GILBERT_Jean_Eudes.jpgCet été, je suis parti faire ma randonnée annuelle sur le GR 54. Il fait le tour de la chaîne des Écrins ce qui donne des paysages à la hauteur de la difficulté du sentier. Je rencontrais, au cours de mes journées, un groupe de 5 étudiants et 4 vosgiens. Le 6/08, jour de la fête de la Transfiguration, nous montions le col de l'Aup Martin qui s'élève à 2761m, ce qui en fait le point culminant du GR. En partant de Vallouise, qui se situe à environ 1100m, cela faisait environ 1600m de dénivelé à monter dans la journée. Bref, une paille !!!!!! Le pire furent les 500 derniers mètres dont la pente était forte sur un sol épouvantablement friable et dangereux. Bref, une fois au sommet, j'étais bien heureux de pouvoir contempler la vue en compagnie des étudiants. Nous étions tous un peu surpris d'être arrivés à bon port sans que personne ne soit tombé. Heureusement, car une chute aurait été fatale. Dans la conversation, je fais subitement le lien avec la Transfiguration, et je leur en parle. Ce jour-là, en effet, le Christ a invité ses apôtres à monter sur la montagne. Comme ces derniers, nous avions monté la montagne et nous avions devant nous une vue extraordinaire. Quelque chose approchant de la contemplation des apôtres devant le Christ pouvait donc se réveiller en nous. Cela dit, il était l'heure de déjeuner, ce que je fis puis je partis en laissant les étudiants derrière moi. Dans la descente, étant seul, je me dis subitement qu'il serait stupide de ne pas célébrer la Transfiguration avec eux. Ils sont plus ou moins catéchisés, l'une des filles du groupe revient du pèlerinage en Terre Sainte avec les évêques de France. Bref, il y a quelque chose à faire. Je finis par m'arrêter, environ une heure avant l'arrivée, et je décide d'attendre les étudiants pour célébrer la messe. Je leur donne 45 mn pour arriver. 10mn plus tard, les deux filles du groupes arrivent. Je leur propose alors de célébrer la messe ensemble. Celle qui arrive de Terre Sainte dit oui avec enthousiasme, l'autre se fait bousculer un peu, mais finit par accepter. Évidemment, il faut attendre les garçons. Dieu merci, malgré les ampoules de l'un deux, ils ne tardent pas. Leur réaction à l'idée d'une messe fut pour le moins mesurée, mais l'enthousiasme des filles eu vite raison de leurs réticences. Nous trouvons un rocher que nous transformons en autel et au moment où nous commencions, voilà mes 4 vosgiens rencontrés la veille qui arrivent. Je leur propose aimablement, mais de façon convaincante, de se joindre à nous, ce qu'ils font avec amusement. Au cours de la messe, nous méditons sur le fait que Jésus nous invite à gravir la montagne de la foi. La montée est souvent difficile, comme nous en avons fait l'expérience le matin même, mais une fois au sommet, la rencontre avec le Christ est infiniment plus belle que la vue que nous avions quelques heures auparavant. Cela nécessite courage, ténacité, persévérance, mais le Christ marche avec nous, comme il a marché avec ses apôtres. Finalement, nous étions 10 le 6/08/09 pour célébrer la Transfiguration sur le GR 54. J'ignore bien évidemment ce qu'il reste de cette messe. J'ignore si ces étudiants ou ces vosgiens se remettront en marche vers le Christ. Je souhaite que cette messe ne soit pas seulement un beau souvenir. Le dernier soir de la randonnée, alors que les vosgiens poursuivaient, j'ai dîné avec les étudiants. Ce fut une soirée sympathique, riche de tout ce que nous avions vécu durant ces 10 jours. Une des dernières choses dont ils m'ont parlé, ce fut justement de cette messe. L'un deux m'a dit : "La messe avec les glaciers derrière et votre sermon, c'était vraiment extraordinaire." Je ne verrais sans doute jamais les fruits de ce jour, il n'en reste pas moins que ce fut vraiment une Transfiguration remontante.