Blog de Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 17 janvier 2010

Haïti

Durant deux semaines, très occupé par une visite pastorale dans le doyenné de Luzarches et par de multiples rencontres et célébrations (dont celle, lundi, des funérailles de Philippe Séguin, rencontré à plusieurs reprises), je n'ai pu tenir le blog comme je le souhaite.

Mais l'urgence et le thème s'imposent. En effet, depuis mercredi, comme beaucoup, je me tiens informé sur le terrible séisme à Haïti, et dès le premier jour, en réponse à l'invitation du Saint Père, nous nous sommes unis dans la prière et la générosité.

Ici dans le Val d'Oise, ce devoir est d'autant plus grand par la présence de nombreuses familles (plus de 5000 Haïtiens recensés dans notre département sur les 30.000 en France).Par ailleurs, lors des confirmations, souvent, il m'est donné de confirmer des jeunes originaires d'Haïti. Enfin, un diacre permanent de notre diocèse, Claude Saint Amour, est originaire de cette île et réside à Cergy avec sa famille. Il était bien légitime dans ce contexte que nous organisions une messe dans la cathédrale de Pontoise et que j'invite à une grande générosité.

En effet, quel drame et quelle horreur en voyant les images, en entendant les témoignages et en pensant à ces Haïtiens de France n'ayant pas de nouvelles de leur famille et de leurs amis. "La plus grande catastrophe récente" a reconnu ce jour le Secrétaire Général de l'ONU en arrivant à Port au Prince aujourd'hui.

Mais, dans le même temps, quelle foi et quelle ferveur, ainsi que nous l'avons entendu ce soir dans les reportages à la TV.

Hier, donc, une centaine de fidèles originaires des îles de la Caraïbe - les Antillais sont proches des Haïtiens- ainsi que des personnes venues de plusieurs paroisses, ont exprimé leur compassion par leur présence. Signe de Haïti dans notre cathédrale Saint Maclou: le drapeau de ce pays avec une représentation du pays en bois: "Haïti chérie". Emotion en commençant la célébration avec la présence de Claude, retenant ses larmes. Ferveur en entendant les intentions en langue créole, et en évoquant les religieux décédés, notamment Mgr Miot, archevêque de Port en Prince.

Par ailleurs, tout au long de ce week end, lors des nombreuses messes à Saint Witz, Vémars, Survilliers et au carmel de Pontoise, j'ai été impressionné par l'immense générosité de nos chrétiens à la fin des célébrations. "Une goutte d'eau", disait Mère Térésa en parlant de son action, "mais une goutte d'eau nécessaire", ajoutait elle. Un curé du diocèse m'a envoyé un message pour me donner le montant important de la quête spéciale pour Haïti.

Prière et Générosité. Voilà ce qui est possible et ces prières montant de partout, ainsi que cet argent des gouvernements, des agences et des habitants de notre planète sont le signe de notre présence auprès des populations vivant un véritable cauchemar.

"Ségné vin sové nou!", "Seigneur viens nous sauver". En écho à ce cri de détresse, l'invitation du Saint Père mercredi dernier et renouvelé ce matin: ""Je vous invite à vous unir à ma prière pour les victimes de cette catastrophe et ceux qui les pleurent" ainsi que son appel "pour une grande générosité afin que ces frères et soeurs dans le besoin et la souffrance reçoivent notre soutien".

lundi 4 janvier 2010

POLONIA semper fidelis

Le titre en latin évoque bien sûr la Pologne, cette "Pologne toujours fidèle" que je viens de visiter pendant une semaine. En effet, à l'occasion du rassemblement européen de Taizé qui s'est déroulé la semaine dernière à Poznan, j'ai pu retrouver ce pays que j'ai visité maintes fois depuis 1987. Joie pour moi de répondre aux invitations de mon grand ami, le Père Stanislas Lada, curé de paroisse dans la banlieue de Gdansk ainsi qu'à celle de Mgr Hoser, nouvel évêque de Varsovie-Praha.

Le lendemain de Noël, après quelques heures d'avion, me voici dans cette ville symbole de Gdansk, où j'ai eu la grâce de venir pour les deux messes historiques avec Jean Paul II en 1987 et en 1999. Accueilli à l'aéroport par le Père Lada, je retrouve aussi l'archevêque émérite, Mgr Goclowski. Il nous reçoit généreusement et nous rappelons les souvenirs, notamment celui de son pélerinage à Lourdes avec les handicapés de son diocèse il y a deux ans. Accueil chaleureux à l'évêché, tout comme dans deux familles honorées de notre présence. Dans l'une d'elle, nous sommes même gratifiés d'un concert avec toute la famille, parents et enfants. Peuple fervent, la Pologne est aussi un peuple de musiciens, dont le plus célèbre Chopin, inhumé à Paris.

Le dimanche, j'assiste à une succession de messes dans la belle église de Pruscz, avec des enfants, des familles en cette fête de la Sainte Famille. Moment émouvant lorsque les couples se donnant la main renouvellent leur engagement de mariage.

Puis, nous voici en route vers Varsovie. La neige persistante ne prive pas le Père Stanislas de notre bonheur d'être ensemble pour échanger et prier. Il répond aux multiples questions concernant le pays (38 millions d'habitants) et l'Eglise ( la pratique religieuse est de 40%, voire 65% dans le diocèse de Tarnow). Impressionné par les vocations - près de 6000 séminaristes-, je le suis aussi par le changement économique.

Et le lendemain, lors d''une visite du diocèse de Mgr Henryk Hoser, nous voyons les constructions multiples et découvrons 10 chantiers des nouvelles églises nécessaires pour le culte. Superbes constructions préparées et financées par les paroissiens nouvellement installés dans ces quartiers de la banlieue de Varsovie. Les rencontres avec les prêtres, des jeunes et des religieuses nous montrent que cette Pologne est vraiment semper fidelis. Je puis en témoigner lors de deux interviews dans les deux radios catholiques à Varsovie et à Poznan.

Avant d'arriver dans cette ville historique de Poznan- c'est là que l'Eglise catholique a commencé en 966- nous nous arrêtons à Niepokalanow, le couvent fondé par le franciscain Maximilien Kolbe dans les années 30. Celui ci mourra à Auscwitz le 14 août 1941en ayant pris la place d'un père de famille. Il a été canonisé à Rome par Jean Paul II en 1982. Nous célébrons la messe, partageons un repas avec les franciscains (ils sont 130 actuellement... et ils étaient 700 au moment de Maximilien Kolbe), visitons le Musée, prions dans plusieurs chapelles. Emotion intense comme lorsque j'avais découvert la cellule où il était mort de faim et de soif dans le camp de la mort. L'histoire dit que, lorsqu'il vivait son agonie, il regardait avec amour ses bourreaux nazis.

Poznan. But du voyage. A nouveau, l'accueil à l'archevêché par Mgr Gadecki est chaleureux. Avant la prière avec les 30.000 jeunes présents - dont 1500 de France-, diner officiel permettant de bons échanges avec les cardinaux Glemp et Dziwicz, avec les évêques polonais, mais aussi belge, italien, hollandais et surtout avec le cher frère Aloïs, successeur du frère Roger comme prieur de Taizé, ainsi que le frère Marek, né à Poznan et frère à Taizé depuis 20 ans.

C'est là, à Poznan, que nous terminons l'année en prière dans la cathédrale. Le moment spirituel est suivi d'une grande fête avec les jeunes français du Val d'Oise et les Polonais qui nous accueillent.

Ce séjour pour ce rassemblement nous aura permis de témoigner aussi de notre Eglise de France, puisque celle ci était bien représentée par ces jeunes accompagnés de nombreux prêtres (plusieurs de notre diocèse!) et trois évêques, ceux de Bourges, Autun et...Pontoise.

Le pasteur de l'Eglise catholique en Val d'Oise est heureux de témoigner de cette Polonia semper fidelis qui se prépare aux béatifications en cette année 2010 du Père Popieluszko, assassiné en 1984 et du plus grand polonais de l'histoire, le pape Jean Paul II.

vendredi 25 décembre 2009

NOËL 2009

Voici ce Noël 2009 qui s'achève. Il aura été marqué par l'émotion de la chute de Benoît XVI dans St Pierre de Rome au début de la messe de la nuit. Dieu merci, le pape n'a pas été affecté et il célébré la messe et donné la bénédiction Urbi et Orbi de ce jour comme si rien ne s'était passé. Par contre, en ce soir, je rejoins par la pensée et la prière le cher cardinal Etchegaray entrainé par la chute du pape et hospitalisé pour sa fracture du col du fémur. En effet, le prélat basque, 87 ans, vice doyen du collége des cardinaux, en résidence à Rome depuis 1984, est un ami de longue date. J'ai eu la joie de l'accueillir à Nouméa en 1977, de le rencontrer à Marseille, ville dont il a été évêque ainsi qu'à Rome et en France, y compris à Pontoise où il était venu déjeuner l'an dernier. Prions et espérons pour lui.

Pour rendre compte de ce Noël, il m'est bon de dresser un journal de ces heures montrant ainsi un Noël épiscopal en France.

Jeudi 24 Décembre 11 H. Joie de célébrer l'ultime messe avant Noël au carmel de Domont. Les carmélites en sont heureuses et moi avec, car les consacrées nous aident dans notre apostolat par le témoignage de leur prière, en particulier pour les prêtres. Nous échangeons sur les nouvelles du diocèse, de l'Eglise et sur la vie de leur carmel accueillant à tous.

Jeudi 21 H. La soirée commence. Pour soutenir l'heureuse initiative du dîner de Noël, je participe au repas paroissial dans les locaux de St Pierre des Louvrais à Pontoise. Une quarantaine de personnes, invités et paroissiens, donnent le signe du partage de Noël. Parmi les participants, une jeune "voulant aider des pauvres", venue au dernier moment en allant à la messe à Notre Dame de Pontoise. A notre table, nous parlons de l'Eglise ici dans le Val d'Oise et partout dans le monde.

Jeudi 22 H 30. La veillée commence à la cathédrale Saint Maclou. La chorale paroissiale interpréte des chants traditionnels de Noël, entrecoupés par des morceaux d'orgue et la lecture du célèbre Sermon de St Léon le Grand. La messe s'enchaine joyeuse et priante. De nombreuses familles avec enfants remplissent la cathédrale pour cette messe concélébrée avec les prêtres - jeunes!- de Pontoise. Ceux ci me disent qu'il y a eu beaucoup de monde dans toutes les églises.

25 Décembre Minuit 30. Avant le Réveillon au presbytère, nous regardons la TV pour quelques images de la messe papale. Le pape termine son homélie. Un séminariste nous annonce que le pape a été bousculé et que le cardinal Roger Etchegaray a été hospitalité. Stupeur en apprenant cette nouvelle.

Ce jour 8 H. Après la prière du matin dans ma chapelle, j'écoute la radio. Les flashes et les reportages sont très bienveillants pour l'Eglise et donnent des explications "sur ce qui s'est passé à St Pierre de Rome hier à 22 H".

9 H. Avec un membre de l'équipe d'aumônerie de la prison, nous partons vers Osny pour la messe à la maison d'arrêt. C'est une tradition que celle de la "messe en prison" avec l'évêque. C'est un petit cadeau pour les 40 prisonniers participant à cette célébration de Noël. Et c'est une grâce pour l'évêque et les membres de l'équipe d'aumônerie d'être là et de prier avec eux. Nous prenons notre temps. A la fin de l'Eucharistie, l'aumônier, le Père Frigaux me demande d'évoquer l'Eglise en Afrique (il y a plusieurs africains) et le rapprochement entre catholiques et orthodoxes (il y a plusieurs prisonniers originaires de Serbie, Roumanie et Moldavie). Il est impressionnant de célébrer chaque année en un tel lieu. Lorsque les portes sont refermées, nous ne pensons plus au lieu où nous nous trouvons, car nous sommes tout simplement des frères en Jésus Christ.

12 H. A la télévision, la Bénédiction Urbi et Orbi par Benoît XVI. J'écoute le message et scrute attentivement en constatant que le pape a oublié sa chute. Souhaits de Noël en 54 langues, dont le Maori et le Samoan pour l'Océanie. Le Saint Père sourit à plusieurs reprises.

13 H. Déjeuner de 10 couverts avec quatre jeunes russes étudiant au séminaire orthodoxe ouvert récemment et quatre prêtres venant de loin, notamment d'Afrique. Je découvre une fois de plus la richesse de la présence de ces prêtres venant d'ailleurs et suis heureux d'accueillir ces séminaristes russes qui prient le "Je vous salue Marie" à quatre voix. Superbe.

16 H. Au carmel de Pontoise, parloir avec les 10 carmélites. Elles sont heureuses de cette rencontre leur permettant de vivre au diapason de l'Eglise locale et de l'Eglise universelle. J'évoque, comme la veille au carmel de Domont, la prochaine ordination diaconale du 3 Janvier en rappelant les deux nouveaux prêtres ordonnés en 2009. Je leur parle également de la Pologne où je serai prochainement pour le rassemblement européen de Taizé.

Au retour, lors de la prière du soir, c'est un immense Magnificat pour ce Noël 2009, unissant ma prière d'action de grâces à celle des centaines de millions de chrétiens qui ont célébré la Nativité du Seigneur.

Joyeux Noël à vous tous, amis connus et inconnus!

samedi 19 décembre 2009

BETHLEEM

Mgr Riocreux est Joseph dans la crèche vivante de Vauréal... Bethléem, tout le monde connait, tout au moins le monde chrétien. De fait, grâce au récit de la Nativité selon l'Evangile de Luc que nous entendrons la nuit de Noël, des centaines de millions de fidèles entendront la mention de ce lieu, "en Judée, à la ville de David qui s'appelle Bethléem" (Lc 2,4). Ce lieu est mentionné souvent dans l'Ancien Testament (44 fois) et dans les Evangiles (8 fois)!

Quelle joie pour moi d'avoir pu entendre l'évocation de Bethléem à deux reprises. Dimanche, à la paroisse St Thomas de Sarcelles pour les Chaldéens. Et ce soir, à l'église Ste Claire de Vauréal, pour une magnifique crèche vivante et l'office de Vêpres.

En effet, Sarcelles a été dimanche le lieu de rendez vous des scouts et guides du Val d'Oise pour l'accueil de la "Lumière de Bethléem" venue depuis la ville de la naissance du Christ, arrivée en avion jusqu'à Vienne en Autriche , puis transportée en train par des jeunes jusqu'à Paris. Là, dans cette toute nouvelle église St Thomas, nous avons vécu une belle célébration avec des centaines d'enfants chaldéens qui ont chanté dans leur langue, la langue même du Christ et des centaines d'enfants et jeunes membres des différents scoutismes. Belle occasion pour moi de méditer sur le Prologue de Jean, avec cette mention: "Le Verbe était la Lumière véritable" (Jn 1,9) en expliquant que Jésus a dit: "Je suis la Lumière du monde" (Jn 8,12) et aussi "Vous êtes la lumière du monde" (Mt 5, 14).

Et, ce soir, à Vauréal - une des villes à la population très jeune-, nous avons représenté la Nativité par une très belle crèche vivante avec enfants et adultes en costume de Marie, de Joseph et des bergers. Accueilli par le chant "Happy Day" avec un groupe gospel, j'ai revêtu les habits de Joseph pendant un quart d'heure, Marie étant une jeune Héloïse de 13 ans de Neuville sur Oise. Entouré de moutons et d'un âne, et même d'une chèvre, j'ai été touché de ce tableau rappelant la première crèche du Greccio par François d'Assise et une peinture à la Giotto. Quatre enfants représentaient les bergers en se prosternant devant l'enfant Jésus... une poupée. Quelle belle catéchèse possible grâce à l'investissement de toute la paroisse!

Pour cette troisième édition de la crèche vivante à Vauréal, à l'initiative du dynamique curé, le Père Amaury Cariot, c'est une réussite. Cette crèche permet en effet de donner le témoignage de la foi sur la place du village - qui s'appellera bientôt "place abbé Pierre" et dans les rues de cette ville. Beaucoup viennent. Chrétiens bien sûr, mais aussi musulmans ou non chrétiens. La municipalité de la Ville de Vauréal soutient la proposition - de fait c'est un évènement dans la Ville- et souhaite même qu'elle soit renouvelée chaque année avant Noël.

Bethléem à Sarcelles et à Vauréal! De quoi combler le pasteur de ce diocèse de Pontoise! Chantons déjà avec les anges: "Gloria in excelsis Deo"!

jeudi 17 décembre 2009

Retraite (bis)

Le mois dernier, avec les prêtres du diocèse, nous étions en retraite à St Benoît sur Loire. De larges échos avaient été donnés de ce temps spirituel, y compris dans ce blog.

Venant de terminer quatre jours de retraite à Blaru (Yvelines) avec 14 évêques d'Ile de France, je suis heureux d'en témoigner, émerveillé de ces journées de prières, de méditation et d'échanges.

C'est en effet une tradition dans notre province ecclésiastique de Paris. Tous les deux ans, en décembre, nous nous retrouvons pour un temps de recueillement et de participation aux offices des Bénédictines de Montmartre qui nous accueillent. Pour moi, c'est donc la quatrième fois, dans le souvenir de la retraite de 2003 animée par le cardinal Lustiger.

Cette année, nous avons été "guidés" par Mgr Olivier de Berranger, évêque-émérite de Saint Denis. Celui ci était heureux de nous retrouver et de nous introduire dans la Parole de Dieu avec le Père Chevrier, fondateur du Prado. En effet, le Père de Berranger, lui même prêtre du Prado, a été formé à l'école de ce prêtre lyonnais du 19ème siècle, qui a vécu une véritable conversion à Noël 1856 et qui a été proclamé Bienheureux par Jean Paul II lors de la béatification historique d'octobre 1986.

Pour nous évêques, ce fut une belle découverte d'entendre des textes du Père Chevrier sur l'Incarnation du Verbe, "le grand acte de Dieu" "et tout converge vers ce centre unique qui est le Verbe incarné". Et l'auteur du "Véritable disciple", l'oeuvre maîtresse du fondateur du Prado poursuit: "Le Père a décrété l'incarnation par compassion pour les hommes, ses créatures".

De même, dans le souvenir des JMJ de Sydney, notre prédicateur nous a fait relire la très belle méditation de Benoît XVI lors de la veillée de Randwick le 19 Juillet 2008 sur le Saint Esprit, comme lien d'unité au sein de la Trinité.

Puis, lors d'un bel échange fraternel en cet après midi, chaque évêque s'est exprimé sur le thème "Comment vivons nous le Mystère de la Trinité dans notre vie d'évêque?" Chacun a fait part de sa réflexion comme pasteur avec le ministère de communion ainsi que les confirmations et ordinations qui sont constituant de notre vie épiscopale.

Par ailleurs, le temps nous a aidés dans notre prière. D'abord par le soleil et le ciel bleu lundi et mardi, les deux premiers jours - malgré le froid -permettant des marches dans cette campagne de Blaru, près de Vernon. Puis par la neige de ce jour - handicap pour les voitures- mais occasion d'action de grâces avec la poésie biblique: "O vous, gel, froduire, neiges et glaces, bénissez le Seigneur" 'Daniel 3, 67-69).

Au terme, dans la joie de ces journées fraternelles, nous nous sommes souhaités un Joyeux Noël et une Bonne et Sainte Année.

Faire retraite, c'est essentiel pour les évêques, les prêtres et les religieux (ses), mais c'est possible aussi pour tout chrétien. Et faire retraite ensemble, comme nous venons de le vivre, dans le silence, y compris pour le diner, c'est encore mieux.

Une certitude. Au cours de cette retraite, j'ai prié pour tous, et notamment pour tous ceux qui envoient des voeux en abondance ( des dizaines de cartes chaque jour!) auxquels je réponds en les assurant de ma prière.

jeudi 10 décembre 2009

Immaculée Conception

Le 8 Décembre, toute l'Eglise célèbre la fête de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ici, à Notre Dame de Pontoise, 150 fidèles ont participé à la messe. Pour ma part, j'avais la joie de concélébrer - pour la première fois!- dans la cathédrale Saint Charles de Saint Etienne, à l'invitation de Mgr Lebrun. Auparavant, avec un groupe de 20 pèlerins Valdoisiens, nous étions à Lyon pour la fête des Lumières. En effet, depuis 1852, dans tout le diocèse de Lyon, les chrétiens mettent sur leurs fenêtres des lumignons en l'honneur de la Vierge Marie. Et, au fil des années, cette fête a pris une ampleur particulière, tant dans la ville que dans les différentes églises lyonnaises. Pour ces quatre jours de décembre, une grande évangélisation a été lancée sur l'impulsion du cardinal Barbarin avec "les missionnaires du 8". Ces apôtres, jeunes pour la plupart, sont dans les églises pour prier et accueillir. Et le 8 au soir, ils se rendent avec leur archevêque de la cathédrale Saint Jean à la basilique Notre Dame de Fourvière. Impressionnante procession aux flambeaux avec ces milliers de fidèles!

Lyon, ville mariale et de tradition chrétienne ancienne, donne ainsi un bel exemple de foi et de ferveur. Hier, dans la presse locale, les titres étaient évocateurs: "Lyon a dit merci à Marie et à la fête des lumières". "Une fervente montée vers Fourvière". De même, les commentaires des partgicipants étaient éloquents. Oui, à Lyon, la fête de l'Immaculée Conception a été dignement célébrée par ces nombreuses messes et ces foules de pélerins donnant le témoignage de leur foi.

Au même moment, comme le souligne d'une façon humoristique un commentateur de la Croix, une chaîne nationale de TV peu informée a donné le nom du Saint du Jour: "Immac"...Saint Immac priez pour nous, écrit il!

Oui, d'un côté, une ferveur et une immense inscription lumineuse sur la colline de Fourvière: "Marie, Merci!" ainsi que de nombreuses affiches dans toute la ville de Lyon. De l'autre, l'ignorance de cette fête mariale du 8 Décembre.

Telle est bien notre France d'aujourd'hui. Riche de son passé chrétien et de son Eglise actuelle avec ces milliers de pèlerins à Lyon, St Etienne, Paris et Pontoise. Et pauvre par l'ignorance religieuse de nombreux contemporains

En 1858, 4 ans après le dogme marial de 1854, Marie se révéla à Lourdes à une petite fille de 14 ans, Bernadette, illettrée, mais pleine de foi: "Je suis l'Immaculée Conception".

Aujourd'hui, Marie est saluée partout avec ces simples mots: Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, pécheurs maintenant et à l'heure de notre mort.

vendredi 4 décembre 2009

Enseignement Catholique

Dans notre diocèse, 19.000 enfants et jeunes sont scolarisés dans les 40 établissements catholiques répartis dans le Val d'Oise. Récemment, à plusieurs reprises, les évêques de France ont manifesté soutien et intérêt à cet enseignement catholique. En ces jours où nous célébrons le 50ème anniversaire de la loi Debré, permettant d'aider les écoles sous contrat, tout en maintenant le caractère propre de l'enseignement catholique, je suis heureux de donner un double témoignage.

Le premier est lié à un séminaire rassemblant à Toulouse les chefs d'établissement du Val d'Oise. Pourquoi un séminaire aussi loin? Les entreprises ont compris l'importance de telles rencontres à l'écart. Le lieu et les structures d'accueil de l'école Saint Stanislas dans la Ville Rose ont permis à ces 40 participants de vivre trois journées studieuses et amicales. Je m'y suis associé pour une demi journée, et notamment par une messe dans la belle église du Jésus. Célébration priante avec deux prêtres, l'un de notre diocèse, chargé du suivi de l'enseignement catholique et l'autre, jésuite animant le séminaire. La priére permet de se rassembler pour l'essentiel dans le Christ tout en soutenant ainsi dans leur mission ces directeurs et directrices d'écoles. Un repas convivial donne l'occasion d'échanges riches avec ces enseignants. Je sais que ma présence, même rapide, a été appréciée. Et, pour ma part, j'ai été heureux de ces 24 H à Toulouse, permettant aussi la rencontre de l'archevêque...et du préfet, un ami lié au Val d'Oise!

Le second est l'écho de la visite pastorale de ce jour dans l'école Ste Geneviève d'Argenteuil. Dès septembre, le directeur avait évoqué une demi journée dans l'établissement de 500 élèves - 220 en primaire et 280 en collége-. Joie d'être accueilli chaleureusement par les responsables, mais aussi par les jeunes eux mêmes. Deux rencontres avec une centaine de collégiens ainsi qu'un groupe d'élèves du primaire me montrent que la rencontre avait été bien préparée. Petit mot délicieux d'Aymeric, élève de 4ème retraçant d'une manière journalistique et avec intelligence l'itinéraire de l'évêque de Pontoise! Dix questions fort pertinentes permettant d'évoquer la vie de l'Eglise, les prêtres et la vie d'un évêque. A la fin de la rencontre, Yann m'offre un beau cadeau préparé avec tout son coeur: une belle croix. De même, les enfants des CM 1 et CM 2 sont touchants par leurs questions et réactions. La rencontre se conclut dans l'église Ste Geneviève archi comble par une messe bien préparée et animée par les enfants et les jeunes. Quatre enfants de 10 à 13 ans font une première étape vers le baptême.

L'enseignement catholique vit à Argenteuil et dans le Val d'Oise grâce à ces chrétiens qui reçoivent mission de l'animer. Désormais, il n'y a plus de religieuses, des prêtres ou des frères comme autrefois. Mais il y a une belle continuité avec le passé et un défi pour nous tous, afin que des enseignants chrétiens animent et accueillent tous ceux qui se présentent. Prions dans l'action de grâces pour le passé et le présent et en oeuvrant pour le futur de l'enseignement catholique en France.

mercredi 25 novembre 2009

Retraite spirituelle

Chaque année, les prêtres sont invités à faire une retraite. Le droit canonique le prescrit (canon 276). Chaque prêtre peut choisir le moment eet le lieu les plus appropriés. L'évêque se doit bien sûr de proposer à ses prêtres une semaine de retraite avec un prédicateur, généralement un évêque, un prêtre ou un religieux.

En cette année 2009, le lieu choisi pour la deuxième fois était celui de la magnifique abbaye St Benoit sur Loire et le prédicateur était l'abbé de ce monastère, le Père Etienne Ricau. 32 prêtres avaient répondu à l'invitation, de tous âges - de 30 à 87 ans- et de toutes oriogines- séculiers et religieux, africains et polonais-. Dès le dimanche au soir, nous sommes entrés dans le silence, le recueillement. Vrai silence, y compris pendant les repas, dont le déjeuner dans le réfectoire des moines. Ceux ci ont été édifiés par notre participation à la retraite et nous, prêtres avons été édifiés par la prédication biblique du Père abbé et par cette présence incessante à Dieu des moines dans leur prière sept fois par jour. Dans ces prières, celle de l'Eucharistie est la plus importante: messe quotidienne à midi avec une belle concélébration de 50 prêtres, dans cette église historique, une des plus belles de France. Quelques laïcs participent à ces impressionnantes célébrations.

Pour ma part, outre la grâce de"se mettre à l'écart" comme nous y invite Jésus, le bonheur de rencontrer de nombreux prêtres présentant leurs soucis de pasteur et leurs joies apostoliques ainsi que le silence avec des marches dans ce monastère au bord de la Loire.

Autre joie, celle d'une rencontre dans le bureau du Père Abbé avec les moines "valdoisiens": les jeunes frères Matthieu et Pierre Marie, de Viarmes et d'Eaubonne. Devant eux ainsi que le Père Abbé et nos deux jeunes prêtres Samuel et David, j'évoque la vie du diocèse en cette année sacerdotale en parlant des abbés Corriger et Oudaille, prêtres exemplaires à Luzarches et Chaumontel.

Le Père abbé, soucieux de nourrir spirituellement ses moines m'invite à prendre la parole dans la salle du chapitre. Je leur parle du récent synode pour l'Afrique, de la canonisation de Jeanne Jugan et de la récente assemblée des évêques à Lourdes. Je suis heureux de pouvoir témoigner de la vie de notre Eglise.

Prochaine retraite en novembre 2010: même lieu, St Benoit sur Loire avec prédication du Cardinal Bernard Panafieu, archevêque émérite de Marseille.

mardi 10 novembre 2009

Evêques rassemblés à Lourdes

En cette fête de Saint Léon, voici que ce grand pape du 5ème siècle présente l'Eglise avec ses différents membres, baptisés et ministres consacrés: "On célèbre dans le Corps entier de l'Eglise le mystère unique du sacerdoce averc l'huile de bénédiction répandue sur tous". il évoque ainsi l'huile du baptême et de la confirmation et cette huile sur les mains des prêtres et sur la tête de l'évêque le jour de l'ordination.

En rappelant cela, je situe notre assemblée des évêques qui nous rassemble deux fois par an à Lourdes. A tout instant, nous pensons et prions en union avec les baptisés de nos diocèses, avec toute l'Eglise qui nous est confiée. Et lorsque nous abordons des sujets importants et graves comme ceux de l'évangélisation, de l'indifférence religieuse et de l'avenir de nos communautés, nous pensons à tous ces hommes et femmes de toutes origines et de toutes conditions vers qui le Seigneur nous envoie comme successeurs des apôtres.

Pour parler de notre assemblée, je livrerai tout d'abord la confidence d'un évêque nommé récemment participant pour la première fois à notre assemblée. "C'est plus qu'un accueil fraternel, c'est un accueil affectueux" me disait il, émerveillé. De fait, comme les 12 apôtres à la fois unis autour du Christ et très différents dans leurs réactions et personnalités, nous, les 100 évêques de France sommes heureux de nous retrouver à Lourdes dans un climat fraternel, priant et studieux. Quelle merveille de ces célébrations et prières ensemble chaque jour, depuis l'ouverture à la grotte de Massabielle jusqu'à la messe de clôture dimanche dans la basilique du Rosaire. Et je pense aussi à l'office chanté matin, midi et soir dans la salle de conférences, aux Eucharisties quotidiennes avec homélie confiée souvent à de nouveaux évêques. Oui, nous sommes rassemblés en frères, conscients de notre mission, de la faiblesse de nos moyens et de la sécularisation croissante.

Car, ce fut une assemblée grave par les sujets traités, notamment celui de l'avenir de notre Eglise. Quelle émotion en entendant des évêques, surtout de diocèses ruraux, autrefois riches en prêtres, dire leur souci, voire leur angoisse pour demain. Diminution du nombre de prêtres, mais aussi de laïcs formés, vieillisement des communautés et difficultés de notre mission.

Cependant, vu de l'intérieur, notre assemblée est joyeuse - nous avons de nombreux fou rires, ce qui détend!- et très attentive. Dans un tel contexte d'ailleurs, toute prise de parole est soigneusement préparée, notamment celle au moment de la présentation d'un dossier.

Par ailleurs, puisque notre Eglise en France est ouverte sur le monde par son prestigieux passé missionnaire, nous avons écouté avec beaucoup d'intérêt les témoignages venant de loin. En cette année, après le synode pour l'Afrique, nous avons suivi la poignante présentation de Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh au Tchad ainsi que le témoignage bouleversant de Mgr Bader, archevêque d'Alger. L'un et l'autre nous ont montré les liens unissant notre vieille Eglise à ces Eglises jeunes d'Afrique ou à la petite Eglise en Algérie, pays musulman. L'un et l'autre nous ont rappelé le don de la foi venu de France aux siècles derniers. De même, les évêques d'outre mer nous ont présenté la situation de leurs îles et de leurs Eglises.

Chaque assemblée d'évêques est non seulement un temps fort de travail - les journées sont chargées!- mais aussi de rencontres multiples entre évêques. Celles ci nous permettent de nous donner des nouvelles des prêtres, laïcs connus dans d'autres diocèses.

S'il fallait résumer en un mot cette assemblée, je n'hésiterai pas à dire qu'elle fut excellente...malgré tout! En dépit des difficultés - elles sont de tous les temps-, il y a cette joie inexprimable de travailler dans le même champ apostolique. C'est aujourd'hui, comme hier, le temps des semailles, d'autres récolteront.

Avant hier, dans con discours de clôture, le cardinal Vingt Trois parlait de " d'acte de foi et de confiance" en évoquant aussi "la fidélité quotidienne et la générosité pastorale" des prêtres. Il mentionnait aussi que "c'est bien la passion de l'Evangile qui est notre identité et notre force".

Enfin, en face de toutes les pauvretés, nous avons lancé un message pour nous inviter à "faire le bien" comme Jésus.

En définitive, cette assemblée concerne les évêques, mais aussi tous les prêtres, diacres, consacrés, animateurs et simples chrétiens soucieux d'être de vrais disciples de Jésus.

dimanche 1 novembre 2009

95 ANS!

Nous venons de célébrer en famille les 95 ans de maman! Quelle famille: 7 enfants , 24 petits enfants, 45 arrière petits enfants et même...6 arrière- arrière petits enfants. La fte pour cet anniversaire avait lieu à Marlhes, là même où elle est née en octobre 1914 et nous étions plus de 100!

Tout a commencé par une messe dans la chapelle de Saint Marcellin Champagnat,"notre" saint, le fondateur des frères maristes. Joie de cette célébration avec toutes les générations, et notamment de nombreux enfants attentifs. Je lis une belle prière au soir de la vie du Père Hubault: "D'une vieillesse toujours zattentive au bonheur des autres et à l'étonnante aventure de cette terre, fais moi la grâce, Seigneur...d'une vieillesse qui sait écouter, émerveillée, le chants des enfants, fais moi la grâce, Seigneur". Prière particulièrement appropriée pour cette maman, toujours jeune malgré les ans, et toute donnée aux autres.

Lors de cette messe, nous évoquons les défunts: papa décédé en 87, l'oncle évêque - maman a donc eu un frère évêque et un fils évêque!- en 97, mon frère André en 2000, mon autre frère Gérard l'an dernier...et aussi un beau frère, une belle soeur, le cousin prêtre décédé subitement en juillet dernier.

Puis, ce sont les retrouvailles des cousins, cousines qui n'ont pas beaucoup l'occasion de se revoir ainsi. La dezrnière fois, c'était pour les 90 ans en 2004.

Autour d'un repas simple mais très joyeux, un neveu nous entraine dans un jeu "questions pour une championne" permettant de vérifier la vivacité de notre mamy. Par ailleurs, quelle étonnante mémoire et quelle présence auprès de tous.

Au terme de cette journée inoubliable pour tous, je prie avec le psaume 90, évoquant la fragilité de l'homme: "nos années: 70 , 80 pour les plus vigoureux" (Ps 90, 10).

Et je rends grâce avec toute la famille pour cette journée. "Il s'est passé quelque chose", comme on dit. Un instant d"éternité. En attendant, dans l'espérance, les 100 ans de notre maman en 2014. Elle qui suscite notre émerveillement depuis longtemps vit tout cela dans la simplicité, l'humilité et l'abandon entre les mains de Dieu.

jeudi 29 octobre 2009

Prières aux Cimetières

Dimanche dernier, avant la confirmation à Taverny, avec le diacre Denis Faupin, nous visitons le cimetière de cette ville, qui jouxte l'église. Nous faisons ainsi notre pélerinage à la tombe des prêtres, dont le Père Thiélin, curé de la paroisse décédé il y a deux ans. Déjà, une semaine avant la Toussaint, et, en cette heure matinale, des personnes viennent se recueillir. Nous mêmes, nous prions, chantons, évoquons le "Bon Pasteur" que fut le "Père Paul" et nous regardons. Dans cette tombe reposent plusieurs curés de Taverny.Nous englobons aussi dans notre prière les prêtres de notre diocèse décédés récemment: les Père Harauchamps et Huppe.

Hier, dans notre village de Marlhes (Loire), nous voici aussi dans le cimetière où je suis venu si souvent pour accompagner mon père en 1987, mon oncle évêque en 1997, mes frères en 2000 et 2008, mon cousin prêtre Bernard en juilet dernier...et je pourrai allonger la liste familiale et ecclésiale. Recueillement et prière avec cette tradition locale d'une litanie "O bon Jésus, Miséricorde"...et son répons "Miséricorde, ô bon Jésus".

En ces jours de Toussaint et de Commémoration des Fidèles défunts, les chrétiens vont dans les cimetières. Pour les aider dans cette démarche du souvenir, des feuillets leur sont donnés, des tombes sont bénites. Beau geste nous rappelant la présence de Jésus près de son ami Lazare et l'affirmation "Je suis la Résurrection et la Vie".

Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, je me souviens de cette prière avec maman aux tombes familiales: grands parents, oncle tué par un bombardement en 1944... Et le souvenir était comme le temps d'automne, triste. Avec le temps et l'expérience d'accompagnement de centaines de défunts, les cimetières sont devenus pour moi un lieu de paix et d'espérance. Je ravive les souvenirs de ma présence dans différents cimetières du monde, notamment à Nouméa où je suis allé si souvent pour accompagner des défunts. Là, comme à Taverny et à Marlhes, l'espérance.

Comme il est bon que, chaque année, nous puissions nous réjouir avec tous les saints en cette fête et nous souvenir de tous nos défunts!

dimanche 25 octobre 2009

CONFIRMATIONS

Depuis un mois, samedi soir et dimanche matin, je me rends dans diverses églises du Val d'Oise pour les confirmations. Ces célébrations sont toujours précédées par une rencontre avec ces jeunes. Moment important pour les jeunes qui peuvent poser les questions dans un échange très libre sur la foi, l'Eglise et la vie d'un évêque. Bonne occasion pour témoigner, leur expliquer aussi l'importance de la lettre qu'ils m'adressent et les préparer ainsi à la messe de confirmation.

Le jour J tout est prêt: l'église est parée et décorée pour la fête, les confirmands se sont habillés pour la circonstance, leurs visages sont resplendissants. Bref, c' est un beau moment pour tous.

Le jour même de la confirmation, je lis attentivement leurs lettres, en retenant quelques phrases, découvrant leurs joies et leurs enthousiasmes, mais aussi leurs questions et leurs épreuves. Le chemin spirituel sur lequel ils avancent doit, de toute évidence, être prolongée. Et c'est pourquoi, je leur parle du FRAT de Lourdes d'avril prochain et aussi - nouveauté- d'une invitation pour quatre jours à Taizé en octobre 2010.

De retour à l'instant de Taverny, je repense à ces cinq dernières confirmations et au contraste entre les groupes. Il y a quelques semaines, c'était à Viarmes dans la campagne, près de Royaumont. Le week en dernier, j'étais le samedi à Arnouville et le dimanche à Herblay. Contraste entre les jeunes de Villiers le Bel/Gonesse/Arnouville de milieux modestes et ceux de familles plus aisées dans cette ville près de la Seine. Contraste entre une église récente, Notre Dame de la Paix - on célèbre son 50ème anni versaire en décembre prochain- et l'église Saint Martin d'Herblay du 12ème siècle. Contraste entre les 80 jeunes de Sarcelles hier dans l'église Jean XXIII agrandie et les 20 jeunes de Taverny/Beauchamp aujourd'hui dans la somptueuse église Notre Dame du 13ème siècle de Taverny.

Pourtant, au delà des contrastes de lieux et d'assemblées, il y a la même bonne volonté de tous pour rendre la célébration belle et priante. Des chorales sont constituées, des musiciens mobilisés. Cela aide grandement à la beauté de la messe de confirmation.

Que dire encore de ces confirmations? Elles me permettent de sentir et de voir vivre une communauté chrétienne. En effet, pour préparer ceds jeunes - près de 200 en 5 célébrations- des animateurs sont mobilisés, des prêtres consacrent de nombreuses heures pour les réunions mensuelles et la retraite qui précède. C'eest ainsi que vit l'Eglise. Et comme la convivialité fait partie de cette communion qui nous unit, le repas qui suit dans la paroisse ou dans une famille me donnent l'occasion de connaitre le peuple qui m'est confié, de rencontrer des chrétiens de tous continents: à Herblay des Américains de Seattle et ce matin des familles du Pérou et du Togo.

Comme il est bon que la confirmation soit le sacrement donné par l'évêque, "ministre premier de la confirmation" (Lumen Gentium 26)! Comme il est bon pour l'évêque de revenir chez lui dans l'action de grâce pour ces confirmés!

dimanche 18 octobre 2009

Croisière sur l'Oise!

Avec 300 paroissiens du doyenné de Cergy, nous venons de vivre une première: une croisière sur l'Oise! En effet, à l'iniative des quatre curés des villes et villages de ce doyenné Cergy/Vauréal/Hautil/Eragny, dont le Père Amaury Cariot, doyen, une proposition a été faite dès le printemps en invitant les paroissiens à s'embarquer pendant deux heures sur deux bateaux. Cela permettait ainsi de reprendre la visite pastorale dans ce doyenné en mars dernier par un envoi en mission en cette journée missionnaire.

Heureuse initiative amplifiée par la présence des reliques des Bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de Ste Thérèse de Lisieux.

Comme prévu, en début d'après midi, des centaines d'enfants, jeunes et adultes conduits par les 9 prêtres du doyenné sont au rendez vous à Pontoise. Le reliquaire arrive de la cathédrale. Chants joyeux, dont celui composé pour honorer ces saints, dont Thérèse disait: "Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre" (Lettre 261 à l'abbé Bellière).

Appareillage vers Auvers après accueil du capitaine. Et de suite, après un temps de prière, j'explique la vie de ce couple, de cette famille Martin - les 5 filles sont devenues religieuses-, avec ses joies et ses épreuves (Zélie meurt à 41 ans alors que Thérèse a seulement 5 ans). Je présente surtout l'affection et la tendresse dans cette famille "ordinaire". Puis, comme cela m'avait été demandé, je donne quelques conclusions de la visite pastorale et quelques orientations prioritaires pour les jeunes, la liturgie , l'évangélisation, la charité...

Comme l'instant est magnifique, à l'image du temps, j'évoque deux autres croisières inoubliables à l'occasion des JMJ de Cologne et de Sydney avec Benoît XVI. En effet, en août 2005, sur 5 bateaux - un par continent-nous avions remonté le Rhin. Des centaines de milliers de jeunes agglutinés sur les rives acclamaient le Saint Père et chantaient leur joie de croire. De même trois ans plus tard, dans la superbe baie de Sydney, en juillet 2008, nous avions pris place sur le bateau papal en admirant le célèbre Opéra de cette ville australienne, au milieu de milliers de jeunes émerveillés de cet instant..

Quel émerveillement en ce jour pour cette croisière-pélerinage. Au delà de la beauté de cet instant, c'était surtout la beauté de ce moment spirituel avec les familles en méditant sur l'exemple de cette famille Martin.

En accostant à Port-Cergy, nous terminons notre pélerinage en chantant et en priant, sous les yeux étonnés des personnes attablés dans les bars de cette ville.

La messe dans l'église St Christophe rénovée est belle. Nous sommes heureux de cette après midi d'exception. Comme une grande retraite avec le Christ, lui qui a si souvent traversé le lac de Tibériade en bateau, Lui qui a dit à ses apôtres, et notamment à Pierre: "Duc in Altum", "Avance au large"(Lc 5, 4).

Nous nous souviendrons de cette historique croisière sur l'Oise!

mardi 13 octobre 2009

Place St Pierre à Rome

A Rome, la place Saint Pierre est un lieu unique de rencontres. J'en ai fait l'expérience hier d'une manière surprenante.

En effet, participant dimanche aux magnifiques festivités en l'honneur des cinq nouveaux saints, notamment Ste Jeanne Jugan et St Damien de Molokaï, je terminais le séjour par des rencontres de cardinaux, évêques à la Maison Ste Marthe. Quittant les jardins - superbes- du Vatican, je traversais la place Saint Pierre en regardant enfants, pélerins, visiteurs de tous pays très nombreux. Des milliers de fidèles avaient en effet fait le voyage de Rome dont 600... des îles Hawaï. Sourire aux lèvres, je me tourne vers la célèbre basilique édifiée aux 16 et 17ème siècles. Surprise! Un prêtre néo zélandais, le Patrick Bridgeman, du diocèse de Wellington regarde lui ausi avec sa maman. "A l'occasion de ses 80 ans, me dit il, nous avons fait le pélerinage". Nous n'avions pas fi ni de parler qu'un autre néozélandais, évêque nous retrouve, Mgr Colin Campbell. Je propose un capuccino dans un café proche. Nous parlons de la célébration de la veille avec les 50000 participants, dont plus de 3000 de France venus à l'invitation des petites soeurs des pauvres. Nous évoquons ces deux figures de sainteté connues là bas aux antipodes.

Joie de ces retrouvailles sur la place Saint Pierre. Ce lieu unique est comme la place du village planétaire que nous formons.

Me dirigeant v ers le séminaire français, à nouveau deux rencontres. L'une avec le père Stephan, responsable de la Fondation Jean Paul II à Rome. L'autre avec une petite soeur des pauvres, d'origine mauricienne, travaillant à "Ma maison" d'Alabama aux USA. Le temps d'évoquer les Etats Unis et l'ile Maurice, dont Mgr Piat, l'évêque présent à Rome pour le Synode.

Rome permet de multiples rencontres, bien sûr dans le cadre de rendez vous organisés... mais aussi de ren contres fortuites sur cette place Saint Pierre ouverte sur le monde entier.

Juste avant de partir à Rome la semaine dernière, un prêtre répondait à l'objection entendue souvent: "Rome, c'est le centralisme"..."Non, lui fut il répondu, c'est le lieu de la catholicité."

J'en ai fait l'expérience pendant ces trois journées romaines... y compris sur la place Saint Pierre!

jeudi 1 octobre 2009

Ste Thérèse et les prêtres

En ce jour où nous célébrons Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, docteur de l'Eglise, patronne des missions, je me souviens de Lisieux. C'est en effet, dans cette ville maintenant célèbre que la petite Thérèse Martin a grandi, est entrée au Carmel en 1888 pour y mourir de la tuberculose le 30 Septembre 1897. A partir de sa mort, grâce au "Journal de l'âme", ce fut un "ouragan de gloire", suivant l'expression de Pie XI, le pape qui l'a canonisée en 1925. Dans de nombreuses églises de France, une statue évoque cette jeune carmélite universellement connue.

Or, en ce jour, dans l'église Notre Dame de Pontoise, avec les membres du MCR (Mouvement Chrétien des Retraités), nous avons prié et j'ai pu évoquer longuement la profonde spiritualité mariale de Thérèse avec cette magnifique poésie: "Pourquoi je t'aime, ô Marie".

Mais, au terme d'une soirée avec des jeunes prêtres avec lesquels nous avons parlé des joies du ministère sacerdotal, en parlant du curé d'Ars et de Ste Thérèse, je suis heureux de souligner lme lien entre Thérèse et les prêtres.

En effet, soeur Thérèse de l'Enfant Jésus est entrée au carmel de Lisieux pour prier pour les pécheurs et les prêtres: "Je suis venue pour sauver les âmes et surtout afin de prier pour les prêtres" (Manuscrit A, 69v).

Lors de son pélerinage à Rome en 1886 avec 200 prêtres Normands, elle découvre que les prêtres sont des hommes qui ont besoin de prières: "J'ai vécu avec beaucoup de saints prêtres et j'ai vu que, si leur sublime dignité les élève au dessus des anges, ils n'en sont pas moins des hommes faibles et fragiles..." (manuscrit A, 56r).

Une fois au carmel, elle prendra en charge spirituellement deux prêtres missionnailres, l'un des Missions Etrangères de Paris, le Père Roulland, était déjà en Chine, l'autre, l'abbé Bellière, père blanc, se préparait à partir en Afrique - il est à Marseille, le jour de la mort de Thérèse-. Et ce soin spirituel de Thérèse se manifeste dans les multiples lettres à ces deux prêtres ainsi que dans cette prière pour l'abbé Bellière: "O mon Jésus, je vous remercie de combler un de mes plus grands désirs, celui d'avoir un frère, prêtre et apôtre..."(Prière 8).

En cette année sacerdotale, l'Eglise nous invite tous à prier pour les prêtres...comme Thérèse. Dans un élan missionnaire, elle écrit qu'elle "se sent une vocation de prêtre, d'apôtre, de docteur, de martyr" (Manuscrit B, 2v).

Quelle grâce pour nous, en France, d'avoir eu deux saints ayant exercé leur apostolat, l'un dans sa paroisse à Ars et l'autre dans son Carmel à Lisieux!

mercredi 23 septembre 2009

PRAGUE

Samedi prochain, Benoît XVI sera à Prague, capitale de la République Tchèque, ville magnifique d'Europe. Trois jours avant ce voyage pastoral dans ce pays, en ce moment même, à l'audience du mercredi à Rome, le Saint Père le confie à la prière de toute l'Eglise. Cette visite ravivera celle historique de Jean Paul II en avril 1990. Vaclav Havel, alors président de la Tchécoslovaquie, avait parlé de "miracle" pour saluer ce premier voyage d'un pape dans l'Europe de l'Est, après les changements de 1989, notamment la "Révolution de Velours" en novembre.

Pour comprendre l'importance de ce voyage, il est bon de plonger dans l'histoire de ce pays qui a subi 40 ans de régime communiste, après trois siècles de domination autro-hongroise. En raison de cela, les Tchéques ont toujours maintenu une distance vis à vis de Vienne, mais aussi de Rome. Pourtant, Prague a été évangélisée il y a longtemps au 10ème siècle par Saint Venceslas, initié lui même à la foi chrétienne par sa grand mère, Saint Ludmilla. Duc de Bohéme en 921, Saint Vencelas (fête le 28 Septembre) fut assassiné par son frère à Stala Boleslav, où Benoit XVI a prévu une étape.

Au 14ème siècle, Jan Huss a utilisé la langue tchèque pour proclamer l'Evangile. Sa fin tragique sur un bûcher à Constance explique aussi, en partie, la désaffection et même parfois le rejet de l'institution Eglise de la part des habitants de ce pays. La Tchéquie est très différente du pays voisin, la Pologne .

En raison de cette histoire, le voyage du Saint Père sera intéressant à suivre. Et nous verrons ainsi l'image du pape, avec à son côté, le Cardinal Miloslav Vlk dans la cathédrale Saint Guy. L'archevêque de Prague fut... laveur de vitres avant de devenir archevêque en 1991 - cf le livre de sa vie préfacé par Vaclav Havel aux éditions Nouvelle Cité-.

Pour ma part, je rappelle avec joie et émotion les trois voyages dans cette ville. Avant les changements en 1989. Puis pour la visite historique de Jean Paul II un an plus tard et enfin en 1991, au retour des JMJ de Czestochowa. A chaque fois, ce fut une joie et un émerveillement.

Revient à la mémoire le souvenir du cardinal Tomasek, qui eut à subir la prison et les multiples épreuves, et le souvenir du discours de Jean Paul II le 21 Avril 1990: "Ce qui était impossible est devenue réalité. Oui, il était juste que le premier pape slave vienne à Prague".

Et voici son successeur,le Bavarois , Benoit XVI dans cette ville. Prions à cette intention.

jeudi 17 septembre 2009

Canonisations

Canonisations

Le Dimanche 11 Octobre, toute l’Eglise va vivre un bel évènement, celui de la canonisation de cinq nouveaux saints. Un évènement rare préparé de longue date par les familles spirituelles et les pays concernés, dont la France.

Parmi ces nouveaux saints, une française, Jeanne Jugan, un belge, le Père Damien de Molokaï, un évêque polonais, un dominicain catalan et un jeune cistercien espagnol. En raison du rayonnement de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, de la présence massive de chrétiens des îles Hawaï et de la participation des Polonais et des Espagnols, il est certain que le monde entier sera sur la place Saint Pierre ce dimanche là. En raison aussi de la présence des 200 évêques africains participant au Synode réuni en octobre autour du Saint Père, cette grande canonisation aura un caractère exceptionnel. Joie pour le pape de présider cette messe de canonisation. Joie pour les évêques et pour les dizaines de milliers de fidèles qui vibreront à l’annonce de la proclamation de ces cinq nouveaux saints.

Permettez que je vous parle des deux nouveaux saints de « chez nous ». Tout d’abord, Jeanne Jugan, née à Cancale en 1792 et morte à Saint Pern, près de Rennes en 1879. Cette Bretonne, toute simple, aurait pu être une bonne mère de famille, si elle avait répondu positivement à la demande en mariage qui lui avait été faite. Mais elle pressentait que le Seigneur la destinait à autre chose. Et de fait, à 45 ans, elle fonde une congrégation destinée exclusivement aux soins des personnes âgées. Depuis un siècle et demi, près de 30.000 religieuses ont accueilli des centaines de milliers de « vieux » dans des lieux qu’elles appellent « Ma Maison ». Et elles leur donnent ce qu’il y a de plus précieux : l’affection et le sourire, comme l’avait demandé Jeanne Jugan. Ensuite, Damien de Veuster. Ce jeune Belge aurait pu être prêtre en Europe. Et voici qu’il prend la place de son frère malade pour aller loin, très loin, en Océanie. Et là, il accepte la plus difficile des missions, celle des lépreux, devenant lui-même lépreux avant de mourir en 1889 dans l’île de Molokaï. A son propos, Gandhi a dit : « Le monde ne connait pas de héros comparable au Père Damien de Molokaï. L’Eglise catholique compte parmi les siens des milliers d’hommes qui, à son exemple, ont sacrifié leur vie au service des lépreux ». Symbole éloquent : le Père Damien a sa statue au Capitole de Washington. Voilà deux exemples de saints rayonnant par leur charité auprès des vieillards et des lépreux. Ils nous parlent par leur vie et par leur attention aux plus pauvres. Ils illustrent aussi l’invitation du Concile à la sainteté : « « Tous les fidèles sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne » (Lumen Gentium 40).

Pour ma part, ayant « connu » ces deux saints du temps où je me trouvais en Nouvelle Calédonie, je me fais une joie de pouvoir participer à cette célébration avec les dizaines de milliers de personnes des cinq continents qui feront le voyage de Rome pour cette circonstance. Joie pour moi de savoir que de nombreux cardinaux et évêques de France iront dans la Ville Eternelle, tout comme des centaines de petites sœurs des pauvres, dont la supérieure générale Mère Céline de la Visitation, américaine, réélue la semaine dernière.

Hier, lors d’un rapide voyage à Paris, dans différents lieux, notamment à la Conférence des Evêques, à Radio Notre Dame, KTO et au « Jour du Seigneur », nous avons donné de nombreuses informations sur cet évènement.

Ce sera une très belle fête de famille ! Tous, déjà, nous pouvons nous y préparer en demandant à ces nouveaux saints de nous aider sur notre propre chemin de sainteté.

lundi 7 septembre 2009

Taizé

Taizé, ce village inconnu avant les années 1950 est devenu grâce à Frère Roger décédé en août 2005, un lieu célèbre en Bourgogne et dans le monde entier. A ce sujet, deux témoignages. Le premier remonte à mon séminaire à Baltimore aux Etats Unis dans les années 70. Lors d'un lunch - déjeuner-, moi, français, j'avais mission de présenter aux séminaristes américains l'Eglise en France. Après ma présentation, la première question concernait...Taizé. Le second est plus récent. En 1997, lors des JMJ, les 300 australiens venant en France tenaient à inclure Taizé dans leur périple à travers la France, avant d'arriver à Paris.

Taizé, petit village où est venu s'installer une communauté protestante avec un jeune pasteur de 27 ans, frère Roger Schutz. Fils de pasteur lui même, il a rapidement créé un lieu spirituel, "une source", comme a dit Jean Paul II lors de sa visite historique à Lyon et Taizé en 1986. Et il est impressionnant de venir en un jour "ordinaire" pour prier dans la grande église de la Réconciliation.

A l'occasion de notre conseil épiscopal de rentrée et de la semaine en Bourgogne de nos séminaristes valdoisiens, j'étais heureux de profiter de la grande proximité entre Cluny, où nous étions, et Taizé, situé à dix kilométres à peine de la célébre abbaye. Contraste entre les ruines de ce qui fut la plus grande église au 11ème siècle - 10% de l'église ont été "épargnés"- et ce lieu modeste et pauvre. Car c'est cela qui caractérise Taizé: la pureté de l'Evangile et la prière. Les chants de Taizé sont connus et simples. Lors de la prière du soir mardi 1er septembre, les 2000 jeunes présents - notamment de nombreux allemands- sont entrés dans le recueillement, le silence, l'écoute de la Parole de Dieu et l'intercession. Car, c'est aussi cela Taizé, le silence. Demandé par des panneaux à l'extérieur de l'église, ce silence se réalise facilement. Et lors de la prière, après la louange, un long silence de 8 minutes. Impressionnant.

Certes, nous avions expérimenté cet intense recueillement lors des récents rassemblements européens à Milan et Zagreb, mais il est bon de le vivre là à Taizé où tout a commencé.

Outre la découverte du lieu, notamment de la petite église au centre du village et de la tombe du frère Roger, le plus marquant pour nous fut la longue rencontre avec Frère Aloÿs, successeur de Frère Roger depuis 4 ans. Bavarois d'origine, il a accompagné frère Roger à travers le monde et lors des voyages annuels à Rome. Il a donc en mémoire tant de souvenirs. Frère Aloÿs nous reçoit dans la chambre-bureau de frère Roger, et comme son "maître", il nous marque par sa foi, son humilité, son sourire et son regard universel. Nous évoquons bien sûr la prochaine rencontre européenne fin décembre à Poznan en Pologne, mais aussi le Kenya, les Philippines, Calcutta et Mère Térésa, la Chine - un million de bibles en chinois ont été imprimées- l'Amérique Latine....

Frère Maxime, 30 ans, notre guide pendant notre soirée, nous parle, lui, des multiples groupes de lycéens venant à Taizé lors des vacances de Toussaint ou celles de février.

Déjà, ici, dans le diocèse, nous pourrons aller prochainement à nouveau à Taizé. Nous étions une vingtaine, jeunes et adultes. Nous pourrons être plus nombreux encore avec des groupes de jeunes du Val d'Oise. Nous vivrons alors un moment fort. Puis d'autres jeunes encore viendront se ressourcer à Taizé. "Ici, nous disait frère Aloÿs, c'est un miracle permanent".

mercredi 26 août 2009

BENIN

De retour ce matin d'un extraordinaire séjour de deux semaines au Bénin - dont une journée au Togo- je me fais une joie et un devoir d'amitié de témoigner de ce que nous avons vécu là bas en Afrique.

Pour la 8ème fois donc, je foulais le sol béninois en atterrissant le mercredi 12 Août à "l'aéroport international de Cotonou Cardinal Bernardin Gantin". Etonnante appellation pour un aéroport. Avant le grand cardinal Gantin (1922-2008), né à Toffo au coeur du pays, deux personnalités catholiques ont donné leur nom à l'aéroport: le Pape Jean Paul II dans sa ville de Cracovie et Mère Térésa en Albanie, son pays natal. Quelle émotion en entendant son nom lors de notre descente vers la capitale du Bénin! Et que de souvenirs ravivés, dont celui de sa mort à l'hôpital Pompidou à Paris le 13 Mai 2008!

D'ailleurs, si je venais cette fois ci au Bénin, c'est bien à cause du lien particulier avec cet homme d'exception, grand serviteur de l'Eglise et le plus grand béninois contemporain. En effet, les 10 évêques du Bénin avaient tenu à m'inviter pour présider le grand pélerinage marial de Dassa Zoumé le 23 Août.

Aussi, en arrivant, je savais que je serai pris en charge avec un programme intense. Celui ci a été ouvert dès le 13 Août, premier jour de mon séjour par le recueillement sur la tombe du cardinal dans la chapelle du Séminaire Saint Gall où il avait été successivement étudiant et professeur. Les 25 jeunes et adultes - dont 6 séminaristes- m'accompagnent ce jour là pour la messe et cet hommage. Je tenais à commencer par cette démarche significative à Ouidah, lieu d'arrivée des missionaires en 1861 et dans ce séminaire ouvert il y a près d'un siècle.

Après cette célébration dans l'intimité, ce fut l'ordination grandiose du 15 Août à l'invitation de mon frère, Mgr René Marie Ehuzu, évêque de Poroto Novo. il m'avait averti, mais nous fûmes impressionnés. 20 prêtres et 11 diacres lors d'une messe durant... 6 Heures, en présence de 10.000 fidèles supportant la longueur de la cérémonie et la chaleur. Les dizaines d'Européens présents sont marqués par la ferveur, la beauté des ornements liturgiques et l'accueil chaleureux lors d'un repas fraternel. Nos Valdoisiens - le groupe conduit par le Père Machenaud et les 7 guides ainées de Pontoise avec le Père Djessoukpo- ainsi que les 30 catholiques venus de Croatie sont bouleversés. Et quel symbole à la fin de la célébration lorsque les affectations sont annoncés, dont celle du Père Rodolphe, prêtre formé dans un séminaire de Croatie et très justement envoyé en mission dans ce pays!

Puis, après cette fête de l'Assomption à Porto Novo, capitale politique du pays, je me rends rapidement à Lomé, capitale du Togo pour y rencontrer trois évêques, participer à une émission sur Radio Maria et saluer au retour à Agoué le doyen des évêques et prêtres du pays, Mgr Vincent Mensah, 85 ans.

Tout au long de la route, nous pouvons évoquer l'évangélisation du pays, la vie de l'Eglise aujourd'hui, dont les conversions et les nombreuses vocations - Le diocèse de Cotonou a vécu cette année l'ordination de...37 prêtres, 25 ans diocésains et 12 religieux!-.

Puis la semaine à Cotonou est remplie de rendez vous et rencontres officielles avec les plus hautes autorités du pays (Président de la République, Ministre des Affaires Etrangères, Ambassadeur de France etc...). Partout, nous évoquons le cardinal Gantin et la grande célébration mariale à Dassa Zoumé. Nous parlons aussi de l'évolution politique et économique dans ce pays ainsi que du récent voyage de Benoit XVI en Afrique en mars dernier et l'espoir de la venue prochaine du Saint Père au Bénin, dans le cadre d'un nouveau voyage papal dans ce "continent de l'espérance".

Mais le sommet de notre séjour était naturellement ce 55ème pélerinage au sanctuaire d'Arigbo. Initié par Mgr Parisot le 11 Février 1954, il s'est développé sous l'impulsion de Mgr Gantin, successivement archevêque de Cotonou et proche collaborateur des papes successifs à Rome durant 30 ans. Le prélat béninois avait souhaité avant de mourir qu'une immense basilique de 6000 places soit édifiée. Ce qui fut fait, même s'il reste encore de nombreux travaux de finition et de décoration.

Après un voyage de 3 Heures avec une escorte officielle, nous sommes accueillis par l'évêque du lieu et président de la conférence des évêques du Bénin, Mgr Antoine Ganyé. Visite des lieux, prières des milliers de pélerins avec les multiples messes - dont celle des 80 jeunes prêtres ordonnés récemment-, chemin de croix, procession aux flambeaux. Ce pélerinage ressemble à certains égards à celui de Lourdes, puisque le rocher rappelle la grotte de Massabielle.

Après un dîner fraternel et joyeux avec les évêques du pays- la plupart sont déjà venus à Pontoise- nous nous préparons aux célébrations du lendemain. Nous étions avertis: cela devrait durer 4 Heures. Et de fait, la messe commencée à 10 H se conclut à 14 H! Dans l'homélie préparée depuis des semaines ici en France et là bas à Cotonou, j'évoque le cher cardinal Gantin avec ces mots en langue fon. "E Ni Kpa Mahu, E Ni Kpa Maria", ce qui signifie Loué soir Jésus Christ et Loué soit Marie. Et, longuement, je rappelle l'histoire de ce pélerinage, en méditant la Visitation de Marie, Etoile de l'Evangélisation. Je cite enfin l'exhortation de Paul VI, Evangelii Nuntiandi, un très beau texte publié en 1975.

Et, au terme de cette célébration liturgique, une cérémonie nationale conduite par le Président de la République, le docteur Boni Yahi avec la remise des insignes de Commandeur de l'Ordre National du Bénin à l'évêque de Pontoise. Moment d'amitié et de reconnaissance pour l'homme de Dieu français devenu ami du Bénin.

Une formule du cardinal Gantin sur son pays m'ayant frappé, je me permets de l'utiliser: "Le Bénin, un petit pays...mais de grande taille". Les radios béninoises citent cette phrase à plusieurs reprises.

Que retenir encore de ce séjour? L'accueil fraternel et joyeux partout, à la nonciature comme dans les évêchés de Cotonou, Porto Novo, Abomey, Dassa et surtout à Djougou, au Nord avec Mgr Paul Viera. Soirée inoubliable avec le pasteur de ce diocèse à présence musulmane importante. La grande dignité des personnes rencontrées, y compris celles vivant très modestement. La qualité de la formation des séminaristes - ils sont près de 400 dans ce p!ays de 7 millions d'habitants. Et enfin l'action sociale de l'Eglise et sa présence dans les média, avec notamment Radio Marie Immaculée et le journal "La Croix du Bénin".

Dans ma mémoire et dans mon coeur, tous les souvenirs restent gravés. Et je remercie le Seigneur de m'avoir conduit à nouveau dans ce pays!

Des missionnaires partis de chez nous ont semé largement cette terre africaine. Et voici maintenant le fruit de ces semailles. Une Eglise Vivante.

Avec nos pélerins venus de France, nous avons compris ainsi l'importance du Synode pour l'Afrique qui se déroulera en octobre prochain à Rome.

lundi 10 août 2009

Professions Perpétuelles

Pour une Congrégation Religieuse, les Professions Perpétuelles des Soeurs constituent toujours un grand moment. C'était le cas hier, à Saint Pern, en Bretagne pour l'engagement "pour toujours" de 22 Petites Soeurs des Pauvres, originaires de 13 Pays des cinq continents.

Parmi elles, Soeur Ginette de Jésus, mélanésienne de Pouébo en Nlle Calédonie. Il y a 10 jours, ici, à l'évêché de Pontoise, nous avons accueilli sa famille - parents et deux soeurs- ayant fait le grand voyage pour cette circonstance exceptionnelle.

Depuis plusieurs mols, j'avais retenu cette date du 9 août dans mon calendrier afin de participer à la célébration présidée par le Cardinal Barbarin. Joie pour lui de venir pour la première fois à la Maison Mère des Petites Soeurs des Pauvres, à l'invitation de Mère Céline, supérieure générale depuis 1996 et d'évoquer Jeanne Jugan, la fondatrice qui sera canonisée le 11 Octobre prochain. Joie pour nous tous d'entendre la Parole forte de l'Archevêque de Lyon lors de la Méditation de la messe. Joie pour moi de venir à nouveau en ce lieu et d'y célébrer deux messes, celle de samedi avec Mgrs Marcus et Barbarin dans la chambre où est morte Jeanne Jugan en 1879 et la messe solennelle d'hier.

Une profession perpétuelle est constituée essentiellement par l'engagement en réponse à la question: "Que demandez vous à Dieu et à son Eglise?" "La grâce de suivre le Christ dans la famille évangélique des Petites soeurs des pauvres et d'y persévérer jusqu'à la mort". Egalement, avant la grande prière de la litanie des saints, la réponse à plusieurs questions avec les trois voeux et le quatrième propre à la congrégation "d'hospitalité". Et enfin, la profession elle même par chaque religieuse et le baiser de paix entre les soeurs.

C'est à la fois simple et profond. Car il s'agit de l'engagement de toute une vie aux services des personnes âgées, le "charisme" de la congrégation. D'ailleurs, à la fin de la magnifique messe dans cette belle chapelle de la Tour Saint Joseph, nous avons vécu les "obédiences", c'est à dire l'affectation des nouvelles professes. Celles ci s'étaient déjà engagées il y a 5 ans les permiers voeux et ont eu l'occasion de travailler dans une de leurs Maisons, mais cette fois ci, c'est une nomination solennelle après cette année de second noviciat.

Moment à la fois important, mais aussi très chaleureux. Après le discours de remerciements aux évêques et prêtres présents ainsi qu'aux familles pour le don de leurs filles, la Mère Générale appelle chacune des soeurs qui répond "Oui, Mère" et après le nom du pays et de la ville répond "Merci, Mère".

Applaudissements après chaque affectation avec applaudissements plus fournis pour...Soeur Ginette de Nlle Calédonie à la Maison de La Croix Rousse à Lyon. L'archevêque de Lyon a applaudi fortement et l'assemblée de 300 personnes l'a accompagné avec jubilation!

Pour ma part, c'était l'occasion de parler avec de nombreuses personnes, notamment les soeurs africaines et asiatiques, mais aussi avec les familles venues des USA, des Philippines, du Congo, de l'Inde....Joie aussi du repas fraternel avec les "calédoniens" présents, dont le père René du Rumain, mariste curé à Nouméa, actuellement en vacances en Bretagne, ainsi que des anciens de Nlle Calédonie, Antoine et Marie Renée de Saint Maurice venus en voisin.

En ce lundi, la fête se prolongeait par la découverte des lieux de la fondation de la congrégation à Cancale, village natal de Jeanne Jugan, et à Saint Servan, Dinan où ont été ouvertes les premières maisons des petites soeurs des pauvres dans les années 1840.

Dans les semaines qui viennent, cette congrégation de 3000 soeurs vivra son chapitre général. A la suite, ce sera le grand évènement de la canonisation de la fondatrice, Jeanne Jugan par le pape Benoit XVI. Belle occasion pour faire connaitre cette belle Congrégation des Petites Soeurs des Pauvres!

- page 2 de 4 -