
On m'a demandé de vous parler ce soir non de mon chemin vocationnel, mais de la manière dont l'appel de Dieu résonne aujourd'hui, dans ma vie de tout jeune prêtre – je fête pratiquement mon 1er anniversaire d'ordination... puisque j'ai été ordonné le 28 juin dernier, avec le P. Jean Baptiste, ici même. A 30 ans, une vie nouvelle s'ouvrait, à la fois longuement préparée, préparée depuis toujours dans le cœur de Dieu, préparée mystérieusement dans ce cheminement humain et plus concrètement pendant ces 6 années de séminaire, et en même temps mystérieuse, impossible à anticiper : il s'agissait maintenant de vivre en prêtre...
Comme toujours dans la vie chrétienne, il s'agit de devenir ce que l'on est – et comme le dit Saint Paul, « ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu ». Par le sacrement de l'ordre, j'ai été bouleversé au plus profond de mon être. Je suis sorti de cette cathédrale différent de celui qui y était rentré 2h plus tôt. Transformation radicale! Radicale au regard de la foi... mais pourtant, je ne me suis pas senti beaucoup changé ; je restais bien le même homme.
Si je vous dis cela, c'est parce que le premier appel qui résonne dans ma vie aujourd'hui, c'est tout simplement … l'appel à être prêtre ! Un appel bien plus fort qu'auparavant, du temps où j'étais au séminaire. Puisque tu as reçu ce don, eh bien sois prêtre! Sois le vraiment, profondément, de plus en plus! C'est un « Oui » à redire chaque matin : « tu m'as appelé, me voici » ; un oui à vivre dans l'action de grâce...
J'ai l'impression d'être comme une corde neuve, encore trop tendue, pour laisser résonner d'autres appels de Dieu, plus subtils, nuancés. J'en suis aux fondamentaux, en quelque sorte! La célébration des sacrements, la manière de se situer dans une paroisse... Cette première année a été très dense, riche en découvertes! Et les appels que je recevais chaque jour étaient aussi simple que cela, face à ces situations nouvelles : Donne toi ! Courage ! Regarde comme c'est beau, tel ou tel événement, telle ou telle rencontre ! Et j'essaie ainsi simplement, jour après jour, de m'accorder à ce don de l'ordination.
La caisse de résonance de cet appel de Dieu, c'est la prière, ce moment de cœur à cœur. J'aime à prier dans le calme du matin, avant l'agitation des activités : la journée s'ouvre différemment ! C'est le lieu de l'acte de foi, où l'on s'appuie fermement sur le Christ pour la journée ; lieu de l'écoute de la Parole de Dieu pour éclairer les rencontres, les décisions ; lieu pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu, en reconnaissant que tout vient de Lui. La prière d'ailleurs elle même est un appel, Dieu qui m'attire à Lui, tant l'intimité avec Lui est la source de cette mission. C'est aussi l'appel qui résonne tout au long de la journée par la liturgie des heures, qui permet de demeurer dans ce halo de prière, appel aussi à tout remettre dans les mains du Seigneur. L'autre caisse de résonance, c'est la communauté : la rencontre de ce peuple, en particulier lors de la messe dominicale, donne consistance à cet appel à être prêtre.
Un appel qui se traduit par une invitation à être présent à ce que je vis, tout simplement. Présent à ce que je célèbre ; présent aux personnes que je rencontre : comme si le Seigneur me disait : « sois là !». Je crois que l'appel de Dieu passe beaucoup par les circonstances présentes. Un exemple : ayant été attentif à ramener quelqu'un après la messe, je me retrouve à passer devant la maison d'une famille ayant vécu un deuil ; je n'avais pas prévu de les visiter mais je reçois cela comme une invitation, et je sonne. Nous avons eu une discussion riche et profonde, et je crois que ma présence n'était pas un hasard ce soir là – ni un plan de ma part...
C'est dans cette présence que se vivent la richesse et la joie du ministère de prêtre. Là qu'on découvre parfois, comme par flashes, le trésor dont nous sommes porteurs. Dans des visages transformés, dans des cœurs qui s'ouvrent, des démarches de conversion, des engagements missionnaires... on voit combien la puissance de l'Evangile est agissante !! Je suis régulièrement émerveillé devant de belles manifestations de foi, de charité... J'ai parfois l'impression, comme prêtre, de parler de l'Évangile et que ce sont les autres qui le vivent !! Simplement, peut être, parce que la situation qu'ils vivent sollicite particulièrement leur foi à ce moment précis... En tout cas, ces flashes m'invitent à vivre l'immense richesse de ces rencontres de toutes sortes, touchant à l'essentiel ou plus banales, comme des rencontres toujours porteuses du même appel : l'appel que Dieu lui même adresse à chacun. Cet appel de Dieu qui désire rejoindre tous ses enfants est aussi celui qui résonne en moi dans ces rencontres.
Autre source d'émerveillement et de joie : que le Seigneur se serve de moi, pauvre petit instrument, pour faire quelque chose qui me dépasse ! Une joie qui ne va pas toujours sans la Croix, car elle passe par la confrontation à mes faiblesses. Il faut bien que je l'avoue : ma plus grande difficulté, dans ce ministère de prêtre, c'est moi même. Limites, recherche de soi, peur de ne pas être à la hauteur... Eh bien, le Seigneur a voulu se servir de cela ! Et l'ordination, c'est cela : le sacrement transforme le pauvre don de ma vie en don de sa propre vie à Lui !
Le pauvre don de ma vie... certains vont peut être dire, il en a de bonnes ! C'est quand même un geste pas évident ! Et c'est vrai : dire « oui », engager toute ma vie, cela me semblait une montagne avant de le faire. Cela demande un peu de courage ! Et pourtant, je commence à réaliser que c'est peu de choses, bien peu de choses... en regard de ce que Dieu fait de ce don ! Là est la vraie mesure de nos vies.
Et c'est pourquoi je voudrais terminer en vous parlant de l'Eucharistie, l'Eucharistie qui est au cœur de la vie chrétienne et qui est aussi au cœur de la vie du prêtre. La célébration quotidienne de la messe est essentielle pour moi : c'est ce moment d'identification totale, plénière au Christ, à sa vie donnée. Comme par la puissance de l'Esprit ce pauvre pain devient le corps du Christ, de même le pauvre don de ma vie devient don de la vie de Dieu. A chaque messe je replonge dans la grâce de l'ordination. C'est la grande joie, la grande grâce, le cœur de ma vie de prêtre, le lieu où l'appel se fait le plus fort, le plus pressant, le plus aimant. L'eucharistie m'appelle à m'unir au Christ et à m'offrir avec lui. Ensuite, il ne me reste plus qu'à vivre dans toute ma vie ce que j'ai vécu à ce moment inouï... Seigneur, qu'en te contemplant ce soir dans ton Eucharistie, nous puissions laisser résonner en nos cœurs l'appel de ton cœur qui veut attirer tous les hommes dans l'amour du Père!
Témoignage pour la Veillée de prière pour les vocations - 26 juin 2010


Nous étions des vrais gamins se prenant au jeu pour soutenir, encourager les différents concurrents.
De nombreux fidèles de tout âge étaient venus soutenir les concurrents mais aussi profiter de cette joyeuse rencontre. De nombreux médias étaient présents et très surpris de nous voir un moment en priant et un moment en jouant. La joie fraternelle était palpable et c’est pourquoi, par ce simple petit récit, je suis si heureux de vous le conter. Cela a pour moi laissé résonner cette phrase de Jésus «je vous ai dit toutes ces choses pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite!».




A 10 ans, je me rappelle avoir demandé à
ma grand-mère ce qu’il fallait faire comme étude pour être prêtre. Mais c’est
vers l’âge de 16 ans que l’appel se confirme après ma Confirmation. Je voulais
être prêtre. J’ai d’abord fait une licence de lettres et civilisations
étrangères à Paris XIII en anglais. Pendant mes années universitaires, j’ai
fréquenté l’aumônerie universitaire dirigée par le P. Alain Lenégrate. C’est
alors que j’ai connu la DCC lors d’une soirée de l’aumônerie. Après avoir
obtenu la licence, j’ai été admis au grand séminaire d’Issy-les-Moulineaux pour
le diocèse de Pontoise. Après le cycle de philosophie, je devais faire mon
service militaire. J’ai choisi de le faire au titre de la coopération avec la
DCC. J’avais demandé l’Afrique. Finalement, je me suis retrouvé dans le bureau
du P. Perrin, ancien vicaire général des Missions Etrangères qui me proposait
d’aller à Bali dans un petit séminaire pour enseigner le Français et l’Anglais
et encadrer avec le staff les 100 jeunes de ce petit séminaire. J’ai accepté de
partir deux ans.
La vie et le ministère des
prêtres sont empreints d'une réelle beauté ! Celle même du Fils de Dieu qui se
"dépouille"

Au terme de ces 40 jours, nous avons atteint un point culminant en ces jours saints, qui nous ont montré un sens nouveau, une terre nouvelle. Sens de la charité du lavement des pieds, sens de la Croix qui récapitule nos histoires, sens du feu sur le parvis qui déchire nos ténèbres... Pâque nouvelle, qui vient récapituler les rencontres de l'année... Deuils lourds à porter, mais semences de résurrection... Personnes écrasées par la vie, par l'épreuve, mais esquisses de relèvements... Visages présents à la vigile pascale l'an dernier mais cruellement absents cette année, qui contemplent maintentant, nous l'espérons, la face du Ressuscité. Vies cabossées, ou rayonnantes, souffrances extrêmes ou grave allégresse, éclats de rires ou éclats de larmes, soirs du reniement ou matins du pardon... Année pastorale riche en événements, remplie d'émotion, ou de tensions inhérentes de la barque qui tangue... Tempêtes médiatiques qui nous redisent la solitude du disciple au soir du golgotha, l'annonce à temps et à contre-temps...
Prêtre aujourd'hui en 2010, serait-ce plus difficile qu'au soir du vendredi saint? Nos triples "non" comme ceux de Pierre n'ont-ils pas à être passés au crible du triple "oui" : "je t'aime Seigneur, tu le sais !!"
Prêtre en 2010, c'est redire que l'Eglise est belle, malgré celles et ceux qui la souillent, c'est redire la folie de la Croix, c'est proclamer le matin de Pâques, dans une vie offerte, non sans renoncements, non san fêlures... mais rempli de cette certitude d'être dans la main de Dieu, d'être avec lui offerts sur l'Autel de la Croix, témoins du matin de Pâques, témoins de la joie de Pâques, témoins du Pardon de Pâques...
Question posée aux
enfants:
C'est Jésus qui nous le
fera connaître.
Pour faciliter la réponse,
j'ai imaginé cet insigne d'une "parabole",
Comment as-tu été sûr que tu étais appelé à être prêtre ? Cette question, on me l’a souvent posée. En mettant en relief une parole et une rencontre décisives, la réponse ne rend pas bien compte de tout le long parcours de discernement où le Seigneur a travaillé patiemment mon cœur avant que j’ose m’engager à sa suite en devenant prêtre.
En décembre 2009, j’ai célébré le 62ème anniversaire de mon
ordination à Versailles. Je fais partie du cours 1947. Je suis entré au Grand
Le P. Paul Gurérin, né en 1928, prêtre depuis 1952, à la retraite depuis 1998, témoigne : 