LE BLOG DES PRÊTRES DE L’EGLISE CATHOLIQUE EN VAL-D’OISE

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vendredi 18 décembre 2009

Le temps : don du ciel...

Les Scouts d’Europe organisent une formation interne destinée aux chefs. Thème oh ! combien accrocheur : La Gestion du temps.  Accrocheur, parce que tout le monde en est concerné.

J’apprends l’initiative par courrier électronique.  Je réponds après une poignée de secondes. Hésitation, discernement, je calcule le pour et le contre, qu’est-ce qui  est mis sur la balance du choix à faire ?  C’est pour dimanche soir de 18 h jusqu’à 21 h.  Je regarde dans l’agenda. Les vestiges d’un dîner gommé à la hâte laissent l’imaginaire occuper l’espace de la soirée ainsi rendu disponible. Mais surtout, ce dimanche c’est le grand évènement paroissial, la kermesse d’hiver. Elle se termine vers 18 h 30, mais il y a le rangement, c’est toujours le bon moment  d’être avec les paroissiens qui en ont assuré l’organisation et le déroulement. Le choix doit être fait: à qui consacrer du temps et pour quelle reconnaissance ? C’est vrai cette année j’ai prévu d’être  à la kermesse non seulement le dimanche après midi, mais aussi la veille. Et pourtant c’est la dernière année de la responsabilité d’un paroissien qui après 17 ans d’un dévouement efficace passe la main à un autre. Que choisir ? Je dois décider, cette décision m’appartient, je ne peux pas la déléguer à quelque d’autre. Je réponds au mail en annonçant ma présence. L’accusé de réception suit, tous les deux sommes tout joyeux. Puis il n’y a qu’à !

Je traîne samedi  (plus longtemps qu’initialement prévu car j’ai quitté le rassemblement de l’Eveil à la foi plus tôt que d’habitude) et dimanche  aussi, je traîne  en rencontrant les uns les autres, en recueillant des confidences, en jouant (difficile de gagner avec les ados au « puissance quatre »). Avant de partir  j’informe de la raison de mon départ au milieu des rangements le responsable et deux trois autres personnes et je m’en vais. 

J’arrive, une vingtaine de chefs, tous en uniforme, les moyens modernes à l’appui, les organisateurs mènent la rencontre de formation.  Je suis replongé dans le thème qui m’est cher pour ma vie de prêtre. Je l’ai proposé,  il y a  bien longtemps déjà, comme sujet de formation pour les prêtres. Que choisir puisque l’on ne peut pas tout faire ?  Qu’est-ce qui en moi décide de choix faits consciemment  ou subis mais dans les deux cas appelés à être assumés ? Quelles sont les priorités et pourquoi ? Choisir c’est bien mais s’y tenir c’est mieux, comment  réaliser  ce qui était prévu? Comment assumer les conséquences d’un tel choix ? Comment faire le discernement du rapport au temps ?  Ces questions qui reviennent en tête se laissent croiser avec celles que j’entends : 

Le temps nous n’avons sur lui aucune prise, il ne nous appartient pas. Le temps, nous le  subissons et si souvent   nous désirons le maîtriser. Mais nous pouvons aussi l’accueillir comme un cadeau, comme le don du ciel.

Ce temps qui n’est pas le même pour les uns et les autres ; le temps des parents n’est pas le temps des enfants, et le temps du prêtre n’est pas celui d’un étudiant. Comment penser le temps de l’autre ? Alors que l’on est déjà si préoccupé par le sien !?

Je crois que le temps de prière peut aider à y répondre. Le temps où Dieu a sa place, le temps où l’attention à l’autre n’est pas seulement de l’ordre de la mécanique organisationnelle. Le temps de prière par lequel nous avons terminé la soirée fut un temps de grâce, le temps où il suffit d’être.

Le temps d’écrire ce texte touche à sa fin; avant de terminer, juste une idée que je voudrais partager, entre deux temps en passant d’une activité à l’autre, j’essaie de m’arrêter un instant pour passer d’un temps à l’autre pour être disponible à ce qui va venir. Perdre ainsi un peu de temps c’est en trouver beaucoup.  J’espère qu’en arrivant au bout de ces quelques lignes  vous n’avez pas perdu trop de temps. Pour moi c’est terminé, le temps de prière et le temps de dîner. Et bon appétit en goûtant à la vie dans le temps !

mercredi 25 novembre 2009

Faire le point sur l’Homélie

Dans le cadre de l'Année sacerdotale, le diocèse propose des sessions de formations aux homélies pour les prêtres et les diacres du 95. Le P. Gwenaël Quefellec y participe et livre son témoignage.


Après 11 ans de sacerdoce, je me suis dis que c’est un bon temps pour faire le point sur l’Homélie qui m’est une préoccupation majeure parce que lieu de l’évangélisation. Après quelques réticences à la proposition du diocèse à cause des 4 demi-journées demandées, je puis vous dire à mi parcours comment j’en suis très heureux et vous invite à « jouer le jeu ».
« ACCMA » est au centre de la méthode - non pas le fond de l’homélie - mais on travaille sur la forme.
A = comme Accrocher, CC comme Convaincre l’intelligence et Convaincre le cœur, M comme Mémoriser, A comme Activer (c'est-à-dire qu’elle doit mettre en mouvement l’auditeur). Quel prêtre n’a-t-il pas un tel désir ? Des Laïcs de tous niveaux nous aident à améliorer la forme et à mieux définir les différents objectifs de notre prédication pour que nos auditeurs, surtout les moins pratiquants, puissent être touchés par l’Esprit Saint, par des moyens « techniques » pratiques proposés…

L’Homélie! Sujet de ma constante préoccupation !

Dans le cadre de l'Année sacerdotale, le diocèse propose des sessions de formations aux homélies pour les prêtres et les diacres du 95. Le P. Franços Brinon y participe et livre son témoignage.



L’Homélie ! Sujet de ma constante préoccupation ! Que d’heures passées pour faire passer dans les cœurs la connaissance de l’Amour de Dieu qui nous habite ! A la proposition faite par courrier à tous les prêtres de participer aux 4 séances d’une demi journée une « S.O.H. » (Session d’Optimiser les Homélies).
Bien que le titre ne m’inspirait guère, je me suis inscrit. Quel que soit le prêtre que vous êtes, faite comme moi, vous ne serez pas déçus. C’est une chance de plus dans ma vie. Et dire qu’après 60 ans d’homélies, je prends seulement conscience que j’ai été un piètre prédicateur, non pas sur le fond de mon propos, mais sur la forme employée pour faire passer le message ! De quelle vertu ont fait preuve mes auditeurs en m’écoutant ! Peut-être ont-ils été séduits par ma conviction mais qu’ont-ils pu retenir de mon message !

mardi 24 novembre 2009

Scout toujours !

Scout toujours!

Je termine la première partie de la matinée du lundi. Comme tous les autres, dans la forêt. Je ne déroge pas à la règle. Je me dirige vers la barrière métallique où j’ai l’habitude de faire des étirements. Je croise un jeune homme avec un sac à dos. Quelque chose me dit qu’il n’est pas un marcheur ordinaire. Puis j’arrive devant la barrière sur laquelle quelqu’un est déjà appuyé. Il arrive que la barrière soit à partager avec d’autres. Un jeune homme, lui aussi. Mais lui, je m’en approche, et je constate que c’est un scout. Avec une carte dans la main.

- bonjours ! vous cherchez le chemin ?
- oui - vous allez où ?
- je viens de l’abbaye de Royaumont pour arriver à Piscop.
- ce n’est pas loin - ah ! - vous êtes scout !
- oui, de la troupe de Montmorency

Mon cerveau se met à travailler « d’arrache pied ». Encore un que je ne reconnais pas. Je les vois si peu ! Mais une idée traverse la tête, moi je ne le reconnais pas, à travers les lunettes embouées, mais lui, il doit me reconnaître.

- nous nous connaissons, n’est-ce pas ? Je lance à la fois espérant la réponse positive et en même temps pas très rassuré.
- non, je ne vois pas
Je balance : « je suis votre conseiller spirituel », en mettant mon interlocuteur dans un embarras évident. Tellement le contraste entre les circonstances de la rencontre et le contenu du dialogue est fulgurant. Comme si j’avais déclaré que l’élevage des poulets se fera désormais sur la lune car moins cher, quelque chose dans ce goût-là.
- je ne suis dans la troupe que depuis peu de temps et, puis, je ne suis pas de Montmorency.

L’autre arrive et tous les deux très rapidement se mettent de nouveau en état de marche. Et moi, je fais mes étirements de jambes en ne cessant d’envoyer derrière eux cette pensée qui en même temps est une prière :

Bonne route les gars, jusqu’à Piscop, et bien au-delà, dans la Vie. Bonne route à vous tous qui marchez et que je croise ou que je ne croise pas.

samedi 14 novembre 2009

Etre prêtre...

Père Daniel Ducasse Quand je relis mon histoire, je suis impressionné par la rencontre de nombreux laïcs qui m’ont aidé, certainement sans le savoir, à être prêtre.

Je pense à une personne qui s’occupait de l’église de son village d’une centaine d’habitants. A l’époque, la messe y était célébrée une fois par mois. Cette dame s’occupait de la fleurir, assurait le ménage, préparait tout le matériel liturgique. Grâce à elle, l’église était ouverte en semaine. Elle faisait tout cela avec foi et simplicité. Et je sentais chez elle, à travers cet humble service, combien il était important que l’Eglise vive dans ce village. Si bien que quand j’allais célébrer la messe, mon ministère était comme porté, attendu, et prenait sens malgré le petit nombre de participants.

Je pense à une autre sacristine. A cette époque, j’étais curé. Elle et moi n’avions pas la même sensibilité spirituelle et théologique. Mais cette femme avait une grande foi, beaucoup de respect pour les prêtres – très différents ! - qu’elle avait pu connaître. Elle aussi m’a aidé à m’attacher à l’essentiel au-delà des différences et à avoir le sens de l’Eglise.

J’ai été et je suis encore aumônier d’équipes d’Action catholique, en milieu indépendant et en monde ouvrier. J’ai beaucoup reçu de ces personnes, qui osent partager les difficultés de leur vie, qui s’écoutent sans commencer à se juger ou à s’opposer, et qui se font confiance les unes les autres. C’est en effet déjà un acte de foi que d’exprimer à d’autres ses fragilités, ses tâtonnements, sa recherche de Dieu. J’y ai beaucoup appris à respecter la manière dont Dieu habite chacun et travaille les cœurs et les consciences. Je me sens vraiment prêtre avec ces personnes, les aidant à « accoucher » de la vie que le Seigneur fait jaillir en elles.

Comme vicaire général, je suis en lien avec les responsables des services diocésains (catéchèse, pastorale santé, formation permanente, pèlerinages, vie spirituelle, catéchuménat, etc…). J’ai beaucoup d’admiration pour ces personnes. Car je sens qu’elles vivent leur responsabilité comme une réponse à un appel de Dieu. Toutes auraient pu faire un autre choix et s’investir différemment dans leur famille, dans une entreprise, dans une association. En répondant à l’appel de l’Evêque, elles ont bien conscience que c’est le Seigneur qui les appelle pour faire vivre son Eglise. Cela m’invite moi-même à être fidèle à l’appel reçu.

lundi 9 novembre 2009

Dialogue des générations

P. Jean-Marie & P. Jean-Baptiste JMH = Jean-Marie Humeau JBA = Jean-Baptiste Armnius

JMH

Lors de la journée du presbyterium, Jean-Baptiste m’accoste pour me demander s’il pouvait un jour venir goûter ma cuisine. J’ai immédiatement sorti mon agenda, et nous avons convenu d’une date.

JBA

De fait, nous nous étions rencontrés il y a quelque temps au séminaire des Carmes, et, connaissant les talents culinaires du P. Humeau, je lui avais déjà proposé à l’époque d’y goûter. Mais en faisant cette proposition ce jour-là, il est vrai que j’avais quelque chose derrière la tête.

JMH

Le samedi prévu arrive ainsi que Jean-Baptiste, soutane au vent et le repas commence. Il était le plus jeune, les autres convives ayant entre 35 et 85 ans. Lors de la journée du presbyterium, le père Berthet avait pointé le fait que nous, français, nous n’avons pas vraiment de culture du conflit et qu’il était préférable de parler de ces sujets (conflictuels) de manière calme plutôt que de les taire. Or, la soutane est sujette à discussions… Fort des conseils du père Berthet, devant les confrères un peu gênés, je demande à Jean-Baptiste pourquoi il a fait le choix de la soutane.

JBA

Le fameux samedi, je termine une réunion de caté le matin. Déjà en retard pour le repas, je me demande s’il est opportun que je vienne au rdv en soutane, craignant de choquer ou de passer pour un provocateur. Tant pis, me dis-je. Je suis comme ça. Je ne vais pas me changer exprès. Après tout, cela permettra qu’on en parle.

Le sujet a tardé à venir. Finalement, il arrive en même temps que le dessert (un succulent crumble aux fruits rouges), et nous nous lançons dans une discussion placée sous le signe de la bienveillance et de l’écoute. D’emblée, je réponds que sans chercher à m’excuser ou à me justifier sur mon choix, je suis prêt à en rendre compte.

Je réponds donc que la soutane, selon moi, avant même d’être un signe de visibilité (même si elle l’est) est un signe de consécration, ayant une conception de sacerdoce qui tire vers la vie religieuse. Cela me rappelle ce beau geste de la prostration au jour de l’ordination. De même que le futur diacre et le futur prêtre s’allongent de tout leur long pour dire l’engagement de tout leur être, de même, un vêtement couvrant tout le corps peut rappeler cette dimension d’offrande.

JMH

Le père Descolas raconte alors la fâcheuse aventure qui lui arriva vers la fin des années 60 où sa soutane se coinça dans la porte d’un ascenseur, ce qui l’obligea à quitter les lieux en tenue plus légère et l’incita à quitter cet habit.

Côté soutane, ayant fait un choix opposé à Jean-Baptiste –la soutane étant pour moi un vestige du XIXème siècle-, j’ai demandé s’il était conscient que ce choix pouvait être pris comme une provocation. Il est vrai que cela m’était souvent revenu aux oreilles.

JBA

Oui, oui, je suis bien conscient des difficultés – voire de la crainte – que peuvent ressentir certaines personnes (en général en France, et plutôt dans l’Eglise qu’ad extra), en raison – notamment – de la crise intégriste. Et c’est pourquoi je suis prêt à rendre compte de mon choix, sans le brandir comme une bannière ou une forme de militance.

JMH

Nous avons passé un bon moment ce samedi midi, et nous avons osé parler simplement de ce qui est trop souvent tu. Quelques jours après, parlant au père Riocreux de ce repas, je lui ai proposé d’en faire le récit sur le blog des prêtres. Il a trouvé l’idée bonne, mais a suggéré de le faire à deux voix : mission accomplie!

JBA

Pour ma part, j’étais très heureux de cette discussion. Chacun a pu exprimer son opinion sans l’imposer aux autres. Le but de ce récit n’était pas de confronter les arguments (notre discussion était plus longue), mais simplement de montrer qu’il était possible de vivre une vraie communion entre prêtres ne partageant pas les mêmes avis, et qu’une franche discussion permettait d’entretenir cette communion avec plus de vérité. Mission accomplie!

mercredi 4 novembre 2009

Formation

thumb-Cler-rubriques-droites-education-jeunes.jpeg Durant les vacances de la Toussaint, je suis parti faire une formation d'éducateur à la vie affective et sexuelle organisée par le "CLER Amour et famille" (Centre de Liaison des Équipes de Recherche sur l'Amour et la famille). Entre autres compétences, cette association catholique habilitée à intervenir dans un cadre laïc, travaille sur des sujets comme la régulation des naissances ou l'avortement et forme des éducateurs à la vie affective et sexuelle et des conseillers conjugaux et familiaux. Non seulement elle y travaille, mais également elle accompagne des personnes confrontées à des choix parfois difficiles et douloureux. C'est justement cela que j'ai trouvé intéressant.

La manière qu'ont les intervenants de parler de ces personnes est pleine de délicatesse et d'attention. Cependant, ils ne se contentent pas de les écouter ou de les accompagner. Ils ont un véritable souci de leur faire toucher du doigt les forces de vie que ces personnes portent en elles. Il est fréquent que, lorsqu'une femme vient voir un conseiller conjugal, la décision de l'avortement soit déjà prise, mais cela ne les décourage pas et ils prennent le temps qu'il faut pour faire découvrir à ces mères, parfois à ces parents, le désir de vie qu'ils portent en eux et que celui-ci demeurera quelque soit les décisions qu'ils peuvent prendre, mais il est grave d'abimer ce désir. Dans le même temps, ils rendaient possible un chemin de vie au-delà de l'épreuve et de l'échec. En les écoutant, je me disais qu'ils touchaient du doigt notre mission de chrétien et ma mission de prêtre : faire découvrir aux gens le désir de vie qu'ils portent afin de les ouvrir au Christ qui est la vraie vie.

jeudi 22 octobre 2009

TESTAMENT SPIRITUEL DU PERE FRANCOIS HUPPE

photo_gec.jpgLe Père Huppe qui a été curé de l'Isle Adam pendant 17 ans a été enterré mardi 20 octobre. C'est avec émotion que j'ai lu son testament spirituel au début de la belle messe d'adieu qui a rassemblé tant de mondes et de prêtres. Je voulais le partager avec vous. En cette année sacerdotale, le Père François Huppe devient pour chacun le modèle d'un prêtre fort, enraciné dans la prière et la vie surnaturelle. Les derniers mois où j'ai pu le côtoyer (surtout le dimanche où je lui portais la communion), il m'apparût vraiment comme ayant tout remis entre les mains de Dieu, priant sans cesse, souffrant beaucoup, très entouré par ses anciens paroissiens (il était à l'hôpital de l'Isle adam sur son ancienne paroisse). Bonne méditation!

P. Guy-Emmanuel Cariot


"Je n'ai pas le temps de faire de longues considérations et puis la vie profonde et l'intimité avec Dieu sont souvent "ineffables" au sens étymologiques.

Simplement mais de toute ma foi, je veux remercier Dieu pour tous ses bienfaits : quid retribuam Domine, pro omnibus benefeciis (Que rendrais-je au Seigneur pour tout le bien qu'il m'a fait?) ! - et je veux attester que j'ai été un prêtre heureux, comblé par une vie bien remplie. "Scio cui credidi" (Je sais en qui j'ai mis ma foi).

Je veux remercier ma famille, parents, frères et sœurs et les maîtres qui m'ont formé à la vie intérieure, au travail et au renoncement. Et puis tous les confrères et les chrétiens qui m'ont soutenu et aidé par leur prière, leur humilité, leur confiance, leur action - dans les ministères successifs qui m'ont été confiés. Que de liens profonds et chauds en mon cœur!

Que cette affection et cette amitié qu'ils me portent, ils l'expriment en prière pour moi, car si je compte d'abord et surtout sur la miséricorde de Dieu, je sais aussi le lourd poids de mes fautes... In te Domine speravi, non confundar in aeternum (En toi Seigneur j'espère, je ne serai pas confondu pou toujours).

Enfin, combien je souhaite que des jeunes assurent la relève, certains qu'ils seront d'avance que Dieu appelle et qu'il ne trompe pas et que Jésus-Christ "vaut la peine" qu'on lui consacre toute sa vie." Huppe.jpg

mercredi 14 octobre 2009

Futurs clients...

A l’heure vespérale je me trouve devant la collégiale, à la sortie de la messe anticipée, des paroissiens s’attardent dans la discussion, je m’approche deux, mais d’eux s’approche aussi un couple avec un chien tenu en laisse. Présentations s’ensuivent.

 « Ça se voit que vous  êtes prêtre, l’habit, le col noir... »  L’échange verbal s’engage.

– « vous le connaissez ! », vient à la rescousse le paroissien entremetteur.

La moue sort des faciès sans lumière, comme d’étranges photos sortent de la photocopieuse ni en noir et blanc ni en couleur, fades dans tous les sens du terme, fades et ternes. C’est dire que les visages des trois rencontrés (moi et les deux autres) sont  pris en flagrant délit du même délit, celui de ne pas savoir ni le présent ni la suite, juste le passé et encore. Heureusement, le moment ne dure qu’un temps, pas deux. 

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mardi 6 octobre 2009

Voiture N° 15 : Poznan-Varsovie.

« Vous lisez un livre très intéressant » retentit soudain la voix de ma voisine côté fenêtre.

« Oui, en effet J’ai peur des cauchemars (I boje sie snow) est un très beau livre, je viens de rencontrer son auteur. »  Et je lui montre la dédicace. 

 

« J’ai lu tous ses livres ou presque. On  parle beaucoup d’elle.

– Oui, à cause de son dernier livre Retraite à Bieszczady (Bieszczackie  rekolekcje).

– Je sais, mais dans ces livres  il y a  quelque chose de froid, sans émotion. »

 

Le silence suit, je cherche les mots pour exprimer ce que je ressens

 

– Ce qui me frappe dans ces livres c’est la capacité  dont dispose l’être humain pour endurer tant de choses.  Passer durant toute la guerre à  Ravensbrück (camps pour femmes) et après... avoir une vie aussi unifiée. C’est étonnant.

– Vous êtes psychologue,  me lance-t-elle

 

Je ne sais pas pourquoi, sans réfléchir, je réponds : « aussi ».

 

– Comment comprendre la souffrance, poursuit-elle, elle éloigne de Dieu !

– En effet, la souffrance fait qu’un certain nombre de personnes s’en rapprochent et d’autres s’en éloignent.

– Je ne veux pas vous déranger dans votre lecture, mon Père !

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mercredi 23 septembre 2009

3 jours de grâce !!!

Eap HautilPendant 3 jours, l'Equipe d'Animation Pastorale de l'Hautil s'est retrouvée à l'abbaye de Saint Wandrille (76) pour sa session de rentrée. L'Equipe d'Animation Pastorale, composée de laïcs et prêtres, assume avec le curé les initiatives pastorales sur une paroisse. Pour l'Hautil : 3 prêtres, le père Samuel, le père David, et le père Amaury, et 4 laïcs, Anne Marie, Hélène, Marie-Dominique et François-Xavier, plus un séminariste, Edouard. Nous voici donc à 8 pour priere, se ressourcer, partager la Parole de Dieu, et envisager l'année...

D'abord, la joie de ce travail prêtres/laïcs : c'est une richesse, une collaboration extraordinnaire et vitale pour que chacun, selon sa vocation propre, prenne sa part à l'annonce du Royaume.

Ensuite, la prière partagée : avec les offices monastiques de cette abbaye bénedictine, et la messe nocturne mardi soir dans une petite chapelle romane suivie d'un temps d'adoration et d'échanges d'intentions de prières....

Puis, bien sûr des rencontres, dont celle avec le jeune Père Abbé de Saint Wandrille, élu cette année à l'âge de 43 ans, qui nous donne son éclairage monastique sur la mission et le sacerdoce...

Temps d'enseignement mais aussi de détente : un bon restaurant en bord de Seine !!!

Joie d'avoir vécu ensemble des lectio divaina (partage de la Parole de Dieu), joie d'envisager une année riche en projets, joie pour le curé que je suis de vivre une expérience de fraternité et d'amitié avec les autres prêtres et laïcs, animatrices en pastorale... La mission semble parfois lourde, mais la partager et la porter ensemble permet d'avancer plus serein...

Le regard croisé de prêtres et laïcs envisageant la mission, la réflexion à partir des textes du pape et du Concile Vatican II sur l'année du sacerdoce, les fou-rires et émotions forment une couronne de grâces au retour de ces trois jours... "Pour la gloire de Dieu et le Salut du monde !!!"

Père Amaury Cariot

jeudi 17 septembre 2009

Une Transfiguration remontante

GILBERT_Jean_Eudes.jpgCet été, je suis parti faire ma randonnée annuelle sur le GR 54. Il fait le tour de la chaîne des Écrins ce qui donne des paysages à la hauteur de la difficulté du sentier. Je rencontrais, au cours de mes journées, un groupe de 5 étudiants et 4 vosgiens. Le 6/08, jour de la fête de la Transfiguration, nous montions le col de l'Aup Martin qui s'élève à 2761m, ce qui en fait le point culminant du GR. En partant de Vallouise, qui se situe à environ 1100m, cela faisait environ 1600m de dénivelé à monter dans la journée. Bref, une paille !!!!!! Le pire furent les 500 derniers mètres dont la pente était forte sur un sol épouvantablement friable et dangereux. Bref, une fois au sommet, j'étais bien heureux de pouvoir contempler la vue en compagnie des étudiants. Nous étions tous un peu surpris d'être arrivés à bon port sans que personne ne soit tombé. Heureusement, car une chute aurait été fatale. Dans la conversation, je fais subitement le lien avec la Transfiguration, et je leur en parle. Ce jour-là, en effet, le Christ a invité ses apôtres à monter sur la montagne. Comme ces derniers, nous avions monté la montagne et nous avions devant nous une vue extraordinaire. Quelque chose approchant de la contemplation des apôtres devant le Christ pouvait donc se réveiller en nous. Cela dit, il était l'heure de déjeuner, ce que je fis puis je partis en laissant les étudiants derrière moi. Dans la descente, étant seul, je me dis subitement qu'il serait stupide de ne pas célébrer la Transfiguration avec eux. Ils sont plus ou moins catéchisés, l'une des filles du groupe revient du pèlerinage en Terre Sainte avec les évêques de France. Bref, il y a quelque chose à faire. Je finis par m'arrêter, environ une heure avant l'arrivée, et je décide d'attendre les étudiants pour célébrer la messe. Je leur donne 45 mn pour arriver. 10mn plus tard, les deux filles du groupes arrivent. Je leur propose alors de célébrer la messe ensemble. Celle qui arrive de Terre Sainte dit oui avec enthousiasme, l'autre se fait bousculer un peu, mais finit par accepter. Évidemment, il faut attendre les garçons. Dieu merci, malgré les ampoules de l'un deux, ils ne tardent pas. Leur réaction à l'idée d'une messe fut pour le moins mesurée, mais l'enthousiasme des filles eu vite raison de leurs réticences. Nous trouvons un rocher que nous transformons en autel et au moment où nous commencions, voilà mes 4 vosgiens rencontrés la veille qui arrivent. Je leur propose aimablement, mais de façon convaincante, de se joindre à nous, ce qu'ils font avec amusement. Au cours de la messe, nous méditons sur le fait que Jésus nous invite à gravir la montagne de la foi. La montée est souvent difficile, comme nous en avons fait l'expérience le matin même, mais une fois au sommet, la rencontre avec le Christ est infiniment plus belle que la vue que nous avions quelques heures auparavant. Cela nécessite courage, ténacité, persévérance, mais le Christ marche avec nous, comme il a marché avec ses apôtres. Finalement, nous étions 10 le 6/08/09 pour célébrer la Transfiguration sur le GR 54. J'ignore bien évidemment ce qu'il reste de cette messe. J'ignore si ces étudiants ou ces vosgiens se remettront en marche vers le Christ. Je souhaite que cette messe ne soit pas seulement un beau souvenir. Le dernier soir de la randonnée, alors que les vosgiens poursuivaient, j'ai dîné avec les étudiants. Ce fut une soirée sympathique, riche de tout ce que nous avions vécu durant ces 10 jours. Une des dernières choses dont ils m'ont parlé, ce fut justement de cette messe. L'un deux m'a dit : "La messe avec les glaciers derrière et votre sermon, c'était vraiment extraordinaire." Je ne verrais sans doute jamais les fruits de ce jour, il n'en reste pas moins que ce fut vraiment une Transfiguration remontante.

Une nouvelle mission : une occasion à approfondir l’appel !

P. PIerre MachenaudDepuis fin août, me voici dans de nouveaux murs pour une nouvelle mission et je me prépare à cette belle messe d’installation qui a lieu à chaque fois qu’un nouveau curé arrive dans une paroisse. C’est véritablement une occasion importante pour approfondir l’appel reçu par Dieu à tout donner pour le suivre. Lors de la messe d’installation, le nouveau curé doit renouveler les promesses de son ordination : cette volonté de vouloir accomplir sa tâche comme collaborateur des évêques, d’accomplir avec sagesse et dignement le ministère de la Parole en annonçant l’Evangile et en exposant la foi catholique, volonté de célébrer avec foi le mystère du Christ, volonté d’implorer la Miséricorde de Dieu pour le peuple qui lui est confié, volonté de s’unir davantage au souverain prêtre Jésus-Christ et promettre de vivre en communion avec l’évêque et ses successeurs. C’est un temps de grâce stimulant, même si quitter une paroisse est toujours quelque part un arrachement du cœur.

jeudi 3 septembre 2009

« Qu’il nous fasse revoir votre visage…»

Je me présente : -Bonjour, le Père Rémy Kurowski à l’appareil! Je voudrais parler au P. Volpato ! -Non il n’est plus là, je suis sa soeur ! Bien sûr je vous reconnais ! L’un l’a dit, pendant que l’autre l’a fortement pensé.

Il y a quelques jours seulement, j’ai appelé Ouistreham. -Non, il n’est plus là, il est dans une maison de retraite dans les environs de Caen. J’aurais dû le savoir, il suffisait de vérifier dans l’ordo du diocèse. Oui, je voulais voir le Père Volpato et ses soeurs. Cela me trottait dans la tête depuis déjà bien longtemps. Mais l’invitation de la part de l’évêque à rendre visite aux prêtres âgés qui sont quelque part, pour beaucoup loin du diocèse, a réactivé ce désir.



J’arrive, il est 11h10, j’entre dans la chapelle où le père Volpato devait célébrer la messe. J’espérais être à l’heure pour m’y joindre, je n'arrive finalement pas trop tard car exceptionnellement, la messe a commencé avec un quart d’heure de retard : deux prêtres et une personne en fauteuil, paralysée depuis deux ans, il s'agit de l’autre soeur. Gaston me laisse la présidence de la célébration, il fait la première lecture. Lorsqu’il arrive aux paroles où Paul dans la lettre aux Thessaloniciens dit ceci : « Nous avons en effet beaucoup de joie à cause de vous devant notre Dieu, et nous le prions avec ardeur, jour et nuit, qu’il nous fasse revoir votre visage pour compléter ce qui manque à votre foi. » il se tourne alors vers moi avec un sourire. Quelle coïncidence ou plutôt un clin d’oeil de plus. Nous sommes comblés par les Paroles de Paul, comblés de la joie qui fait comprendre que la foi n’est que relation et tant qu’une telle relation au nom de la foi n’est pas encore nouée la foi n’est pas encore complète : cela fait réfléchir sur la vérité de la foi et sur l’étendue de la mission. Après la messe, la prière, comme tous les jours dite en dialogue entre le frère prêtre et la soeur, en latin, la soeur connaît le latin comme l'italien, et comme bien d’autres langues, elle fut traductrice et secrétaire auprès du Père Werenfield Van Straaten de l’Aide à l’Eglise en détresse, c’était autrefois ! Aujourd’hui ils sont là, alors qu’ils étaient à Osny avant moi, avec leur autre soeur et leur maman centenaire. Nous parlons de la place de la souffrance dans la vie ; et dans la vie du croyant qu’est-ce ? Que de souvenirs de la paroisse échangés, nous avons prié pour les paroissiens d’Osny en évoquant telle famille ou telle autre, ceux qui ne sont plus comme Gérard et leur dévouement qui est toujours là.

NB : Le P. Volpato est en retraite depuis 2001 à Ouistreham (Calvados)

jeudi 16 juillet 2009

Une joie sans fin !!!

Dimanche 12 juillet, après la messe et 3 baptêmes, me voici sur la route d'Orly... Direction Terminal Ouest, pour un vol d'une heure m'emmenant à Toulouse, où m'attend D...., postulante à l'abbaye de Boulaur, (Gers, cette chère Gascogne qui vit naître mes ancêtres !) qui prendra le lundi matin l'habit selon la règle de St Benoit dans l'ordre Cistercien... Ayant accompagné D.... plusieurs années, me voici invité à prêcher pour la messe qui suit la prise d'habit. De la prise d'habit, nous ne verrons rien : elle se déroule au chapître, en clôture, pour préserver la liberté et l'intimité de ce moment... La postulante devient novice, mais ce n'est que le début d'un long chemin avant la profession perpetuelle ! Emotion d'une famille, à accompagner elle aussi, l'acceptation d'une vocation contemplative au sein d'une famille interroge toujours...

Sobriété d'un rite : avant de recevoir l'habit, la mère Abbesse interroge : "Que demandez-vous"? Réponse : "La miséricorde de Dieu et celel de l'Ordre (cistercien)" Etes-vous décidée à vous mettre totalement à la suite du Christ, conduite par l'Evangile, selon la voie indiquée par notre Sainte Règle?" Réponse : "Avec le secours de la grâce de Dieu, j'espère et je désire militer sous le vrai Roi, le Seigneur Jésus Christ".

Paroles sobres, qui engagent l'être tout entier... Et voici la communauté entrant dans l'église pour la messe, avec une novice de plus (cette abbaye est florissante et compte de nombreuses vocations) revêtue de l'habit blanc immaculé, de la guimpe et du voile blanc... Avant un jour, si Dieu le veut, de recevoir le voile noir de la profession perpétuelle. Pureté du chant grégorien, agrémenté du chant des oiseaux et des grillons, dans cette chaleur typique du Gers en plein été... Messe d'action de grâce, puis temps fraternel après la messe sous les oliviers, avec jus d'Orange et ... Armagnac !!!! Sourires des soeurs, échanges sur l'avancement du procès en béatification de Claire de Castelbajac avec Mère Abbesse, un peu de repos, et me voici à nouveau à Toulouse pour reprendre l'avion... Séjour express, mais instants d'éternité, quelle joie au milieu de cet été... Retour en paroisse, mais plus que deux semaines avant de retrouver cette Gascogne si attachante...

De l'abbaye de Boulaur, je sais que monte une prière continue pour le monde, pour chacun d'entre nous.... Mystère de la force de la prière et de la vie contemplative !!!

Après les prises d'habit et la profession perpetuelle de 3 amies à Pontkallec chez les dominicaines du St Esprit le lundi de Pâques et cette prise d'habit, je sens d'une manière particulière le lien qui unit les prêtres et les consacrées... Merci Seigneur !!! Père Amaury Cariot

Plus d'infos sur l'abbaye Ste Marie de Boulaur : http://www.boulaur.org/fp/index.htm

abbaye Boulaur

mercredi 1 juillet 2009

Une journée pleine de déplacements...

P. Rémy Kurowski25 juin 2009 : C’est une journée ensoleillée, pleine de déplacements et d’événements à rebondissements.

A la messe de 9 h, plus de monde que d’habitude : j’aperçois un couple de futurs mariés ; ils viennent essayer le CD pour la musique de la célébration de leur mariage dans quelques jours. Ils ont suivi la préparation de plusieurs mois, intensément, car le délai oblige à compresser ce qui est prévu en 6 à 10 mois en temps normal. Mais quelle accélération dans la compréhension des enjeux d’une telle préparation et surtout dans la progression spirituelle ! et combien de gravas qui encombraient la vision de l’Eglise de l’un des deux enlevés à l’occasion ; la route qui semblait barrée par les saletés déposées comme on en voit au bord de certaines routes ou à l’entrée de certains terrains est désormais libre. Je les laisse avec un nouveau sacristain et une soeur qui n’a guère plus de temps que moi à leur accorder, mais l’essai de l’appareil est très vite concluant. J’ai juste le temps de prévenir que j’irais voir ce soir Antoinette qui est dans une unité de soins palliatifs. Je m’enfuis par la sacristie pour passer un peu de temps avec la secrétaire paroissiale : les sujets ne manquent pas : la feuille hebdomadaire à relire, le planning de la période de vacances à vérifier (messes, fermeture de la collégiale le soir etc.) le guide paroissial qui sera distribué dans toutes les boites à lettre à la rentrée, ainsi de suite.

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Joie nocturne...

père amauryAu retour des ordinations, ce dimanche 28 juin 2009, je suis heureux !!! heureux de ces 2h30 de messe, heureux de ces deux visages de prêtres : Jean-Baptiste et Samuel... Le premier quitte Vauréal dans quelques jours après 3 années, le second arrive en septembre... Heureux de recevoir leurs premières bénédictions, d'embrasser ces mains consacrées... Heureux de ces moments partagés à St Stanislas pour le dîner, de tant de visages rencontrés... Heureux d'avoir fait mémoire de ma propre ordination 10 ans plus tôt... Heureux mais lessivé !!!! Après avoir pris le temps de me rafraichir de cette chaleur de fin juin, après avoir promené Barry, chien fidèle, je pars pour une nuit méritée chez mes parents... C'est lundi après tout !!! Au moment de partir, je vois arriver, il est plus d'une heure du matin, le jeune prêtre tout juste ordonné... Heureux, rayonnant, mais écrasé de fatigue !!! "Tu as eu le temps de dîner??" "Non !! j'ai béni tout le temps " Et nous voici, à 1h30 du matin, attablés devant une pizza (merci Sodebo!) et un coca glacé... à refaire le film de la journée, les anecdotes, les joies, les visages rencontrés... Rencontre nocturne, moment privilégié, de deux abbés que 10 années de saceroce séparent mais qu'ne même joie (et une même fatigue !!!) réunissent. Unis dans le sacerdoce de Jésus, unique Pasteur, nous avalons Pizza et mousse au chocolat, avant d'aller rejoindre le sommeil !!!! "Ne mets pas de réveil, dors" conseille le curé... "oh pas de soucis" réponds le jeune abbé....

C'était sans compter le coup de fil de radio notre dame à 7h du matin.... Pauvre JB !!!! A peine ordonné, déjà mangé !!!!!!!! C'est ça la mission !!!!!!!!!!

père armnius

lundi 29 juin 2009

Comment les personnes en souffrance psychique rajeunissent-elles l'Evangile ?

P. Roger ThomasChargé par Monseigneur ROUSSET de créer des aumôneries en milieu psychiatrique dès 1978, j’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer pour une formation, non seulement sur mon expérience personnelle en milieu « handicap », mais aussi auprès de l’aumônier de l’hôpital Ste Anne, à Paris, ainsi que sur des psychiatres ouverts, comme sur d’autres instances de formation en santé mentale. Depuis cette date, que de contacts, aussi bien en milieu hospitalier qu’en dehors, et très particulièrement, par le mouvement « Amitié-Espérance » qui permet des rencontres entre des personnes en souffrance psychique, ou encore dans le cadre de «Relais d’amitié et de prière » avec des parents, des conjoints ou des proches de personnes malades psychiques. Que dire de toutes ces rencontres, où se partage, bien sûr, au début, la souffrance supportée, mais aussi des moments si riches de réflexion où se manifeste ce qui se vit intérieurement. S’il y a à distinguer la vie psychique de la vie spirituelle, nous avons en aumônerie psychiatrique cette grâce d’être les témoins de ce que certaines personnes vivent dans cette relation à Dieu, au Christ, à la Vierge Marie, comme avec telle ou telle personne. L’Evangile prend des couleurs nouvelles. Des paraboles deviennent des éléments de leurs vies et parfois avec un langage qui nous paraît obscur, à première vue, mais qui donne un éclairage nouveau, sur l’Eucharistie, par exemple. Que de paroles fortes avons-nous entendues, qui bousculent, hors de nos formules toutes faites de nos catéchismes. Il faudrait rentrer dans l’explication de tant de contacts. C’est pour cela que nous avons pensé, à la suite de nos rencontres annuelles à MOURS, organisées sur le Diocèse de Pontoise par la Pastorale de la Santé Mentale, de prendre, au cours du colloque qui aura lieu le samedi 16 janvier 2010, le thème : 1° « Comment les personnes en souffrance psychique rajeunissent-elles l’Evangile, et, par conséquent, l’Eglise, qui a mission de l’annoncer ? » 2° « Quelle place accorde-t-on aux personnes en souffrance psychique dans l’Eglise ? » Aidé par des intervenants, il sera bon de pouvoir partager à ce sujet.

mercredi 24 juin 2009

La beauté de la confession

La confession : quelle joie !!!!! Le sacrement de la confession ne souffre pas d'une grande popularité. Il est vrai qu'il n'est pas facile de se reconnaître pécheur et d'aller avouer ses fautes à un prêtre. Et pourtant, quelle beauté !!!!!! Je me souviens d'un lycéen au Frat qui était venu se confesser. Ce qu'il avait à dire n'était pas d'une gravité exceptionnelle, mais il en souffrait profondément. Il s'est donc présenté avec un regard sombre et la tête baissée. Comme il était beau en partant !!!! Il rayonnait du pardon qu'il venait de recevoir. Il est évident que venir se confesser lui avait beaucoup couté, mais il avait pu vivre une grande libération. Il y a également ce jeune de cinquième déposant le fardeau de ce qu'il vivait chez lui. Enfin un lieu où sa souffrance était écoutée. Et puis il y a cet adulte découvrant ce sacrement, repartant en disant qu'il se sentait plus léger. Il est vrai que la préparation avait été difficile, mais la libération était là. À la fin, il m'a dit son désir que plus de personne connaissent le Christ et puissent avoir sur leur vie l'éclairage de sa lumière. Merci Seigneur pour ce sacrement, apprenez à vos prêtres à le faire aimer.

mardi 23 juin 2009

"Vous nous êtes recommandés"

Le P. Rapaud en retraite profession de foiEn septembre 2008, j'arrivai comme curé de la paroisse Notre Dame de Lourdes d'Argenteuil. Je venais rejoindre les Pères André, Frédéric et Michel, tous les 3 Fils de la Charité comme moi. Premières rencontres, premières découvertes. Lors d'une permanence, des fiancés demandent à se marier. Ils n'habitent pas sur ma paroisse mais leur curé les a autorisés à se marier chez moi. "Vous nous êtes recommandés!" m'ont-ils dit. Leur parole m'est apparue comme un clin d'oeil de notre Seigneur Jésus-Christ. "Comment Seigneur moi le nouveau puis-je être recommandé à ces deux fiancés que je ne connais pas ? C'est ton Eglise, ton épouse, peuple des baptisés qui est recommandé. Je savais que tu as un peuple nombreux; tu m'as envoyé par le ministère de l'Eglise de Pontoise au service des chrétiens d'Argenteuil et tu me demandes aussi d'être accueillant à ceux qui viennent d'ailleurs. Que la volonté du Père soit faite!" J'ai marié ces époux le samedi 13 juin dernier. Ils se sont engagés devant Dieu et veulent éduquer leurs futurs enfants dans la foi catholique. "Seigneur je te demande qu'ils soient eux aussi "recommandables", témoins de ton amour auprès des leurs et de nos contemporains."

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