Evêques rassemblés à Lourdes
Par Mgr Jean-Yves Riocreux le mardi 10 novembre 2009, 15:27 - Lien permanent
En cette fête de Saint Léon, voici que ce grand pape du 5ème siècle présente l'Eglise avec ses différents membres, baptisés et ministres consacrés: "On célèbre dans le Corps entier de l'Eglise le mystère unique du sacerdoce averc l'huile de bénédiction répandue sur tous". il évoque ainsi l'huile du baptême et de la confirmation et cette huile sur les mains des prêtres et sur la tête de l'évêque le jour de l'ordination.
En rappelant cela, je situe notre assemblée des évêques qui nous rassemble deux fois par an à Lourdes. A tout instant, nous pensons et prions en union avec les baptisés de nos diocèses, avec toute l'Eglise qui nous est confiée. Et lorsque nous abordons des sujets importants et graves comme ceux de l'évangélisation, de l'indifférence religieuse et de l'avenir de nos communautés, nous pensons à tous ces hommes et femmes de toutes origines et de toutes conditions vers qui le Seigneur nous envoie comme successeurs des apôtres.
Pour parler de notre assemblée, je livrerai tout d'abord la confidence d'un évêque nommé récemment participant pour la première fois à notre assemblée. "C'est plus qu'un accueil fraternel, c'est un accueil affectueux" me disait il, émerveillé. De fait, comme les 12 apôtres à la fois unis autour du Christ et très différents dans leurs réactions et personnalités, nous, les 100 évêques de France sommes heureux de nous retrouver à Lourdes dans un climat fraternel, priant et studieux. Quelle merveille de ces célébrations et prières ensemble chaque jour, depuis l'ouverture à la grotte de Massabielle jusqu'à la messe de clôture dimanche dans la basilique du Rosaire. Et je pense aussi à l'office chanté matin, midi et soir dans la salle de conférences, aux Eucharisties quotidiennes avec homélie confiée souvent à de nouveaux évêques. Oui, nous sommes rassemblés en frères, conscients de notre mission, de la faiblesse de nos moyens et de la sécularisation croissante.
Car, ce fut une assemblée grave par les sujets traités, notamment celui de l'avenir de notre Eglise. Quelle émotion en entendant des évêques, surtout de diocèses ruraux, autrefois riches en prêtres, dire leur souci, voire leur angoisse pour demain. Diminution du nombre de prêtres, mais aussi de laïcs formés, vieillisement des communautés et difficultés de notre mission.
Cependant, vu de l'intérieur, notre assemblée est joyeuse - nous avons de nombreux fou rires, ce qui détend!- et très attentive. Dans un tel contexte d'ailleurs, toute prise de parole est soigneusement préparée, notamment celle au moment de la présentation d'un dossier.
Par ailleurs, puisque notre Eglise en France est ouverte sur le monde par son prestigieux passé missionnaire, nous avons écouté avec beaucoup d'intérêt les témoignages venant de loin. En cette année, après le synode pour l'Afrique, nous avons suivi la poignante présentation de Mgr Edmond Djitangar, évêque de Sarh au Tchad ainsi que le témoignage bouleversant de Mgr Bader, archevêque d'Alger. L'un et l'autre nous ont montré les liens unissant notre vieille Eglise à ces Eglises jeunes d'Afrique ou à la petite Eglise en Algérie, pays musulman. L'un et l'autre nous ont rappelé le don de la foi venu de France aux siècles derniers. De même, les évêques d'outre mer nous ont présenté la situation de leurs îles et de leurs Eglises.
Chaque assemblée d'évêques est non seulement un temps fort de travail - les journées sont chargées!- mais aussi de rencontres multiples entre évêques. Celles ci nous permettent de nous donner des nouvelles des prêtres, laïcs connus dans d'autres diocèses.
S'il fallait résumer en un mot cette assemblée, je n'hésiterai pas à dire qu'elle fut excellente...malgré tout! En dépit des difficultés - elles sont de tous les temps-, il y a cette joie inexprimable de travailler dans le même champ apostolique. C'est aujourd'hui, comme hier, le temps des semailles, d'autres récolteront.
Avant hier, dans con discours de clôture, le cardinal Vingt Trois parlait de " d'acte de foi et de confiance" en évoquant aussi "la fidélité quotidienne et la générosité pastorale" des prêtres. Il mentionnait aussi que "c'est bien la passion de l'Evangile qui est notre identité et notre force".
Enfin, en face de toutes les pauvretés, nous avons lancé un message pour nous inviter à "faire le bien" comme Jésus.
En définitive, cette assemblée concerne les évêques, mais aussi tous les prêtres, diacres, consacrés, animateurs et simples chrétiens soucieux d'être de vrais disciples de Jésus.