Quand je relis mon histoire, je suis impressionné par la rencontre de nombreux laïcs qui m’ont aidé, certainement sans le savoir, à être prêtre.
Je pense à une personne qui s’occupait de l’église de son village d’une centaine d’habitants. A l’époque, la messe y était célébrée une fois par mois. Cette dame s’occupait de la fleurir, assurait le ménage, préparait tout le matériel liturgique. Grâce à elle, l’église était ouverte en semaine. Elle faisait tout cela avec foi et simplicité. Et je sentais chez elle, à travers cet humble service, combien il était important que l’Eglise vive dans ce village. Si bien que quand j’allais célébrer la messe, mon ministère était comme porté, attendu, et prenait sens malgré le petit nombre de participants.
Je pense à une autre sacristine. A cette époque, j’étais curé. Elle et moi n’avions pas la même sensibilité spirituelle et théologique. Mais cette femme avait une grande foi, beaucoup de respect pour les prêtres – très différents ! - qu’elle avait pu connaître. Elle aussi m’a aidé à m’attacher à l’essentiel au-delà des différences et à avoir le sens de l’Eglise.
J’ai été et je suis encore aumônier d’équipes d’Action catholique, en milieu indépendant et en monde ouvrier. J’ai beaucoup reçu de ces personnes, qui osent partager les difficultés de leur vie, qui s’écoutent sans commencer à se juger ou à s’opposer, et qui se font confiance les unes les autres. C’est en effet déjà un acte de foi que d’exprimer à d’autres ses fragilités, ses tâtonnements, sa recherche de Dieu. J’y ai beaucoup appris à respecter la manière dont Dieu habite chacun et travaille les cœurs et les consciences. Je me sens vraiment prêtre avec ces personnes, les aidant à « accoucher » de la vie que le Seigneur fait jaillir en elles.
Comme vicaire général, je suis en lien avec les responsables des services diocésains (catéchèse, pastorale santé, formation permanente, pèlerinages, vie spirituelle, catéchuménat, etc…). J’ai beaucoup d’admiration pour ces personnes. Car je sens qu’elles vivent leur responsabilité comme une réponse à un appel de Dieu. Toutes auraient pu faire un autre choix et s’investir différemment dans leur famille, dans une entreprise, dans une association. En répondant à l’appel de l’Evêque, elles ont bien conscience que c’est le Seigneur qui les appelle pour faire vivre son Eglise. Cela m’invite moi-même à être fidèle à l’appel reçu.
Etre prêtre...
Par P. Daniel Ducasse le samedi 14 novembre 2009, 18:39 - Lien permanent