Canonisations

Le Dimanche 11 Octobre, toute l’Eglise va vivre un bel évènement, celui de la canonisation de cinq nouveaux saints. Un évènement rare préparé de longue date par les familles spirituelles et les pays concernés, dont la France.

Parmi ces nouveaux saints, une française, Jeanne Jugan, un belge, le Père Damien de Molokaï, un évêque polonais, un dominicain catalan et un jeune cistercien espagnol. En raison du rayonnement de la congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, de la présence massive de chrétiens des îles Hawaï et de la participation des Polonais et des Espagnols, il est certain que le monde entier sera sur la place Saint Pierre ce dimanche là. En raison aussi de la présence des 200 évêques africains participant au Synode réuni en octobre autour du Saint Père, cette grande canonisation aura un caractère exceptionnel. Joie pour le pape de présider cette messe de canonisation. Joie pour les évêques et pour les dizaines de milliers de fidèles qui vibreront à l’annonce de la proclamation de ces cinq nouveaux saints.

Permettez que je vous parle des deux nouveaux saints de « chez nous ». Tout d’abord, Jeanne Jugan, née à Cancale en 1792 et morte à Saint Pern, près de Rennes en 1879. Cette Bretonne, toute simple, aurait pu être une bonne mère de famille, si elle avait répondu positivement à la demande en mariage qui lui avait été faite. Mais elle pressentait que le Seigneur la destinait à autre chose. Et de fait, à 45 ans, elle fonde une congrégation destinée exclusivement aux soins des personnes âgées. Depuis un siècle et demi, près de 30.000 religieuses ont accueilli des centaines de milliers de « vieux » dans des lieux qu’elles appellent « Ma Maison ». Et elles leur donnent ce qu’il y a de plus précieux : l’affection et le sourire, comme l’avait demandé Jeanne Jugan. Ensuite, Damien de Veuster. Ce jeune Belge aurait pu être prêtre en Europe. Et voici qu’il prend la place de son frère malade pour aller loin, très loin, en Océanie. Et là, il accepte la plus difficile des missions, celle des lépreux, devenant lui-même lépreux avant de mourir en 1889 dans l’île de Molokaï. A son propos, Gandhi a dit : « Le monde ne connait pas de héros comparable au Père Damien de Molokaï. L’Eglise catholique compte parmi les siens des milliers d’hommes qui, à son exemple, ont sacrifié leur vie au service des lépreux ». Symbole éloquent : le Père Damien a sa statue au Capitole de Washington. Voilà deux exemples de saints rayonnant par leur charité auprès des vieillards et des lépreux. Ils nous parlent par leur vie et par leur attention aux plus pauvres. Ils illustrent aussi l’invitation du Concile à la sainteté : « « Tous les fidèles sont appelés à la plénitude de la vie chrétienne » (Lumen Gentium 40).

Pour ma part, ayant « connu » ces deux saints du temps où je me trouvais en Nouvelle Calédonie, je me fais une joie de pouvoir participer à cette célébration avec les dizaines de milliers de personnes des cinq continents qui feront le voyage de Rome pour cette circonstance. Joie pour moi de savoir que de nombreux cardinaux et évêques de France iront dans la Ville Eternelle, tout comme des centaines de petites sœurs des pauvres, dont la supérieure générale Mère Céline de la Visitation, américaine, réélue la semaine dernière.

Hier, lors d’un rapide voyage à Paris, dans différents lieux, notamment à la Conférence des Evêques, à Radio Notre Dame, KTO et au « Jour du Seigneur », nous avons donné de nombreuses informations sur cet évènement.

Ce sera une très belle fête de famille ! Tous, déjà, nous pouvons nous y préparer en demandant à ces nouveaux saints de nous aider sur notre propre chemin de sainteté.