete de voir la première cathédrale du diocèse restaurée. En effet, après la première évangélisation à l’arrivée des missionnaires en 1834, toute l’île de Rikitea se convertit. Avec ces nouveaux chrétiens, les missionnaires de Picpus se lancent dans une construction impressionnante. Le 15 Août 1841, la cathédrale Saint Michel est consacrée. La construction a duré trois ans et demi. Avec des pierres de corail, ils ont édifié la maison de Dieu, œuvre de la foi d’un peuple, comme nos ancêtres en France au Moyen Age et au 19ème siècle.

A cette époque, les premiers missionnaires venaient de France, souvent de la région lyonnaise, tel Mgr Rouchouze, premier évêque de Polynésie ou Mgr Pompallier, fondateur de l’Eglise catholique en Nouvelle Zélande.

Ayant vécu pendant 15 ans en Océanie, j’ai pu sillonner l’Océan Pacifique, célébrer des messes dans ces îles paradisiaques. A chaque fois, j’étais émerveillé de cette joie de croire et de cette joie de vivre.

Je suis heureux de vous faire partager cette joie en vous invitant à un voyage de quelques minutes résumant la magnifique célébration de réouverture de la cathédrale Saint Michel de Rikitea.

''VOIR LA VIDEO''

mardi 22 novembre 2011

La fête fut magnifique!

Mercredi, avant de partir vers Cotonou, je présentais dans ce blog la visite du Saint Père au Bénin. Et je posais la question sur la "couverture médiatique" de l'évènement. Elle fut certes légère dans nos média français, mais honnête, contrairement à ce qui s'était passé en mars 2009 lors du premier voyage de Benoit XVI en Afrique. De fait, en raison du succès de la visite papale, les compte rendus étaient nécessairement objectifs pour relater l'accueil triomphal fait au pape, la qualité des nombreux discours de Benoit XVI et la ferveur de tout un pays.

Accueilli merveilleusement dans ce pays, comme toujours, mêlé à la foule des évêques africains, des nombreux prêtres et religieuses, j'ai vécu des journée inoubliables. Dès l'arrivée à l'aéroport "Cardinal Berrnardin Gantin", en traversant les rues de la ville, j'ai vu les rues propres et les nombreux panneaux souhaitant la bienvenue au pape avec cette phrase: "Afrique, lève toi".

Oui, toute l' Afrique s'est levé au moment de l'arrivée du successeur de Pierre et lors des différentes rencontres: à la cathédrale de Cotonou, dans la basilique de Ouidah, à la paroisse Ste Rita avec les enfants ou dans le Stade de l'Amitié pour la messe de dimanche avec 50.000 personnes.

Heureux de retrouver les frères évêques du Bénin - la plupart sont passés à l'évêché de Pontoise-, et d'être accompagnés par trois prêtres de notre diocèse, j'ai vécu de multiples temps forts, lors de trois moments avec le pape, en saluant les multiples amis venus de partout, de l'Afrique et de la France. Joie aussi de pouvoir échanger avec les membres de la suite papale - cardinaux, évêques, laïcs- puisque nous logions dans le même hôtel ainsi qu'avec la dizaine de journalistes français présents pour l'évènement. Joie de saluer le Président de la République, Mr Boni Yahi qui m'avait remis en août 2009 les insignes de Commandeur de l'Ordre National du Bénin. Joie de retrouver Mgr Blume, nonce apostolique, ainsi que Mgr Ehuzu, évêque de Porto Novo, responsable du comité d'organisation de la visite papale.

Pendant des mois, ils ont beaucoup travaillé pour que la fête soit belle. Et, grâce à une bonne organisation et l'enthousiasme de tout un pays, la fête fut magnifique. La bonne collaboration entre Eglise et gouvernement a permis un déroulement avec un timing parfait. Et les autorités de toutes obédiences et de toutes religions ont montré un bel exemple en participant massivement aux grands moments, notamment à la messe de dimanche, Président Bony Yahi en tête avec les prédécesseurs Kerekou et Soglo. Et c'est d'ailleurs la raison du choix du Bénin. Le pape l'a expliqué dans l'avion le conduisant à Cotonou en parlant de vraie démocratie et en donnant les vraies raisons de ce voyage: la proclamation de l'exhortation apostolique et l'hommage au cardinal Gantin.

Le pape a prononcé des paroles fortes, notamment dans son discours au Palais Présidentiel en résumant en un mot: "espérance". "Lorsque je dis que l'Afrique est le continent de l'espérance, je ne fais pas de la rhétorique facile, mais j'exprime tout simplement une conviction personnelle qui est également celle de l'Eglise." Et il a appelé "à ne pas s'arrêter à des préjugés et à des images qui donnent de la réalité africaine une vision négative issue d'une analyse chagrine."

Quelle espérance en voyant ces enfants et ces jeunes qui se présentent pour vous saluer ou se faire bénir. Vendredi, jour de l'accueil du pape, à la sortie de la cathédrale Notre Dame de Cotonou, des jeunes du Burkina et de Côte d'Ivoire étaient heureux de se présenter pour faire des photos. Un jeune tient à me parler. "Je suis du Niger, musulman, mais je voudrai devenir catholique". Sera-t-il baptisé un jour? Je ne sais, mais j'ai entendu cette demande comme une prophétie pour le continent. Le christianisme et l'Eglise sont bien vivants en Afrique.

Ultime image pour résumer trois jours de fête: celle de cet enfant souhaitant une chaleureuse bienvenue au pape dans l'église Ste Rita. Et la réponse du Saint Père qui a sorti son chapelet de sa poche pour dire l'importance de la prière.

Dimanche 16 H 30, au moment du départ du pape, la télévision nous montrait les ultimes salutations et l'avion s'envolant. A l'intérieur, le pape pouvait rendre grâce avec Marie et avec toute l'Eglise pour ce plein succès de son voyage au Bénin.

mercredi 16 novembre 2011

BENIN

Le Bénin, "un petit pays de grande taille". Cette formule présente bien l'ancien Dahomey qui accueillera avec enthousiasme le Saint Père Benoit XVI pendant 49 H 30 minutes. Pour la troisième fois, un successeur de Pierre foulera le sol béninois. Après Jean Paul II en 1982 et en 1993, Benoit XVI se fait une joie de venir dans le pays de son cher ami, le cardinal Gantin.

Le vendredi 18 Novembre, lorsque l'avion papal se posera sur la piste de l'aéroport "Cardinal Bernardin Gantin", le pape se souviendra de leur première rencontre lors de son ordination épiscopale à Munich en 1977 - Mgr Gantin est le seul évêque africain qui a participé à cette célébration-, de leur nomination de cardinal par le pape Paul VI et toutes ces années communes à Rome pendant plus de vingt ans. Samedi, à Ouidah, Benoit XVI se recueillera sur la tombe du cardinal Gantin dans la chapelle du séminaire où a été formé le plus célèbre béninois.

En venant au Bénin, le pape a en fait donné rendez vous à toute l'Afrique pour la publication de l'exhortation apostolique faisant suite au synode de 2009 pour l'Afrique. Ce texte est attendu par tous, pasteurs et fidèles. Plus de cent évêques des 54 pays du continent seront présents ainsi que cinq évêques français.

Pour ma part, je me souviendrai de mon premier voyage au Bénin en février 1993 pour la visite de Jean Paul II. Quel souvenir! Celui de 50.000 personnes chantant, dansant au moment de l'arrivée du pape dans le stade de l'amitié. Je me souviendrai aussi de tant de moments forts dans ce pays accueillant, notamment lors des funérailles nationales de Mgr de Souza, lors du Jubilé épiscopal des cinquante d'épiscopat du cardinal Gantin en février 2007 et lors de toutes les rencontres avec les prêtres des missions africaines de Lyon arrivés dans ce pays en 1861, il y a 150 ans ainsi que de tous ces liens tissés avec les évêques, les prêtres, religieuses et laïcs béninois.

Les média parleront ils convenablement de cette importante visite? Je l'espère. Petit clin d'oeil sympathique, celui d'un article honnête d'un célèbre quotidien du soir: "L'Afrique, grande espérance de l'Eglise" avec ce rappel d'une phrase du Saint Père: L'Afrique, immense poumon spirituel". Mais dans le même temps, l'inquiétude par cet appel reçu à l'instant me signalant une présentation malveillante du Saint Père dans une chaine de télévision d'informations en continu.

Dieu merci, la réalité sera là avec ces foules pour accueillir le Saint Père à Cotonou. Là, il y aura le recueillement, la ferveur, l'écoute de la parole du pape, en un mot l'enthousiasme de la présence de l'homme de Dieu.

Là bas, au Bénin, pendant 72 H, je vais écouter, regarder et je rendrai grâces pour ce travail missionnaire accompli. Et je penserai à ceux qui ont "semé dans les larmes", ces premiers missionnaires partis de notre région au 19ème siècle, le Père Louis Riocreux, mort en 1859 à l'âge de 27 ans et le premier évêque de Lagos/Porto Novo, Mgr Chausse mort en 1894. Et je me souviendrai avec émotion de cet immense personnage, grand et humble à la fois, le cardinal Bernardin Gantin, vénéré par tous.

vendredi 28 octobre 2011

ASSISE-TROCADERO

Assise, au centre de l'Italie, est une ville mondialement connue. Saint François, le poverello, l'apôtre de la paix y est né en 1182. Déjà, avant sa conversion, puis entouré de ses frères, il aimait à saluer en souhaitant la paix: "Pace et Bene". Homme de dialogue, il s'est même rendu en Egypte pour dialoguer avec le sultan. Quelle joie pour moi en pensant aux multiples pèlerinages à Assise, dont le dernier avec les diacres de notre diocèse.

Huit siècles plus tard, Assise est devenu le symbole de la paix et de la rencontre des religions. Il y eut le premier rassemblement d'Assise avec Jean Paul II en 1986, puis un second en 2002. Et nous avons vécu hier un troisième rassemblement à Assise avec Benoit XVI et les 300 dignitaires religieux du monde entier. Ce rassemblement fut fort, émouvant, recueilli. Le pape, de sa voix douce, a lancé un appel pour la paix: "Plus jamais la guerre! Plus jamais le terrorisme! Au nom de Dieu, que chaque religion apporte sur terre Justice et Paix, Pardon et Vie, Amour".

Au même moment, au Trocadéro à Paris, nous vivions, nous aussi, un rassemblement pour la paix avec les responsables des Eglises et des religions en France. La communauté San Egidio avait organisé cette rencontre, avec son expérience de rassemblements annuels chaque année, tel celui en septembre dernier à Munich.

Arrivé quelques instants avant la rencontre, j'ai pu saluer le nonce, l'évêque orthodoxe russe,le responsable de l'Eglise luthérienne, le grand rabbin Bernheim, le secrétaire du Conseil National du Culte Musulman ainsi qu'un dignitaire religieux japonais. Tous, nous étions heureux de nous retrouver avant de nous installer sur un podium préparé spécialement dans ce lieu hautement symbolique (le Père Joseph Wresinski avait fait graver dans le marbre l'appel pour les pauvres en 1987 et Jean Paul II, accompagné par dix jeunes avaient ouvert les JMJ en ce lieu en 1997). Joie de voir au milieu du millier de personnes des anciens de St Ferdinand et de nombreux Valdoisiens, prêtres, religieuses et laïcs.

Le cardinal Vingt Trois a de suite situé la rencontre en soulignant que "nous sommes venus manifester que nos religions peuvent être facteurs de paix." En écho, l'intervention du grand rabbin parle à partir du devoir d'hospitalité dans toutes les religions et de cette hospitalité entre religions: "le dialogue interreligieux est lui même un acte religieux". Difficile à comprendre pour certains. Mais pour d'autres, tels nous hommes d'Eglise, en communion avec le pape, et dans la lignée du Concile, nous savons bien la nécessité d'un tel dialogue.

Puis, nous vivons deux moments forts. D'abord, la remise du message de la paix à dix enfants. Puis le geste symbolique posé par les trente responsables religieux allumant un cierge. Puis, la foule, joyeuse, se disperse au son de l'Alleluia de Haendel.

De retour, chacun pouvait méditer sur les phrases entendues, telle celle du pasteur protestant Baty: "Au nom d'un Dieu qui parle, il faut se parler. Nous avons conscience que la paix ne se construit qu'ensemble." Un moment prophétique, dans le respect de nos différences et pour nous chrétiens, dans la certitude que Jésus nous donne la paix, nous laisse la paix (Jn 14,27), puisqu'il est notre paix (Eph 2, 14).

Après demain, à Ermont, nous prolongerons ces rencontres avec l'accueil des responsables d'Eglises et de religions. Je leur rappelerai cex deux moments de cette semaine, celui d'Assise et celui du Trocadéro.

lundi 24 octobre 2011

Messe TV avec les Travailleuses Missionnaires

En ce dimanche des « missions », le Jour du Seigneur (France 2) nous a emmenés dans le Doubs, en un lieu au nom évocateur à l’abbaye de « La Grâce-Dieu » à Chaux-les-Passavant. Dans ce haut lieu spirituel en pleine campagne, les Travailleuses Missionnaires ont installé leur maison de formation. Originaires des cinq continents, elles suivent différents cours et se forment spirituellement. Ce matin, elles nous ont donné le meilleur par le chant dont elles sont spécialistes !

Quelle joie de voir et d’entendre mon frère évêque, Mgr André Lacrampe, archevêque du diocèse de Besançon (diocèse où est né le fondateur des TM, le Père Roussel). Quelle joie de voir de superbes images de Franche Comté. Quelle joie de voir une belle procession de la Parole à l’Océanienne avec des TM de Wallis, Futuna et Vanuatu. Quelle joie de retrouver par l’image « La Grâce Dieu » où j’ai été accueilli une demi journée, le temps d’une messe, d’un échange et d’un repas. La Grâce-Dieu m’a rappelé un autre lieu, « Consolation », ancien petit séminire, dans une belle vallée, lieu où j’avais rassemblé famille et amis pour mes 50 ans en… 1996. Quelle joie aussi en pensant aux TM rencontrées dans de nombreux lieux, à Nouméa d’abord, puis à Rome, Manille, Ouagadougou, Lisieux, Lourdes et Marseille (un court reportage présente la communauté de Notre Dame de la Garde).

Il y a une quinzaine d’année, à deux reprises, en raison des liens m’unissant avec cette famille de 500 consacrées et avec leurs responsables, j’avais invité les TM dans la paroisse Saint-Ferdinand-des-Ternes à Paris pour l’accueil des reliques de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus et pour les JMJ de Paris. Les TM avaient impressionné les paroissiens et les familles par leur foi, leur jeunesse et leur vie communautaire. Amis qui lisez ce papier, si vous voulez en savoir plus, je vous invite simplement à « cliquer » sur www.lejourduseigneur.com

vendredi 14 octobre 2011

Prêtres

Souvent, les futurs confirmands posent des question à l'évêque sur la foi et la confirmation mais aussi sur sa vocation, son parcours et son emploi du temps. Heureux de témoigner, je leur explique qu'une part importante du travail d'un évêque concerne les prêtres. De fait, en cette semaine par exemple, deux rencontres: l'une à Troussures avec 8 jeunes prêtres de moins de cinq ans de ministère - dont 3 ordonnés en juin- et l'autre avec la centaine de prêtres du diocèse à Massabielle.

Les rencontres avec les prêtres comportent toujours un temps de prière, l'Eucharistie et des échanges fraternels. Il est bon en effet de vivre ce que Vatican II appelle "la fraternité sacramentelle".

De fait, nous sommes frères et amis, quelques soient l'âge,l'origine et la formation. Et, comme dans une famille, "les plus agés se doivent d'accueillir les plus jeunes, à les aider dans les premiers temps du ministère" (cf Presbyterorum ordinis 8).

Quelle joie d'entendre et de voir lundi les jeunes prêtres rappeler le souvenir de la rencontre de Benoit XVI avec les prêtres du monde entier à Rome en juin 2010 pour la clôture de l'année sacerdotale. Les réponses du pape à 5 prêtres des cinq continents sont lumineuses, comme nous avons pu le découvrir en étudiant ces réflexions du Saint Père.

Quelle joie de voir mercredi dernier le presbyterium de notre diocèse réuni pour la messe dans la chapelle de Massabielle. Et cette Eucharistie manifestait parfaitement "l'unité parfaite que le Christ a voulu établir entre les siens". Aussi, pour prolonger cette unité, dans la richesse des diversités, il était heureux que les prêtres réfléchissent sur l'apport de Vatican II il y a 50 ans et puissent échanger entre eux librement. Autre moment de joie fraternelle, celui du repas par table de 6, dans un heureux mélange de tous ces prêtres.

Quelle joie enfin en repensant à la belle ordination diaconale de Charles Roboam le 1er octobre dernier à Osny. Ce jour là, les visages du diacre, de sa maman et de ses nombreux amis rayonnaient de lumière à l'imager du soleil brillant de ce beau jour. Une semaine plus tard, devant 25 diacres, Charles disait qu'il avait été très touché par l'accueil de ses frères, tout en affirmant que le prêtre (Charles devrait être ordonné prêtre en 2012) doit garder l'esprit de diacre, de serviteur.

Le prêtre! Il est, comme le dit le Concile, "avec tous les chrétiens, un disciple du Seigneur". "Chrétien avec vous et prêtre pour vous", disait St Augustin.

Aux jeunes de la confirmation, j'explique aussi que l'évêque reste toujours au milieu de son peuple par les prêtres qui célèbrent dans leurs églises, puisqu'en priant pour l'évêque, les prêtres manifestent ainsi cette unité dans l'Eglise. De leur côté, les prêtres savent "qu'ils ne sont jamais seuls, puisqu'ils s'appuient sur la force de Dieu" (Presbyterorum Ordinis 22).

samedi 24 septembre 2011

Benoît XVI en Allemagne

Depuis jeudi, jour de l'arrivée de Benoît XVI à Berlin, je regarde - merci à KTO qui retransmet tous les grands moments en direct-, j'écoute et je lis. Bref, je suis heure par heure ce "passionnant voyage du pape" en Allemagne, comme j'ai pu le lire sur le blog de Jean Marie Guénois, journaliste au Figaro.

Par ailleurs, grâce à Zénith qui publie tous les textes papals et à une amie journaliste, Philippine de Saint Pierre, qui m'a envoyé des échos directs, on peut saisir la réalité de ce voyage. Elle est différente de celle que les média souhaitent nous "faire avaler". Des protestations? Comme à Madrid, elles sont réduites en comparaison des foules de fidèles participant aux messes à Berlin, Erfurt et demain à Fribourg. L'absence de députés au Bundestag jeudi après midi? Complétement marginale en face des 500 députés debout pour une standing ovation après le grand discours de Benoit XVI au Parlement de Berlin. Car il faut lire ce texte. Je vais l'envoyer à un sénateur et à un député du Val d'Oise qui viennent de me le demander.

Curieux monde que le nôtre. L'évènement "historique" de la visite officielle du pape allemand et son grand discours occultés par des mini-réactions insignifiantes. Dieu merci, les plus hautes autorités d'Allemagne - Président de la République, Madame Merkel et autres- ont donné un bel exemple. Après avoir accueilli chaleureusement le Saint Père au Bundestag et l'avoir écouté attentivement, ils se sont rendus à la prière en participant à la première messe de son voyage célébrée dans le stade olympique archicomble (80.000 fidèles).

Que dire enfin d'un journal populaire qui n'a pas mis une ligne sur le voyage du pape depuis trois jours, comme s'il n'y avait ni pape, ni Eglise, ni catholiques en France.

Assez pour dire ma stupéfaction, parlons maintenant de l'essentiel. La rencontre avec les juifs, puis les musulmans à Berlin. Les rencontres et la prière avec nos frères luthériens et protestants à Erfurt, ville où le catholicisme est très minoritaire. Là, Benoit XVI a salué la foi de Luther, moine habité par la question brûlante de la miséricorde divine et du salut. Là, le pape a invité tous les chrétiens à remettre Dieu au centre de leur vie pour lutter contre la propagation du mal dans le monde. Là, il a souhaité que les Eglises traditionnelles réfléchissent ensemble au sujet des nouvelles formes du christianisme qui se développent, peu dogmatiques et peu rationnelles. Là, le psaume a été lu dans la traduction de Luther, et le Saint Père a appelé à un témoignage commun des chrétiens pour rendre le Christ visible dans le monde.

En juillet dernier, j'ai sillonné la Bavière, de Munich à Ratisbonne. Toutes les personnes rencontrées me parlaient du prochain voyage de "notre pape", comme ils me disaient. Je suis heureux d'en témoigner en donnant ainsi un autre écho.

En novembre prochain - du 18 au 20 précisément- le pape visitera le Bénin, pays de son cher ami, le cardinal Gantin. J'aurai la joie d'y être. Les foules africaines seront au rendez vous, comme les foules de jeunes l'étaient à Madrid le mois dernier.

Nous avons un grand pape. Un grand intellectuel. Il l'a montré en 2008 aux Bernadins à Paris. Il l'a montré à Londres en septembre 2010. Et il vient de le montrer encore "chez" lui, en Allemagne.

samedi 10 septembre 2011

NY: 9-11

Par ce titre à l'américaine - New York, 11 septembre-, je souhaite m'associer au 10ème anniversaire des horribles attentats aux USA avec les milliers de morts et l'émotion planétaire à ce moment là.

En ce mardi 11 Septembre 2001, arrivé depuis quelques jours à Notre Dame de Paris comme nouveau recteur, je me souviens avoir appris l'évènement alors que je confessais les visiteurs (dont des américains) dans la cathédrale. Le soir même, nous envisageons de nous unir à ce terrible drame par une messe à Notre Dame le lendemain. Pour moi, ce fut un peu comme le baptême du feu dans ce haut lieu symbolique pour la France.

Le mercredi 12, lors de l'audience hebdomadaire, le pape Jean Paul II disait "sa douleur devant les attaques terroristes qui ont ensanglanté l'Amérique" en parlant "d'un jour noir dans l'histoire de l'humanité". De fait, aucun mot ne peut qualifier cette violence folle. Lors de la messe à Notre Dame de Paris, le cardinal Lustiger, lui, expliquait la différence entre le "martyr qui donne sa vie pour sauver des vies" et le "fou, le kamikaze qui se tue pour tuer".

Dans l'émotion de ces jours il y a dix ans, reportages, articles, célébrations marquaient la communion avec les victimes et leurs familles, en évoquant aussi la réaction admirable des New Yorkais, notamment des pompiers et des policiers. Oui, à distance, nous avons été touchés et impressionnés par cette réponse d'amour, de générosité et de solidarité qui ont suivi le Nine Eleven (11 Septembre).

Quelque temps plus tard, en ami de l'Amérique (j'ai eu la joie de 3 années à Baltimore et Washington de 1971 à 1974), j'ai mesuré l'impact de ce drame lors d'un séjour à New York. Lors du pèlerinage sur le lieu des Twins et dans un long échange avec un ami prêtre de Brooklyn, j'ai mieux compris combien les USA, pays de la liberté, avait reçu cette terrible blessure dans son histoire. Rappelons ici que l'Amérique a libéré la France lors de deux guerres mondiales et n'avait jamais été touchée par la guerre sur son sol depuis le 19ème siècle.

Le dimanche 20 Avril 2008, avant la messe au Yankee Stadium, le pape Benoit XVI priait au Ground Zero: "O Dieu d'amour, de compassion et de guérison, regarde nous gens de toutes religions et de traditions diverses, qui nous rassemblons sur ce site, théâtre d'une violence et d'une douleur incroyables. Submergés par l'ampleur de cette tragédie, console nous, fortifie nous dans l'espérance et donne nous la sagesse et le courage de travailler inlassablement pour un monde où règnent la paix et l'amour véritables entre les nations et dans le coeur de tous".

Que cette prière soit aussi la nôtre en ce 11 Septembre 2011.

samedi 3 septembre 2011

JMJ de MADRID (bis)

Depuis deux semaines, chaque jour, j'ai pu évoquer les récentes JMJ et entendre de multiples témoignages de jeunes JMJistes marqués par cet évènement qu'ils viennent de vivre en Espagne. Par ailleurs, ayant lu les commentaires dans les média - timides devant ce rassemblement de grande ampleur-, je souhaite à nouveau témoigner au nom de ces jeunes.

Et il est facile de citer ces jeunes eux mêmes, tel Jean Christophe de Pontoise disant qu'il "revient les batteries gonflées à bloc et avec une grande envie de partager son expérience", ou encore Dominique de Sarcelles: "les JMJ, c'est une expérience extraordinaire avec un échange de cultures incroyable" en disant qu'il a "fait le plein d'énergie". (La Parisien 26 Août 2011).

Par ailleurs, pour comprendre ce qui s'est passé dans le coeur de ces jeunes venus de tous les coins du monde, il suffit de regarder les photos mises sur notre site pour y découvrir le visage rayonnant des jeunes et des prêtres qui les ont accompagnés depuis Notre Dame de Pontoise jusqu'à Madrid en passant par Notre Dame de Fatima au Portugal. Impressionnant album d'images à voir absolument: www.catholique95.com

En réfléchissant à ces journées inoubliables, je retiendrai plusieurs aspects. D'abord, l'accueil en terre espagnole avec la riche tradition chrétienne découverte pendant ces journées en diocèses. L'Espagne a donné tant de figures de saints missionnaires partis au loin, comme Dominique , François Xavier ou Thérèse d'Avila qui a vécu son voyage intérieur sur le chemin de la perfection.

Ensuite, les catéchèses par les évêques suivies par ces centaines de milliers de jeunes dans des églises ou d'immenses halls. Joie pour les évêques touchés par l'attention de ces jeunes et la pertinence de leurs questions. Cet enseignement peut maintenant se prolonger par la lecture de Youcat, ce catéchisme moderne de l'Eglise catholique mis dans chaque sac du pèlerin. Joie pour le Saint Père dont l'enseignement était attentivement écouté, et est maintenant lu par ces jeunes au retour dans leur pays.

Ensuite encore, il y eut la qualité des liturgies avec ces jeunes animant les Eucharisties quotidiennes, lors du magnifique chemin de croix dans les rues de Madrid. Quelle ferveur lors de ce temps fort spirituel austère avec la musique par l'orchestre des JMJ! Et quelle grâce donnée en abondance par les milliers de prêtres dans les liturgies du pardon.

Enfin, il y eut Quatro Vientos, ce lieu du rassemblement final pour la veillée et la messe solennelle. Tous, nous avons été marqués par ce silence impressionnant de dix minutes lors de l'adoration du Saint Sacrement. Un vrai silence. Bien sûr, sur l'immense podium où nous étions avec Benoit XVI, mais aussi à un kilométre de là dans cette immense cathédrale d'un dimanche.

Les jeunes qui ont participé n'oublieront pas. Nous en aurons la preuve le prochain week end lors du pèlerinage de Notre Dame de Pontoise. Et nous tous qui les avons accompagnés non plus.

Le pape a invité ces jeunes "à donner un témoignage audacieux de la vie chrétienne pour être le ferment de nouveaux chrétiens". Appel reçu par ces jeunes à transmettre la joie de leur foi, à Madrid bien sûr qui se souviendra (comme Paris en 1997) et dans le monde entier. Oui, ce fut une vraie Pentecôte. Comme les Apôtres et Marie à la première Pentecôte, ils reviennent dans la joie d'avoir été témoin du don de l'Esprit, de la vitalité et de la jeunesse de l'Eglise.

lundi 22 août 2011

JMJ DE MADRID

De retour dans la nuit par avion bondé de jeunes des JMJ (USA, Canada, Québec, Brésil), tout rempli de joie comme les apôtres au lendemain de Pentecôte, quelques lignes exprimant émerveillement et action de grâces pour ces JMJ de Madrid!

"Venus en grand nombre et de tous les horizons", comme le disait le Saint Père hier au début de son homélie de l'impressionnante messe à Cuatro Cientos, nous nous sommes rencontrés, nous évêques, tous comme les jeunes. Grâce à l'Eglise par ces JMJ, des jeunes de tous pays, de toutes langues et cultures se rencontrent dans la foi et l'amitié. Que d'amitiées nées au moment des JMJ - je puis en témoigner par les liens tissés à ce moment là et qui se prolongent-Que d'échanges brefs ou profonds, notamment lors du célébration du Pardon. Quelle foi fortifée par cette longue retraite de 10 jours, d'abord dans les diocèses, puis lors des catéchèses.

Dans son homélie, Benoit XVI lançait une invitation à ce million et demi de jeunes de 193 Pays pour "renforcer cette foi transmise par les Apôtres", en soulignant "qu'on ne peut suivre Jésus en solitaire" et en rappelant aussi "qu'on ne peut séparer le Christ de l'Eglise, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (1 Co 12,12)".

L'Eglise, nous l'avons vu vivre, chanter, jubiler. L'Eglise jeune et vivante a écouté la Parole de Dieu sous le soleil ou sous la pluie samedi soir. L'Eglise, nous l'avons vu dans le silence impressionnant lors de l'adoration du Saint Sacrement. Une telle expérience marque les jeunes pour leur vie.

En repensant à ces JMJ 2011 en Espagne et à Madrid, je ravive les souvenirs de la première messe en Espagne dans la belle cathédrale de Coria, de Carceres avec l'accueil fraternel de Mgr Francisco Chaves, des pèlerinages marials à Fatima au Portugal et à Notre Dame de Guadalupe et de cette semaine inoubliable à Madrid. Que de temps de prières, notamment avec les messes quotidiennes en différents lieux: à Cibeles pour la messe d'ouverture, dans les centres d'expositions lors des catéchèses, dans la chapelle des petites soeurs des pauvres de Madrid qui nous accueillaient...

Que de rencontres! D'abord avec les espagnols fiers des JMJ dans leur pays, et désolés de l'importance démesuré donnée par les média aux manifestants anti-pape. Rencontres avec les nombreux évêques français, enthousiastes avec leurs jeunes (ils étaient 50000 dont les 600 du Val d'Oise). Rencontres avec des évêques du monde entier. Samedi soir, j'étais près d'évêques vietnamien, australien, espagnol, italien. Hier, lors de la messe, j'ai retrouvé avec joie un ami prêtre maronite libanais actuellement en Jordanie et ai concélébré à côté d'évêques philippin, irakien et japonais.

Avec ces JMJ de Madrid sont revenus les souvenirs des précédentes, et notamment des JMJ de Compostelle en 89. A Madrid, une jeune de 18 ans, Marie que j'ai baptisée, est venu me saluer avec joie: ses parents participaient aux JMJ il y a 23 ans! Nous avons devant nous la deuxième génération des jeunes JMJ.

Au terme, je rends grâces pour tous les fruits spirituels de ces JMJ. Les jeunes se souviendront toute leur vie de cette expérience spirituelle forte. Si les JMJ n'existaient pas, il faudrait les inventer! Elles sont un signe prophétique pour l'Eglise et le monde: rassemblement de foi, de joie, de paix, Jérusalem Céleste réalisée dans un moment unique. En avant maintenant vers les JMJ de Rio de Janeiro en 2013!

mardi 26 juillet 2011

Dachau

Suite au compte rendu sur le récent séjour en Bavière, voici donc quelques lignes supplémentaires sur la journée de jeudi 21 Juillet à Dachau. Cette ville sise à 15 kms au nord de Munich, est devenue le symbole de souffrances et d'horreurs avec le fameux camp.

Créé dès 1933, ce camp de concentration pouvait contenir 5000 hommes au début puis près de 20000 en 1945, a constitué comme une expérimentation pour les nombreux autres camps voulus par Hitler, notamment celui d'Auschwitz que j'avais visité avec des jeunes français il y a 20 ans. Dachau est devenu connu grâce à des prisonniers français comme Edmond Michelet (qui fut ensuite ministre dans le gouvernement du Général de Gaulle) ou ce jeune diacre allemand, Karl Leisner ordonné secrètement prêtre dans le camp en 1944 par un évêque français, Mgr Piguet.

Pour une telle visite, un temps long est nécessaire afin de parcourir l'espace immense, regarder le musée, voir le film saisissant par les images d"époque au moment de la libération... en un mot méditer.

Au moment de la visite, en arrivant dans le camp, de nombreux cars déversent des groupes de jeunes lycéens venant découvrir cette partie sombre de l'histoire de l'Allemagne.

A côté du camp, le carmel, créé en 1964, à l'initiative d'un évêque auxiliaire de Munich, qui fut lui même prisonnier, Johannes Neuhäuser sous le matricule 26680. A la fin de la terrible guerre, cet évêque a fait connaitre l'horreur du camp et la nécessité d'une réparation et d'une prière par la présence des carmélites. Avec l'aide d'une carmélite, soeur Marie Thérèse de l'Amour Crucifié, ce carmel a été fondé, en signe d'une prière permanente au coeur de ce camp de Dachau. Moment émouvant: chaque jour à 15 H, retentit une cloche rappelant les dizaines de milliers de morts et invitant à la prière.

C'est à cette heure là que nous avons célébré l'Eucharistie. Quelle émotion en célébrant la messe dans la chapelle du carmel et en rencontrant quelques unes des 18 carmélites de différentes nationalités. Avec elles, nous évoquons "nos" carmels de Pontoise et Domont. Au cours de cette célébration, je fais mémoire intérieurement d'un prêtre de notre diocèse, le Père Roger Pannier, décédé il y a deux ans, et qui avait témoigné souvent des mois passés à Dachau.

Parmi les multiples témoignages de prières données dans ce carmel, voici celui d'un pèlerinage de jeunes allemands en 1960: "Seigneur Jésus, vous avez été vous même prisonnier. Nous crions vers vous. Que votre sang répare tous les actes horribles du régime hitlérien. Que notre marche soit acceptée comme signe d'expiation. Que les souffrances des torturés et des assassinés soient unis à votre Passion et à votre Mort!"

Après une demi-journée de visite, saisis aux entrailles, nous emportons ce double souvenir: celui de ces horreurs du camp et celui du visage rayonnant des carmélites de Dachau. Mystère de mort, de résurrection et de vie.

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lundi 25 juillet 2011

Bavière

Le temps d'été est un temps favorable pour le repos et les découvertes. La semaine dernière, en Bavière, le repos s'est conjugué avec la visite de plusieurs lieux connus. Et j'égrène les noms de villes et villages: Munich, Dachau,Marktl/Inn,Altöting, Traustein, Ratisbonne, Saulgrab, Garmisch, Oberammergau.... La Bavière, riche terre agricole et de tradition catholique, est une région superbe. Deux jours dans les montagnes - avec une longue marche à Wendelstein- et les multiples visites et rencontres ont permis de vivre une belle semaine en recevant partout un accueil chaleureux, "à la bavaroise". La Bavière! Chacun sait que le pape y est né en 1927 dans une petite ville proche de l'Autriche, Marktl. Quelle joie de célébrer la messe le dimanche 17 juillet dans l'église du baptême de Joseph Ratzinger et de visiter le magnifique musée dans sa maison natale! Quelle joie de poursuivre ce "pèlerinage sur les pas de Benoit XVI" à Traustein, lieu de sa première formation au petit séminaire local et dans l'église où il a célébré sa première messe en 1951, il y a 60 ans. Quelle joie de visiter la fameuse université de Ratisbonne où le professeur Ratzinger a enseigné de 1969 à 1977. Quelle joie de me recueillir dans les deux cathédrales importantes, celle de Freising, lieu de son ordination sacerdotale et celle de Munich, lieu de son ordination épiscopale en mai 1977. Enfin, grande aussi a été ma joie d'entendre les allemands me parler avec fierté de "leur pape", "notre pape"! Discret et humble, Benoit XVI l'a été tout au long de sa vie de prêtre et d'évêque. Un livre dans lequel il rappelle des souvenirs de sa vie, notamment de celle terrible de la guerre l'a fait connaitre ("Ma vie, souvenirs, Fayard 1998). Propulsé sur le devant de l'actualité depuis avril 2005, il a accepté d'en dire davantage grâce à une interview fort intéressante publiée dans le livre récent "Lumière du Monde" (Bayard, Décembre 2010). J'ai relu ce livre avec intérêt là bas en Bavière et je vous en recommande la lecture. Venu à deux reprises en Allemagne en 2006 pour les JMJ de Cologne et l'année suivante pour une longue visite dans "sa" Bavière, Benoit XVI sera pour la troisième fois en Allemagne en septembre prochain, à Berlin, Erfurt et Freibourg im Bresgau. Personnellement, connaissant un peu mieux l'Allemagne et son Eglise, j'écouterai et lirai avec intérêt les compte rendus de ce voyage pastoral. Cette visite de la Bavière devait aussi comporter l'étape de Dachau, nom tristement célèbre. Là bas, avec une famille franco-allemande, nous avons fait une longue visite du camp créé par Hitler en 1933 et où sont mort des dizaines de milliers d'innocents. Quelle émotion en célébrant la messe au carmel de Dachau! Je vous en reparlerai.

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mardi 12 juillet 2011

Ecole de prière

L'expression "école de prière" peut paraitre austère. Or, il n'en est rien, si j'en juge par ce que nous avons vécu la semaine dernière à Massabielle à St Prix avec 40 enfants et 18 adultes.

Déjà, l'an dernier, une équipe de notre diocèse avait participé à l'école de prière organisée par le diocèse de Nanterre. Forts et heureux de cette expérience, nous avons décidé de lancer notre propre école de prière.

De quoi s'agit-il? D'une semaine, à l'écart, comme Jésus nous y invite dans l'Evangile. Pour la prière bien sûr chaque matin dans la louange, et plusieurs jours par l'Eucharistie, dont celle que j'ai eu la joie de présider. Mais il s'agit aussi de grand jeu dans le vaste parc de notre centre spirituel diocésain, de repas précédés et conclus par la prière. Une école certes, mais spéciale puisqu'elle se déroule pendant le temps de vacances.

Ayant participé pendant 24h à cette école de prière, j'ai vu et entendu. J'ai vu la joie des enfants et de leurs animateurs, j'ai vu le recueillement pendant la prière matinale et l'Eucharistie. J'ai entendu aussi les enfants exprimer librement leur louange. Et enfin, j'ai entendu les multiples témoignages des responsables, émerveillés par le temps du pardon et par la gentillesse des enfants.

Une école de prière. Oui, mais aussi une école d'Evangile. Cette école de prière a été ouverte pour la première fois dans notre diocèse. Elle se renouvellera en 2012. Et les enfants seront encore plus nombreux.

Ecole de prière pour les enfants. Frat pour les adolescents. Chartres pour les étudiants et les jeunes. JMJ pour les jeunes de partout. Que de belles propositions faites à tous pour "grandir dans la foi"!

jeudi 30 juin 2011

Tressaillez de joie!

Le cantique est connu: "Tressaillez de joie, car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux". En ces jours, nous tressaillons de joie avec les prêtres ordonnés dans les diocèses, et notamment dans le nôtre dimanche dernier.

Quelle joie débordante en notre cathédrale pour Ange, Parfait, Edouard, Nicolas. Habitués que nous sommes aur ordinations à Pontoise, nous savions que celle-ci serait particulière par le nombre - 4 pour la première fois dans le diocèse créé en 1966- et par les origines, deux valdoisiens et deux béninois. Mais, tous les quatre montraient une belle fraternité entre eux et savent qu'ils ont promis respect à l'évêque de Pontoise et à ses successeurs en "s'incardinant" dans le diocèse. Le visages de ces nouveaux prêtres ruisselaient de joie du début au terme, particulièrement lorsqu'ils furent revétus de la chasuble et donnaient le baiser de paix aux nombreux prêtres présents.

Mais cette joie de dimanche fut aussi dans de nombreuses cathédrales, telle celle de Notre Dame de Paris ou Saint Louis de Versailles pour des célébrations similaires, par les échos multiples qui me sont parvenus. Egalement, à Toulon pour les 15 nouveaux prêtres ordonnés par Mgr Rey en présence de Mgr Pinheiro, évêque brésilien en service dans notre diocèse depuis un an.

La joie des ordinations s'est prolongée par celle des premières messes en divers lieux du diocèse: églises paroissiales, carmels, maisons de retraite. Ainsi, cette joie est celle de tous, jeunes et moins jeunes, conscients de la grâce faite à tous par ces prêtres.

A cette joie, s'ajoute celle des prêtres Jubilaires, tel le Père Dupré Latour, 96 ans, célébrant les 70 ans de son ordination. Ou celle de Benoit XVI rappelant le souvenir de son ordination à Munich le 29 Juin 1951. Dans son homélie, il a médité la phrase de l'Evangile de Jean "Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis", c'est une affirmation qui procure une grande joie, a t il ajouté."

Tressaillez de joie. Hier, pour une messe d'enterrement d'un prêtre, nous avons chanté ce cantique choisi par le défunt, lePère Hervbé Le Quellec ordonné en Corréze en 1983 par Mgr Brunon, mon oncle. Décédé subitement à 63 ans dans sa paroisse de La Garenne Colombes, il était unanimement aimé et estimé, comme l'a souligné le maire de la commune.

Tressaillez de joie...pour des ordinations, cela va de soi. Mais même pour une messe de funérailles, puisque nous savons, dans la foi, que nous sommes appelés à la Paix, à la Lumière et à la Vie. Et les prêtres sont là, au nom de Jésus, pour donner la Vie en abondance.

mardi 21 juin 2011

FMPV

FMPV, un sigle connu par les responsables de l'Eglise en Ile de France. Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville, voilà le titre suite à l'intuition du cardinal Lustiger en 1991, il y a 20 ans. Le 16 Octobre prochain, aux Bernardins et à Notre Dame de Paris, les évêques, les prêtres en FMPV et tout le peuple de Dieu célébreront ce 20ème anniversaire. J'aurai bien sûr la joie d'y être.

Hier, à Massabielle, dans le Val d'Oise, les 42 prêtres engagés en FMPV étaient réunis autour du cardinal Vingt Trois pour une journée de prière, de réflexion et de fraternité. Comme évêque du lieu, j'ai accueilli ces prêtres, dont ceux oeuvrant dans les paroisses de Cergy et Eaubonne.

L'idée de départ du cardinal Lustiger était simple. Prenons trois prêtres, d'âges différents et invitons les à vivre la fraternité sacerdotale dans une paroisse parisienne ou de banlieue. La première FMPV fut ouverte à Franconville, puis à Pontoise. Parmi ses membres, le Père Renaud de Dinechin, devenu depuis évêque auxiliaire de Paris. Connaissant bien cette réalité, il anime aujourd'hui ces rencontres et il est toujours heureux de revenir dans le val d'Oise.

Les membres des 13 FMPV (5 à Paris et 8 dans les diocèses d'Ile de France) ont donc deux rendez vous annuels importants. La rencontre d'hier a permis de voir et d'entendre les prêtres - souvent jeunes- dire leur projet missionnaire dans des quartiers populaires de Paris ou au Val d'Europe près de Marnes la Vallée, lieu en pleine expansion.

Au début des FMPV, il s'agissait essentiellement de prêtres parisiens allant en équipe en banlieue. Les statistiques montrent une évolution. Sur les 42 membres, 8 sont de différents diocèses, et, pour la première fois, deux africains, sont engagés dans ce projet missionnaire. Parmi eux, Ange du Bénin, ordonné dimanche dans la cathédrale de Pontoise,qui sera membre de la FMPV de Cergy.

Lundi avec la FMPV. Dimanche prochain l'ordination de 4 prêtres pour le diocèse de Pontoise. Autant d'occasion pour une action de grâces à Dieu qui suscite par l'Esprit Saint initiatives et vocations.

lundi 13 juin 2011

FRAT 2011

De retour à l'instant de Jambville, petit village près de Pontoise, je suis heureux de venir témoigner de l'extraordinaire week end de Pentecôte que nous venons de vivre avec 10.000 collégiens et 1000 animateurs à l'occasion du Frat.

Ceux qui ne sont pas familiers avec ce rassemblement apprendront que le Fraternel est né en 1908 avec l'iniative d'un prêtre parisien ayant conduit des jeunes à Lourdes pour le cinquantenaire des apparitions. Depuis, ce pélerinage s'est déroulé à Lourdes bien sûr pour les lycéens mais aussi à Jambville pour les collégiens des 4ème et 3ème. Depuis 32 ans en effet, ce Frat de Jambville se déroule dans une immmense propriété des scouts de France (54 hectares) parfaitement adaptée pour le camping en forêt et, au milieu d'un pré, le chapiteau où se déroulent plusieurs célébrations: celle de l'accueil le samedi, la messe de Pentecôte le dimanche et la célébration d'envoi le lundi.

Ayant eu le privilége et l'honneur "d'accompagner" comme évêque l'équipe responsable, j'ai donc vécu sur place pendant ces trois jours et trois nuits. Et ce qui frappe d'emblée,c'est le bonheur de ces jeunes chantant, dansant, levant les mains...et écoutant la Parole de Dieu et les enseignements donnés par les évêques, les prêtres, les animateurs. Quelle écoute et quel silence impressionnant à certains moments, comme hier lors de l'Eucharistie présidée par l'archevêque de Paris,concélébrée par plusieurs évêques et des dizaines de prêtres - jeunes!-.

Pour avoir participé régulièrement aux précédents Frats et pour lire régulièrement le témoignage des jeunes dans les lettres de confirmation, je mesurais l'importance de ce rassemblement. Mais, cette année, en vivant le Frat de l'intérieur, j'ai pu découvrir la complexité de l'organisation, le professionnalisme de tous, particulièrement du groupe de Pop-louange, Glorious et la qualité des moyens mis en oeuvre. Que de mobilisation nécessite le Frat! Et c'est possible grâce à cette générosité de jeunes et d'adultes permettant un rassemblement de très grande qualité. Depuis les transports en train et en bus jusqu'aux repas chauds, imaginez l'organisation. L'intendance suit, mais il faut la préparer!

Aussi, durant de multiples réunions préparatoires au siège du Frat, à la paroisse St Roch à Paris et lors d'échanges avec les prêtres et laïcs chargés du Frat, j'ai mesuré toute l'énergie déployée pour donner un résultat de très grande qualité. Et cette année, par grâce, nous avons eu un excellent Frat. Les évêques et beaucoup l'ont noté. J'ai été heureux de le constater personnellement et d'entendre les appréciations unanimes pour l'ambiance et l'organisation.

Chaque année, un thème à partir d'une phrase de l'Evangile permet de déployer une véritable catéchèse. "Qu'as tu à donner?" Cette question adressée aux jeunes s'inscrivait dans la lecture de l'Evangile de la multiplication des pains dans l'Evangile de Jean au chapitre 6. A plusieurs reprises, l'Evangile fut lu et commenté. Et la question adressée à ces adolescents venait de l'Evangile mentionnant la présence d'un garçon ayant apporté cinq pains et deux poissons. Durant tout le week end, les jeunes ont entendu des témoins de tous âges et de toutes origines ayant mis leur talent à la disposition des autres. Et ils sont repartis avec cette question: "Oui, qu'est ce que j'ai à donner?" et avec cette phrase de Jésus cité par Paul: "Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir" (Act 20, 35).

Parmi les multiples temps forts et les nombreuses rencontres, je retiendrai la veillée de la réconciliation avec les milliers de confessions auprès de centaines de prêtres venus pour la soirée. La grâce du pardon, mais aussi les multiples souffrances exprimées très simplement par ces jeunes. Je citerai aussi la rencontre avec les handicapés - une dizaine- venus dans le cadre du Handifrat, ainsi que de multiples échanges avec des personnes rencontrées brièvement connues à Paris... ou en Océanie. Je mentionnerai enfin l'homélie forte du cardinal Vingt Trois expliquant la présence de l'Esprit Saint hier et aujourd'hui avec un appel fort aux vocations.

En définitive, je retiendrai cette joie profonde de tous ces jeunes: cela s'appelle l'enthousiasme, la joie en Dieu!

Ces adolescents de 14, 15 et 16 ans sont de retour dans leurs familles. Demain ils retrouveront leurs copains dans les collèges. Nul doute qu'ils diront comme des jeunes: "C'était très fort"! Fort pour ces jeunes bien sûr mais pour nous tous, émus de voir que l'Eglise est jeune, grâce à eux.

Merci à tous pour ce superbe Frat 2011. J'en rends grâce à Dieu dans ma prière.

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