– « Hier, Vous étiez encore très gentil avec les personnes âgées », entreprend mon paroissien qui était à la réunion avec les « protégés » du SEM (Service Evangélique des Malades), réunion consacrée aux Béatitudes : « heureux les pauvres en Esprit, le Royaume des cieux est à eux... »
– « Ce sont les futurs clients du ciel ! », jubile mon interlocuteur attaché à la terre par ses pieds et le chien.
– « Parce que vous, vous n’en faites pas partie ?! », lancé-je sans me soucier comment il va l’attraper.
– « Je préfère cultiver le doute ! », se dévoile-t-il dangereusement,
– « Comment les autres les pensées ou les choux », ne puis-je m’empêcher d’ajouter, sans le dire.
– « Donc il est à douter également votre présence ici…»,
j’émets un constat, un peu douteux, j’en
conviens, mais qui n’enlève en rien à la question qui n’en est pas une et
pourtant tout ce qu’elle soulève.
– « Vous savez, mon mari n’a pas l’aire comme ça, mais en réalité il est plus spirituel qu’il ne laisse entendre », intervient-t-elle, enfin, elle, la femme, à deux mains libres.
– « J’ai bien vu », j’admets sans hésiter !
Ce qu’elle vient de dire, me fait dire aussi la chose suivante :
– « Pour poursuivre, venez prendre le café chez moi, ou je passerais chez vous.... », lancé-je encore une fois sans me soucier de la suite.
« Vous saurez frayer le chemin ? » ai-je pris en pleine figure, comme un défit lancé par l’homme qui tenait en laisse un petit chien brun plutôt indifférent à notre échange (est-ce le signe suffisant pour justifier la différence entre les humains et les animaux). Lui, l’homme, il cherchait à frayer le chemin jusqu’à lui et bien plus loin, pourquoi pas ? Et moi, je suis resté avec cela dans mes bras, comme si le caniche du couple m’était sauté dans les bras sans pouvoir descendre.
