Taizé, ce village inconnu avant les années 1950 est devenu grâce à Frère Roger décédé en août 2005, un lieu célèbre en Bourgogne et dans le monde entier. A ce sujet, deux témoignages. Le premier remonte à mon séminaire à Baltimore aux Etats Unis dans les années 70. Lors d'un lunch - déjeuner-, moi, français, j'avais mission de présenter aux séminaristes américains l'Eglise en France. Après ma présentation, la première question concernait...Taizé. Le second est plus récent. En 1997, lors des JMJ, les 300 australiens venant en France tenaient à inclure Taizé dans leur périple à travers la France, avant d'arriver à Paris.

Taizé, petit village où est venu s'installer une communauté protestante avec un jeune pasteur de 27 ans, frère Roger Schutz. Fils de pasteur lui même, il a rapidement créé un lieu spirituel, "une source", comme a dit Jean Paul II lors de sa visite historique à Lyon et Taizé en 1986. Et il est impressionnant de venir en un jour "ordinaire" pour prier dans la grande église de la Réconciliation.

A l'occasion de notre conseil épiscopal de rentrée et de la semaine en Bourgogne de nos séminaristes valdoisiens, j'étais heureux de profiter de la grande proximité entre Cluny, où nous étions, et Taizé, situé à dix kilométres à peine de la célébre abbaye. Contraste entre les ruines de ce qui fut la plus grande église au 11ème siècle - 10% de l'église ont été "épargnés"- et ce lieu modeste et pauvre. Car c'est cela qui caractérise Taizé: la pureté de l'Evangile et la prière. Les chants de Taizé sont connus et simples. Lors de la prière du soir mardi 1er septembre, les 2000 jeunes présents - notamment de nombreux allemands- sont entrés dans le recueillement, le silence, l'écoute de la Parole de Dieu et l'intercession. Car, c'est aussi cela Taizé, le silence. Demandé par des panneaux à l'extérieur de l'église, ce silence se réalise facilement. Et lors de la prière, après la louange, un long silence de 8 minutes. Impressionnant.

Certes, nous avions expérimenté cet intense recueillement lors des récents rassemblements européens à Milan et Zagreb, mais il est bon de le vivre là à Taizé où tout a commencé.

Outre la découverte du lieu, notamment de la petite église au centre du village et de la tombe du frère Roger, le plus marquant pour nous fut la longue rencontre avec Frère Aloÿs, successeur de Frère Roger depuis 4 ans. Bavarois d'origine, il a accompagné frère Roger à travers le monde et lors des voyages annuels à Rome. Il a donc en mémoire tant de souvenirs. Frère Aloÿs nous reçoit dans la chambre-bureau de frère Roger, et comme son "maître", il nous marque par sa foi, son humilité, son sourire et son regard universel. Nous évoquons bien sûr la prochaine rencontre européenne fin décembre à Poznan en Pologne, mais aussi le Kenya, les Philippines, Calcutta et Mère Térésa, la Chine - un million de bibles en chinois ont été imprimées- l'Amérique Latine....

Frère Maxime, 30 ans, notre guide pendant notre soirée, nous parle, lui, des multiples groupes de lycéens venant à Taizé lors des vacances de Toussaint ou celles de février.

Déjà, ici, dans le diocèse, nous pourrons aller prochainement à nouveau à Taizé. Nous étions une vingtaine, jeunes et adultes. Nous pourrons être plus nombreux encore avec des groupes de jeunes du Val d'Oise. Nous vivrons alors un moment fort. Puis d'autres jeunes encore viendront se ressourcer à Taizé. "Ici, nous disait frère Aloÿs, c'est un miracle permanent".